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Voilà maintenant près de deux mois qu'Andrée Robichaud, PDG du Réseau de santé Vitalité, a annoncé son départ à la tête de cette institution désormais francophone. Quelle conclusion pouvons-nous en tirer?
Rappelons qu'avant d'être la PDG de la régie, elle était sous-ministre adjointe du ministère de la Santé. Elle a alors participé à la conception, la proposition et la mise en œuvre de la réforme de santé de mars 2008 du gouvernement Graham. Disons les faits: elle a contribué à la formation de deux régies inégales: une anglophone bien nantie en services tertiaires et une autre bilingue, offrant beaucoup moins de services. Aucun plan de rattrapage n'était prévu pour la région bilingue.
La réforme de la santé a dépouillé les hôpitaux de leurs gouvernance et direction locale, centralisant l'administration dans une superstructure permettant un meilleur contrôle de la part du gouvernement. Elle a retiré les services de soutien des soins aux patients des hôpitaux pour les réorienter dans une seconde superstructure inefficace nommée FacilicorpNB. Pour berner davantage la population et lui donner l'illusion qu'elle maîtrisait toujours la situation, une dernière structure a été créée, soit le Conseil de santé du Nouveau-Brunswick. Pour couronner le tout, ces superstructures sont administrées exclusivement par des nominations politiques. Bref, le système de santé est dorénavant privé de tout l'aspect communautaire pour en faire un monstre bureaucratique qui appauvrit les soins aux patients, détruisant la seule régie de santé francophone au passage.
Pour ajouter à cela, Andrée Robichaud a su profiter de son propre plan de réforme de la santé en étant nommée au poste de PDG de la Régie A dès le premier jour.
À la suite des démarches juridiques d'Égalité Santé en français ayant abouti en avril 2010, la population a retrouvé une régie de santé francophone, la reconnaissance des institutions de santé francophones par et pour la communauté francophone et des promesses d'un plan de rattrapage ainsi que d'élections obligatoires au conseil d'administration par le gouvernement Graham qui a prouvé à plusieurs occasions qu'il ne respecte pas ses promesses.
La communauté francophone doit ainsi reposer sur la vigilance de la SANB pour la mise en œuvre de ces engagements et non sur le gouvernement Graham qui nous a trompés à maintes reprises. Égalité Santé en français a également obtenu en avril 2010 que la communauté soit désormais davantage présente dans les structures de FacilicorpNB et que le Conseil de santé du Nouveau-Brunswick se doit de tenir compte des différences linguistiques en matière de santé.
À peine quelques semaines plus tard, Andrée Robichaud tire sa révérence et part administrer un hôpital universitaire anglophone (ayant une vraie direction à sa tête et un conseil d'administration) en Ontario, la province où le système de santé est le plus décentralisé au pays. En quittant son poste, Andrée Robichaud renie sa propre réforme pour aller administrer un hôpital fonctionnant comme ceux du Nouveau-Brunswick avant la réforme.
Devant ces constatations, faut-il conclure que la réforme de la santé de mars 2008 du gouvernement Shawn Graham a été un échec aux yeux d'Andrée Robichaud et l'est probablement pour l'ensemble de la population du Nouveau-Brunswick?
HUBERT DUPUIS
Dieppe
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