Mode : Invité | Entrée des membres
Abonnez-vous
 
René Cormier : acteur, metteur en scène, musicien et... gestionnaire
Mise à jour le vendredi 23 juin 2006
Par: Progrès
Acteur, metteur en scène, musicien et gestionnaire... gestionnaire? Oui, vous avez bien lu. René Cormier est un artiste jusqu’au bout des doigts, mais il a plus d’une corde à son arc et il a trouvé un intéressant équilibre entre ses dons artistiques et ses tendances plus entrepreneuriales. C’est d’ailleurs ce côté de gestionnaire qui lui permettra de relever son plus récent défi : la direction des États généraux des arts et de la culture dans la société acadienne du Nouveau-Brunswick.

« Suite à la Convention nationale de l’Acadie de 2004, une des recommandations de la société acadienne était de réfléchir sur la place qu’occupent les arts et la culture dans la société », a-t-il résumé pour expliquer la création de ces États généraux.

Cet important projet de mobilisation collective – une première au Canada – souhaite ainsi mobiliser l’ensemble des forces vives de tous les secteurs de la société acadienne dans un processus de recherche, de consultation et de concertation visant à inscrire les arts et la culture au cœur du projet de la société acadienne au Nouveau-Brunswick. « C’est fascinant », avoue René Cormier qui a toujours eu à coeur le décloisonnement des secteurs. « Ce n’est pas un projet qui s’adresse uniquement aux arts et à la culture. C’est un dialogue avec l’ensemble des secteurs de la société. »

Et ce dialogue voudra notamment établir comment les arts et la culture participent au développement économique d’une société... Les arts, un moteur de développement économique? Certainement, clame cet artiste, chiffres à l’appui. Au Canada, les arts et la culture représentent un secteur économique avec des retombées de 39 milliards de dollars par année et créant 740 000 emplois, « ce qui est une force économique plus importante que celles des secteurs combinés de l’agriculture, de la forêt, des mines, du pétrole et du gaz », souligne-t-il.

Pourtant, il est difficile de concilier ces chiffres avec le stéréotype de l’artiste mourant de faim pour l’amour de son art. « Nous ne pouvons pas nier que les artistes ont de la difficulté à vivre, alors qu’il oeuvrent dans une industrie qui a tant d’impact », affirme-t-il, conscient de ce paradoxe. « Je vois les artistes comme la matière première. Ce sont eux qui créent l’oeuvre, ce sont eux qui donnent l’impulsion qui se retrouvera sur un disque compact, par exemple. Il faut être conscient de tous les maillons de la chaîne et il faut faire comprendre que c’est comme une usine. Ça commence avec de la recherche et du développement, avec toutes les étapes qui mènent à la mise en marché. »

Cette sensibilisation au rôle des artistes dans une société est l’un des objectifs que s’est donné M. Cormier qui veut également ouvrir les portes du dialogue entre tous les secteurs, que ce soit le domaine des affaires, de l’éducation, des municipalités ou bien la communauté anglophone et les Premières Nations. Éviter de travailler en vase clos est d’ailleurs la leçon qu’il a tirée de ses années comme directeur artistique au Théâtre populaire d’Acadie (TPA) de Caraquet, poste qu’il a occupé jusqu’à tout récemment. « J’en ai retenu qu’on ne fait rien seul. Mes 12 années au TPA m’ont fait prendre conscience que l’on ne peut pas construire quelque chose sans s’appuyer sur quelqu’un », avance-t-il.

Et justement, la communauté acadienne pourrait s’appuyer davantage sur ses arts et sa culture pour favoriser son développement. C’est pourquoi René Cormier préconise plus d’investissements dans ses secteurs, que ce soit au niveau des infrastructures ou des ressources humaines.

« Je pense que les arts sont ce qui se rapproche le plus de la spiritualité dans nos vies. Je crois que les hommes, les femmes, les individus ont besoin d’une vie spirituelle pour donner un sens à leur vie. Les arts permettent de comprendre ce que nous faisons sur la terre et donnent un sens à nos actions », conclut René Cormier.

AUTRES MANCHETTES
Réal Gervais
Lori-Ann Cyr - Un effet domino de Saint-Basile jusqu'au Bénin
Michel Tassé - Sur les ondes de Saint-Jean
Les visages du progrès