DIEPPE - La volonté de Roméo LeBlanc de vouloir donner une chance à ceux qui n'en ont pas n'est pas étrangère à son histoire qui se destinait à être des plus simples. Comme si le destin l'avait choisi pour redonner aux suivants.
Petit dernier d'une famille de sept enfants, Roméo LeBlanc est né le 18 décembre 1927 à L'Anse-aux-Cormier, près de Memramcook. Celui qui allait devenir un modèle pour des générations est le seul de ses quatre soeurs et deux frères à avoir dépassé la 8e année, au dire de son fils, Dominic LeBlanc. Il en aurait été toutefois autrement, n'eût été de ses sœurs plus vieilles qui travaillaient au Massachussetts.
«Ses sœurs voyaient les enfants des familles qu'elles soignaient aller au collège et à l'université et elles ont décidé que leur jeune frère Roméo, qui aimait beaucoup les livres et qui aimait peu la ferme à Memramcook, que lui, devrait avoir la chance d'aller au collège», a raconté le fils.
Les sœurs ont envoyé une partie de leur revenu pour prendre en charge ses frais d'études. Ainsi, le jeune homme a pu fréquenter le collège Saint-Joseph, qui est devenu l'Université de Moncton, où il a obtenu un baccalauréat ès arts et un baccalauréat en éducation.
Roméo LeBlanc a par la suite obtenu des bourses pour étudier à l'Université de Paris et à l'Université de la Sorbonne en France. Il avait entamé un doctorat en littérature française à cette dernière institution lorsque son frère aîné, Antoine, est décédé. La femme de celui-ci se retrouvait alors seule avec six enfants sur la ferme et le jeune homme au grand cœur avait senti le devoir de les aider financièrement. Il a retraversé l'océan et a déniché un emploi de professeur à l'école normale de Fredericton, puis de journaliste pour L'Évangéline. Il a ensuite été journaliste et correspondant à l’étranger pour Radio-Canada.
C'est son emploi de rédacteur en chef de la Vie étudiante, à Montréal, qui l'a mené à la politique. Marc Lalonde, avec qui il s'est lié d'amitié (et qui allait devenir ministre sous Pierre Elliott Trudeau), siégeait sur le conseil d'administration.
Celui-ci était chef de cabinet du premier ministre Pearson, ce qui avait permis à M. LeBlanc de devenir son secrétaire de presse. Un an plus tard, il est entré au service du premier ministre Trudeau, qui a succédé à M. Pearson. Roméo LeBlanc a été directeur des communications pour ce dernier pendant quatre ans et était en service lors de la Crise d'octobre.
Dominic LeBlanc a d'ailleurs trouvé dans les archives nationales le communiqué de presse annonçant la Loi sur les mesures de guerre, écrit à la main par son père.
M. LeBlanc a quitté le bureau du premier ministre en 1971 pour revenir dans le sud-est du N.-B. et se préparer à l'élection de 1972.
Après avoir été élu et promu titulaire de différents ministères, le Néo-Brunswickois a fait son entrée, en 1984, au Sénat. Il y est demeuré 10 ans, dont une année à titre de président, avant de devenir le représentant de la reine.
Le directeur de l'Institut d'études acadiennes de l'Université, Maurice Basque, voyait Roméo LeBlanc comme quelqu'un qui était un modèle et qui était la preuve qu'il était possible de partir d'origines relativement modestes et d'atteindre des sommets.











