|
Magazine et Télévision : déféminisation?
Mise à jour le jeudi 30 novembre 2006
Par: Tiberius Raskolnikov
Je suis née d’une mère féministe et d’un père libéral. Je n’ai pas toujours été féministe. Pourquoi? La question ne vous appartient pas. Et la réponse serait pour vous totalement inintéressante. La question que je vous pose c’est : pourquoi sommes-nous dans un monde qui se déféminise? Oh! Je ne veux pas vous faire un texte sur l’histoire social- écono- politique de la question. Ce n’est pas mon propos, voilà tout. Aujourd’hui, en public, si un homme disait qu’une femme est une pute parce qu’elle fait l’amour, il serait classé dans la catégorie des rétrogrades du PC et serait probablement vertement conspué par ses pairs. Résultat de 70 ans de lutte, de 1900 a 1970. Les femmes ont gagné le droit de vote, d’avortement, la liberté sexuelle, le droit à la jouissance et à des recettes de fellations réussies dans les magazines. Or voila, ce n’est pas si mal… Maintenant, pour illustrer la chose, deux petits scénarios : a) une femme de 14 ans fait une fellation a un homme qui lui plaît et qu’elle désire sexuellement; b) une fillette du même âge fait une fellation a un type dû à la pression sociale. a) Ce scénario ne nous intéresse pas. Laissons-les s’aimer. b) Ce scénario nous intéresse. Nouvelles hypothèses : a) la pression sociale est véhiculée par les magazines et la télévision; b) nous y reviendrons. Les psychologues, anthropologues, féminologues, et les analogues nous diraient : « bannissons ces revues immondes et les poubelles télévisuelles! » Moi je dis : « Non. » Montrer un corps nu ou donner une position dans Ado o Machin, c’est du domaine du corps et de la nature. De la beauté du corps et de la nature! Montrer un corps érotisant, c’est du domaine de l’hédonisme, ce n’est pas du machisme. Là où le bas blesse, c’est l’hypothèse b). b) Nous avons peur. Ma mère répétait à ses nombreux amants puis à mon père : « mon corps c’est mon corps, pas le tien ». Aujourd’hui nous disons : « touche à ton corps et tu tomberas enceinte, malade du SIDA, de la syphilis, de la peste noire et tes orteils tomberont! » Et de l’autre coté : « il faut que tu ressembles à toutes les autres ou tu seras une ratée ». Recette du pornographe : mettez une bonne dose de culpabilité face au sexe chez des gamins des deux sexes confondus. Donnez-leur la peur de l’interdit et laissez mijoter… Vous comprenez? Non? Je vous explique. Les enfants ont besoin d’expérimenter l’interdit et de se sentir liés à un groupe. Nous sommes en 2006, où plus rien n’est interdit mais tout le monde condamne le sexe. Là, c’est assez clair? Faire l’amour c’est beau. Avoir une relation consentante est agréable (à l’inverse un peu moins.) Voilà un aspect de la déféminisation : b) + b) : fellations engendrées par la pression sociale qui nous vient non pas de l’exhibition des magazines ou de la télévison, mais de la peur. Peur qui nous vient du conservatisme mal déguisé et de la morale étatique qui remplace la religion. Oui les magazines véhiculent des valeurs. Mais il faut faire la différence entre a) érotisme; b) pornographie. L’érotisme est une évolution, la pornographie joue sur la culpabilité. Une fillette de 14 ans peut faire l’amour après ses premières règles et un garçon après sa première éjaculation. La beauté du corps est naturelle et c’est la seule chose que nous avons et qui nous appartient en propre. Il faut cultiver ses plaisirs. Voilà la base même de l’éducation sexuelle. Un jour, je vous expliquerai pourquoi je n’ai pas toujours été féministe… Tiberius Raskolnikov
|