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Deux chefs politiques à Dieppe et Moncton
Mise à jour le vendredi 10 octobre 2008
Par: Alcide F. LeBlanc
Samedi dernier, en matinée, plusieurs centaines de personnes ont pu voir et entendre, à Dieppe, le chef de l’Opposition officielle du Canada. L’image que nous offrent les médias est toute autre lorsqu’on rencontre cet homme fort sympathique. Il nous donne l’impression d’être un personnage honnête, intègre, convaincu, déterminé, combatif. Avec clarté et précision, il nous a brossé avec éloquence une partie de son programme. Il y a plus. Il était à temps à ses rendez-vous, un signe de respect et de courtoisie. En après-midi, c’était au tour de notre premier ministre canadien de rencontrer ses partisans à l’école secondaire Harrison Trimble. Le tout devait commencer à 14h40. Comme à Dieppe, une foule nombreuse l’attendait depuis 14 heures. Pour des raisons que l’on ignore toujours, il est arrivé une heure en retard. Est-ce là un signe d’un si grand leader ? Les deux discours des chefs nous ont permis de nous faire une idée plus précise sur leur idéologie. Monsieur Dion est de la gauche tandis que l’autre, Monsieur Harper, est de la droite, un parti formé de l’alliance, des réformistes et des conservateurs. Un mélange dangereux pour les minorités linguistiques et culturelles du Canada. Il y a eu de la part du premier ministre tellement de promesses brisées depuis son accession au pouvoir qu’il est difficile de le croire maintenant. Un seul exemple : élections à date fixe. Jusqu’à présent, seulement Jack Layton et Stéphane Dion ont eu le courage et l’audace de présenter globalement leurs programmes. À notre connaissance, celui des conservateurs se fait toujours attendre. Notre premier ministre en donne chaque jour une petite dose, mais ne dévoile pas l’ensemble de ses projets d’avenir. Le danger n’est pas dans ce qu’il annonce, mais dans ce qu’il cache. Il semble y avoir une réelle méfiance envers lui. Les sondages le mettent à peu près aux mêmes résultats qu’il avait obtenus lors de la dernière élection. Si son travail avait été aussi bon qu’il le prétend, pourquoi les sondages révèlent-ils le contraire ? Il reste pas même une semaine avant le 14 octobre. L’un des arguments des conservateurs ressemble à celui qu’utilisait George W. Bush lors de sa réélection en 2004. «On ne change pas de capitaine au cours d’une tempête !» Allez demander maintenant aux Américains s’ils ont fait le bon choix en 2004. Ce pourrait-il que les Canadiens fassent la même erreur ?
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