|
La relève dans la pêche
Mise à jour le vendredi 09 mai 2008
Par: Achille Hubert
La visite aux Îles du ministre des Pêches du Québec, monsieur Laurent Lessard, à l’occasion de la mise à l’eau des cages à homard, aura permis de prendre conscience d’un fait prouvé par les statistiques et qui est le suivant: pour chaque jeune pêcheur qui entre dans l’industrie des pêches, il y a trois pêcheurs âgés qui en sortent. Ce phénomène n’est pas unique aux Îles, mais répandu dans chacune des régions maritimes du Québec.
Non seulement le nombre de pêcheurs vieillissant est en croissance constante, mais également la relève des jeunes pêcheurs n’est pas complètement au rendez-vous. Pour contrer ce phénomène, le ministère des Pêcheries du Québec a produit une étude intitulée: «Politique jeunesse» qui traite de l’établissement et de la relève dans les pêches commerciales au Québec, sans oublier l’aquaculture.
On constate donc que les jeunes propriétaires âgés de moins de quarante ans et qui exploitent une entreprise de pêche représentent 17,4% de l’ensemble de la population active des pêcheurs.
On prend note également que les jeunes pêcheurs ne représentent que près de 30% des pêcheurs des espèces marines dites lucratives (payantes) à savoir le homard, le crabe et la crevette. Ce qui en soi n’est pas très encourageant pour un jeune de s’orienter du côté des pêches.
On constate également qu’au Québec, entre 2000 et 2004, il y a eu 302 transferts de permis de pêche impliquant des jeunes pêcheurs (quarante ans et moins) et que 45% de ces transmissions ont eu lieu à l’intérieur de la famille.
Selon cette étude, il semble que ce soit aux Îles de la Madeleine que les jeunes entrepreneurs dans les pêches sont les plus nombreux. Ils représentent 43% du total des jeunes pêcheurs du Québec, alors qu’en Gaspésie et sur la Côte Nord, cette proportion atteint respectivement 31% et 25%. On peut déjà conclure que les jeunes pêcheurs madelinots sont sur la bonne piste.
Le MAPAQ s’est donc donné des orientations fondamentales face à cette situation. D’abord, il faut intéresser les jeunes au secteur de la pêche, il faut également miser sur une relève bien formée. Il faut que les jeunes soient bien encadrés dans leur démarche d’établissement et il faut également améliorer la connaissance de la relève dans le secteur des pêches.
Pour intéresser les jeunes à devenir des leaders dans le domaine des pêches, il faut améliorer la perception des jeunes et de leur entourage face à cette profession, noble entre toutes, puisqu’il s’agit d’un travail destiné à nourrir les humains.
La pêche est une profession qui demande à ceux qui la pratique une formation appropriée, qu’elle soit faite sur le tas ou encore lors d’une formation académique spécialisée dans les pêches. Très souvent, les connaissances et les expériences en matière de pêche sont transmises aux jeunes par les pêcheurs plus âgés.
Afin de permettre aux jeunes de devenir propriétaires d’entreprises de pêche, le ministre Lessard a annoncé que son gouvernement allait apporter une aide financière à des jeunes qui désirent se porter acquéreurs d’une entreprise de pêche.
Son ministère va instaurer une prime à l’établissement pouvant aller jusqu’à 25,000$ permettant à un jeune d’acquérir une entreprise de pêche. Cet appui financier peut prendre diverses formes: une prise en charge des intérêts lors de l’achat d’une entreprise, une subvention pour l’achat de nouveaux équipements ou une combinaison des deux. Ces mesures et d’autres à venir permettront au secteur des pêches de devenir plus compétitif et d’avoir les reins solides.
La pêche et le tourisme sont les deux principales industries de l’archipel. Il vaut la peine d’en prendre bien soin!!!
|