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J'ai lu avec plaisir la chronique du père Serge Comeau au sujet du départ des religieuses de Lagacéville. Leur contribution religieuse à la vie paroissiale a été bien reconnue et j'aimerais parler de leur contribution sur le plan éducation.
Ayant passé 19 années comme enseignant, directeur et parent de quatre enfants à l'école de Lagacéville, j'ai pu apprécier sur le plan personnel et professionnel l'énorme contribution de ces admirables femmes au développement intellectuel, culturel, sportif et moral de cette belle jeunesse francophone.
La première chose que l'on remarque chez ces religieuses, c'est que, contrairement à nous les enseignants laïques qui avions des familles et des intérêts variés à l'extérieur de notre profession, leur vie entière était consacrée à l'enseignement et au développement des jeunes. Elles acceptaient toutes sortes d'affectations de tâches d'enseignement ou extra-professionnelles avec un sourire, elles préparaient du matériel pédagogique pour elles-mêmes et à peu près tout le monde, elles étaient des modèles d'enseignement et de gestion de salles de classe que les autres membres du personnel enseignant admiraient et appréciaient. Pour moi comme directeur, c'était un plaisir de constater tous les jours les avantages énormes que ces personnes qui étaient en quelque sorte l'âme de notre école nous apportaient comme valeurs, comme richesse et comme inspiration.
Ayant vite saisi l'étendue du territoire et la situation souvent défavorisée de certaines familles, les Salésiennes ont fait l'achat d'un autobus (non, pas une fourgonnette ni un minibus, mais bel et bien un autobus) pour assurer le transport de ces jeunes filles tous les samedis. Avec un mécanicien bénévole comme Hector Girouard et un chauffeur capable comme Valmond Doiron, elles étaient entre bonnes mains.
Je me souviendrai toujours des commentaires de sœur Suzanne Motte qui disait, lors d'une discussion sur les difficultés qu'éprouvaient les enfants à apprendre à lire avec les méthodes de l'époque: «Les enfants d'ici ne sont pas moins intelligents que nos enfants en France et pourtant, en France, les enfants lisent avant Noël! Ça doit être la méthode.»
Appuyée par une direction générale tout aussi extraordinaire et visionnaire (nul autre que le regretté Gérald Ferguson) et un conseiller pédagogique très connaissant et ouvert aux nouvelles approches (Arisma Losier), elle fit venir Brigitte Lemaire et sœur Clémence Beaudin qui ont implanté la méthode gestuelle un peu partout dans la province et ailleurs.
J'ai toujours reconnu l'œuvre de toutes les Salésiennes qui sont passées à Lagacéville, mais les gens qui me connaissent ne seront pas surpris que je veuille signaler la contribution de sœur Suzanne de façon particulière. D'ailleurs, l'AEFNB a reconnu cette grande dame de la profession en la nommant Enseignante de l'année en 1981. Elle a placé la barre très haute et celles qui l'ont suivie ont réussi à conserver ses valeurs et sa vision.
Avec la collaboration du Club sportif local et du plus grand bénévole de Lagacéville depuis plus de 40 ans, Donald Doucet, les sœurs salésiennes tenaient chaque année un camp d'été avec service d'autobus, s.v.p. Ces camps accueillaient garçons et filles par centaines chaque année et leur offraient toutes sortes d'activités, de voyages et de formation.
Comme directeur d'école, j'ai pu constater souvent ces actes discrets de charité auprès de familles nécessiteuses, que ce soit au niveau des vêtements qu'elles recueillaient et redistribuaient aux enfants de familles pauvres ou encore de nourriture qu'elles allaient porter dans les foyers ou donnaient avec grande discrétion à l'école. Les gens l'ont sans doute apprécié, mais très peu le savaient en raison de leur grande humilité et de leur discrétion.
Bravo à la population de la région de Lagacéville, Canton des Drisdelle, Lavillette, Allainville, Saint-Wilfred et Village Saint-Laurent pour ce bel hommage de reconnaissance aux religieuses. Autant le départ est triste, autant nous devons nous considérer chanceux d'avoir pu profiter de leurs services, de leur engagement et de leur bonté pendant tout ce temps.
Merci chères Salésiennes et puissiez-vous continuer encore longtemps cette belle mission dans d'autres communautés.
Sachez que vous avez semé ce sens des valeurs et cet engagement envers notre jeunesse et qu'ils vont rester dans la communauté de Lagacéville et parmi nous bien longtemps après votre départ.
Vous pouvez dire fièrement: Mission accomplie --- mille fois!!
Ce fut un plaisir et un honneur d'avoir été l'un des vôtres.
ÉDOUARD ALLAIN
New Maryland
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