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L'homosexualité et la religion catholique
Mise à jour le jeudi 30 novembre 2006
Par: Myriame Lavallée
Le débat sur les unions des personnes de même sexe fait encore beaucoup parler aujourd’hui, surtout depuis que le gouvernement conservateur désire rouvrir le débat sur le sujet. L’Église catholique a souvent pris position sur les homosexuels, surtout lorsqu’il est question d’union. Bien des gens savent qu’elle est contre, sans savoir pourquoi exactement. Clamant haut et fort son désaccord à la question, il est intéressant de comprendre et de savoir pourquoi l’Église catholique ressent le besoin de s’impliquer autant. L’implication de l’Église catholique dans ce débat publique prend son importance lorsque l’on considère la place que la religion catholique a connue tout d’abord dans l’histoire du Canada mais encore aujourd’hui. Lors du recensement de 2001, 43,6 % des canadiens se disent de religion catholique. Ceci expliquerait pourquoi c’est l’Église catholique qui a pris le plus de place en terme de religion dans le débat. Il serait possible d’avancer que les gens de l’Église ont subit un traumatisme puisque La conférence des évêques catholiques du Canada à déclaré que : « Pour la première fois de son histoire, le Canada se voit confronté à une proposition qui admet la coexistence de deux définitions contradictoires du mariage, l'une qui serait valable dans la sphère civile, l'autre dans la sphère religieuse, du moins pour la plupart des groupes confessionnels. Ces deux définitions sont intrinsèquement contradictoires.» Plusieurs membres de l’Église soutiennent qu’ils respectent les gais et lesbiennes, mais cela, sans approuver « leur style de vie » et « leurs actes homosexuels ». Par contre, la position officielle de l’Église en ce qui a trait aux homosexuels, a été émise en octobre 1986, par la Congrégation pour la doctrine de la foi dans une Lettre aux évêques. Fait intéressant, cette lettre a été écrite par le cardinal Joseph Ratzinger, qui deviendra le pape Benoît XVI. Ceci étant dit, dans la Lettre on nous dira que l’homosexualité est moralement mauvaise et qu’elle est considérée comme « objectivement désordonnée. » Cette position viendrait en fait du Lévitique 18,22, 20 et 13 où l’on aurait décrit les conditions pour appartenir au peuple élu, et dont les homosexuels ne font pas parti. Toujours dans la même lettre on dira que : « Opter pour une activité sexuelle avec une personne du même sexe revient à annuler le riche symbole et la signification du dessein de la sexualité selon l'intention du Créateur. L'activité homosexuelle n'exprime pas la complémentarité d'une union capable de transmettre la vie et ainsi, elle est en contradiction avec la vocation d'une existence vécue sous la forme de ce don de soi dans lequel l'Évangile voit l'essence même de la vie chrétienne [...]. Comme dans tout désordre moral, l'activité homosexuelle entrave la réalisation et la satisfaction personnelle, parce qu'elle est contraire à la sagesse créatrice de Dieu. » L’Église catholique est donc contre les unions de personnes de même sexe. Elle explique sa position d’après le Livre de la Genèse en trois raisons. Tout d’abord, celui-ci nous explique que l’homme a été créé « homme-femme » donc que l’homme et la femme seraient supposés être égaux comme personnes et complémentaire en tant que masculin et féminin. Par la suite, le mariage a été créé afin de faire la communion entre deux personnes qui font des actes sexuels. Et pour terminer, le mariage a comme mission la création, c’est-à-dire avoir des enfants. Le cardinal Ratzinger, qui je vous le rappelle est aujourd’hui devenu le pape Benoît XVI, a écrit en 2003 un document intitulé Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles que les relations amoureuses entre personnes homosexuelles ne peuvent être des relations conjugales. «Dans les unions homosexuelles est absente aussi la dimension conjugale, par laquelle les relations sexuelles prennent une forme humaine et ordonnée. En effet, ces relations sont humaines lorsque et en autant qu'elles expriment et promeuvent l'aide mutuelle des sexes dans le mariage et restent ouvertes à la transmission de la vie.» Il en va de ce pas que l’Église n’approuve pas non plus les couples homosexuels qui adoptent des enfants. Le cardinal Ratzinger écrira qu’ : «Insérer des enfants dans les unions homosexuelles au moyen de l'adoption signifie en fait leur faire violence, en ce sens qu'on profite de leur état de faiblesse pour les placer dans des milieux qui ne favorisent pas leur plein développement humain.» Le débat ne risque pas de prendre fin rapidement. C’est pourquoi comprendre les fondements des décisions des deux partis devient important afin de déchiffrer un peu plus ce qui ce passe.
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