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L'homosexualité en Afrique...un sujet très taboo
Mise à jour le jeudi 30 novembre 2006
De plus en plus, les hommes comme les femmes choisissent de vivre différemment leur vie sexuelle. Ils vont à l’encontre de l'ordre naturel des choses. Ce phénomène pourrait être l'homosexualité, fait très débattu. Mais débattu où? Là est la question. Bien vrai qu'en Occident, on en parle ouvertement. En Afrique par contre, le sujet est un vrai tabou. Les sociétés africaines sont fondamentalement homophobes. Mais on y désigne cet acte sous des vocables différents qu'en Occident. En effet, pour l'opinion commune, l’homosexualité est liée au stéréotype sur le caractère efféminé des hommes et celui viril des femmes. Autrement dit, l’homasse serait lesbienne, tandis que l’efféminé serait homosexuel ou gai. Au Sénégal par exemple, le terme pour désigner les homosexuels est « gor jigeen » en wolof, ce qui veut dire littéralement « homme femme ». L’homosexualité est aussi souvent confondue avec la pédophilie et à la pédérastie. En Afrique, l’apocope fort péjoratif « pédé » sert souvent d’appellation pour désigner les homosexuels masculins. Si le pédéraste étymologiquement désigne l’amant des jeunes garçons à peine pubères, le pédophile quant à lui sera l’individu qui a une préférence sexuelle pour les enfants, tout sexe confondu. La majorité des Africains ont vraiment une perception erronée de l'homosexualité. Tout ce qui constitue un comportement sexuel anormal est de l'homosexualité. Mais le fait que plusieurs pays aient des termes dans leurs langues pour indexer les pratiques homosexuelles montre que l'homosexualité a toujours existée. Elle n'est pas un produit de l'Occident. Soyons réalistes. Déjà, dans des sociétés anciennes et traditionnelles, certaines formes de pratiques homosexuelles étaient permises. L’homosexualité a toujours existée, à des degrés divers, dans toutes les sociétés, l'Afrique ne faisant pas exception, tantôt interdite, tantôt tolérée. Sauf qu'en Afrique, les gens vivent leur homosexualité en cachette. L’homosexualité reste très largement taboue dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, comme dans le Maghreb et d'Afrique noire. L’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire sont les seuls pays africains à admettre l’homosexualité. Leurs capitales respectives, Johannesburg et Yamoussoukro, en sont un parfait exemple. Ils ont des bars réservés aux homosexuels et certains affichent publiquement leur orientation sexuelle. En 1996, avec la fin de l’Apartheid, l’Afrique du Sud est devenu le premier pays africain dont la constitution protège explicitement tous les citoyens, quelle que soit leur orientation sexuelle. Mais cela n'est qu'une goutte d'eau dans un océan. Ainsi, au Soudan, où les lois islamiques les plus strictes sont actuellement en vigueur, les personnes du même sexe ayant des rapports intimes peuvent être condamnées à la peine capitale. Dans les États du nord du Nigeria, où la loi islamique, la charia, est également en vigueur, mais aussi par exemple en Gambie, en Tanzanie, au Kenya ou en Zambie, les homosexuels risquent 14 ans de prison. Les peines de prison pour les homosexuels sont plus légères : 7 ans au Botswana, 7 ans en Ouganda et 3 ans dans plusieurs autres États, particulièrement dans des pays francophones comme le Cameroun, l’île Maurice, le Niger, la Guinée, le Sénégal et la Mauritanie. En Égypte, les autorités se montrent très sévères vis-à-vis des homosexuels. Ainsi le 11 mai 2001, 55 suspects ont été arrêtés dans un bateau discothèque du Caire. Ils ont été ensuite poursuivis pour « appartenance à une secteblasphémant l’islam ». Vingt-trois d'entre eux ont finalement été jetés en prison. Mais ces actes punitifs sont juste d’origines juridiques. Sur le terrain, les homosexuels subissent un sort plus terrible. Ils sont lapidés dans les rues, brulés vifs par les populations. Au Nigeria, le plus vaste pays musulman d’Afrique noire, la loi coranique est claire à ce sujet : « L’homosexualité est un acte répulsif contre nature ». Pour tout homosexuel découvert, la punition est la même que celle réservée aux voleurs et aux autres bandits de grand chemin. Il y en a qui se marient avec le sexe opposé pour se cacher, mais vivent leur homosexualité en cachette. Robert Mugabe, le président du Zimbabwe en 1998 qualifiait les homosexuels de « pires que porcs et chiens ». S'il l'a dit tout haut, la majorité le pense tout bas. Il est vrai que certains homosexuels sont regroupés en associations, mais ils ne sont pas reconnus. Et s'ils s'affichent sur la place publique, ils s'exposent au lynchage. Il vaudrait mieux qu'ils vivent leur orientation en cachette que de l'exposer aux hétérosexuels. C'est un choix de vivre sa vie.

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