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Contes en Îles. Un arc-en-ciel d’histoire
Mise à jour le vendredi 03 octobre 2008
Par: Floriane Denis
«C’est dur de devenir conteur, il faut passer un examen, précise Denis Gadoury sur la scène des Pas perdus. Moi, je l’ai réussi, mais ceux qui échouent deviennent… politiciens. » La phrase fait éclater de rire le public, mais force est de reconnaître que les paroles des conteurs invités par Contes en Îles sont écoutées avec plus de ferveur que celles de nos candidats aux élections. Et elles ne sont pas forcément plus futiles.
« Dans ma culture, raconte Toumani Kouyaté, le conte doit enseigner, choquer ou provoquer le débat ». Cet habitué du festival revient aux Îles pour la quatrième fois. Il explique qu’à son âge, la tradition veut que les histoires qu’il raconte soient empreintes de sagesse et d’enseignements. « Chez nous, les histoires amusantes, qu’on appelle paroles de futilité, sont réservées aux plus jeunes ».
Justement, la beauté du festival Contes en Îles, c’est qu’on peut y entendre les professionnels les plus aguerris et des débutants; des jeunes, comme le grand Patrice Michaud, et des plus âgés, comme la petite Antonia Devost, la doyenne. Les conteurs apprécient beaucoup les échanges qui en résultent et l’occasion d’apprendre des plus expérimentés.
Pour Sylvain Rivière, fondateur et directeur artistique du festival, c’est une histoire de cœur. « Je continuerai à me battre pour maintenir cet événement aussi longtemps que j’en aurai envie », affirme-t-il. Convivialité et amitié sont les ingrédients de base de l’événement et les conteurs apprécient cet état d’esprit.
La diversité des origines des conteurs donne lieu à des échanges enrichissants. Sur le Vacancier, qui a déposé les conteurs aux Îles dimanche, les conversations vont bon train : « Chez moi, être vieux, c’est enviable. Être gros aussi! Imaginez le genre de problème que ça peut causer », raconte Toumani Kouyaté, l’Africain.
Bien sûr, les principaux échanges ont lieu avec le public. Les conteurs invités sur le Vacancier sont unanimes : « Le public fait partie intégrante du conte. Ce sont ses réactions qui le nourrissent ». En échange, les spectateurs voyagent et découvrent des histoires, mais aussi des musiques de partout, puisque que conte rime souvent avec chanson.
Flora Devi, qui représente l’Inde, offre des prestations hautes en couleur et pleines d’humour, qui allient mime, danse et contes, costumes de soie et bijoux. « J’aime beaucoup conter en français », confie l’artiste qui a été élevée avec l’hindi et l’anglais. Qui prend mari prend pays, dit-on, et c’est pour suivre son compagnon français qu’elle a adopté Montpellier.
Le Vénézuélien Victor Cova Correa, conteur captivant et fou, et la conteuse malgache Taliké Gellé et ses chants dépaysants complètent la délégation internationale. Mais le festival, c’est aussi l’occasion de découvrir ou de redécouvrir d’excellents conteurs d’ici, comme Élaine Richard, Michel Faubert, Patrice Michaud ou Denis Gadoury.
Malgré le temps maussade, les Îles vivent au rythme des contes pendant plus d’une semaine. À peine descendus du bateau, les artistes animent une messe en hommage au Père Anselme. « C’était vraiment très émouvant », affirme Flora Devi, touchée d’avoir participé, même si elle n’est pas chrétienne.
Par la suite, la plupart des événements ont lieu autour d’un verre ou d’une bouchée, toujours dans l’esprit de la convivialité. Déjeuners, dîners, pique-niques et apéros contés sont au menu. À cela s’ajoutent des croisières contées et des prestations dans les écoles ou les hôpitaux. Les spectacles du soir aux Pas perdus complètent le tout.
Comme chaque année, la soirée aux flambeaux du vendredi (3 octobre), sur la plage de la Dune du Sud, est très attendue. Le festival se poursuivra en fin de semaine. Les conteurs partiront le lundi matin, non sans avoir animé un dernier déjeuner conté à la Fleur de sable.
La soirée de clôture et de remise des prix aura lieu le dimanche 5 octobre, à la Galerie-Bar-Spectacle des Pas perdus.
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