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Dossier Pleins Feux sur les diplômées et diplômés de l’U de M qui font leur marque
Mise à jour le jeudi 20 décembre 2007
Par: Le Bulletin de l'AAAUM
Enfin, nous braquons les feux sur ceux qui font. Aujourd’hui.

C’est avec plaisir que nous, à l’AAAUM, mettons dans notre mire des acteurs actuels de nos communautés. C’est un secret de Polichinelle que l’Acadie, parfois (souvent), se complaît à présenter les mêmes noms et les mêmes visages. Pendant des années, des décennies, nous mettons sur un piédestal le connu. Nous parlons du passé comme s’il s’agissait du présent.

Aujourd’hui, nous vous présentons des acteurs qui misent sur l’excellence , qui la pratiquent au quotidien. Nous vous présentons des diplômées et diplômés qui œuvrent dans différents domaines, dans différentes villes

et villages et qui, comme nous, ont pris un jour le chemin de cette

institution que nous partageons.

Ce numéro, c’est la consécration du changement de la garde. C’est une bouffée d’air frais. Nous aurions pu mettre en lumière des dizaines d’autres finissantes et finissants, mais vous comprendrez notre intention. Dans ce numéro, nous découvrons des scientifiques comme des journalistes. Des créateurs comme des entrepreneurs. Des avocats comme ceux qui pratiquent l’engagement social.

Ce numéro reflète notre volonté, à l’AAAUM, de nous rapprocher des nouvelles générations, d’être plus pertinents dans nos communautés et de promouvoir l’excellence. Même si ces visages ne sont pas tous connus, vous gagnerez à découvrir le parcours remarquable de ces individus. Chacune, chacun inspire à sa façon. Nous sommes toutes et tous enrichis par leur démarche.

Chantal Dionne

Une voix de soprano acadienne

résonne dans la capitale

de la porcelaine

La ville de Limoges en France est connue internationalement pour les Arts du feu (porcelaine et émaux) mais elle compte aussi un Opéra réputé avec lequel Chantal Dionne, la soprano acadienne, est liée depuis trois ans et, tout récemment, elle y a interprété le rôle-titre dans l’opérette d’André Messager, Véronique.

Après avoir obtenu son Baccalauréat en musique de l’Université de Moncton en 1995, Chantal a fait sa Maîtrise à l’Université de Montréal en 1998 puis elle a suivi des cours particuliers avec une autre Acadienne célèbre Adrienne Savoie et, depuis bientôt dix ans, elle a enchaîné les succès et s’est distinguée lors de plusieurs concours et festivals de renom, en particulier au Canada, en France et en Italie. Elle se produit fréquemment comme soliste avec plusieurs chœurs et orchestres et a déjà à son actif plusieurs grands rôles d’opéra parmi lesquels : Pamina dans la Flûte enchantée de Mozart, Zerlina dans Don Giovanni, Suzanna et la Comtesse dans les Noces de Figaro de Mozart, Marguerite dans Faust, Manon dans l’œuvre du même nom de Massenet et Girolama dans Don Juan de Manara de Tomasi.

L’Université de Moncton lui a beaucoup apporté et elle se souvient avec bonheur des cinq années qu’elle y a passées; elle se souvient entre autres de la grande disponibilité des professeurs, de la qualité de vie, de l’espace, puisque les locaux du Département de musique venaient tout juste d’être rénovés.

Vivre de son métier sans pour autant faire fortune, voilà tout ce que souhaite Chantal qui, à l’âge de douze ans, se voyait déjà sur une scène, accompagnée d’un orchestre. Elle est heureuse de son choix et cela s’entend dans sa voix! Une adorable petite fille de cinq ans et demi, prénommée Kaïla, contribue, il est vrai, à l’épanouissement de sa jolie maman qui considère que cet accomplissement personnel a largement participé à sa réussite professionnelle.

Même si la carrière de Chantal l’entraîne loin du Nouveau-Brunswick, puisqu’elle réside désormais à Limoges, elle y revient souvent. Il a ainsi été possible de l’entendre en récital à Dalhousie, fin septembre, et fin novembre avec l’Orchestre symphonique du Nouveau-Brunswick.

Si elle nous manque, nous pouvons toujours écouter le florilège de romances signées Liszt et Rachmaninov qu’elle a enregistré sur CD, au mois de mai dernier, avec la talentueuse pianiste Louise-Andrée Baril.

Jia Xin He

ou Jason He

Parle avec passion de l’Université

de Moncton à ses amis de Beijing

Jason He - représentant de l’Université de Moncton au Canadian Alumni Network de Beijing - a obtenu un Baccalauréat en administration (Finances) de l’Université de Moncton en 2000. C’est un peu par hasard qu’il a découvert notre institution car il disposait de peu d’informations en 1991 sur les universités canadiennes. Sa sœur vivant à Harford, il cherchait en fait une université francophone à proximité des États-Unis, qui lui permettrait de rendre visite à sa sœur l’été. Les recherches qu’il a effectuées en bibliothèque l’ont donc conduit à choisir l’U de M pour poursuivre ses études postsecondaires.

Après avoir obtenu son baccalauréat de l’Université de Moncton, il a travaillé comme caissier puis comme gestionnaire du service à la clientèle de la succursale de Brossard de la Caisse populaire Desjardins. Il a ensuite accepté en 1997 le poste de Directeur financier de Chrysler Canada à Vancouver. Au bout de deux ans, il est reparti à Beijing où il a travaillé pour la succursale de BMO à Beijing, de 2000 à 2004. Et en 2005, il a joint la succursale de Beijing de la Banque Royale du Canada en tant que Directeur des services bancaires aux particuliers. Spécialisé en finances, Jason He aide depuis lors la RBC à prospérer en Chine. Travailler dans ce domaine n’est pas seulement un emploi pour lui mais un loisir, puisqu’il est passionné de finance et il place toujours la barre plus haute dans tout ce qu’il entreprend. La Chine représente un marché complètement différent du marché canadien pour la RBC et Jason est très confiant dans ses possibilités d’implantation : « Peut-être que moins de 1 % de la population chinoise a entendu parler de la RBC, déclare-t-il, mais si je peux augmenter nos parts de marché de 1 %,

cela représente 13 millions de Chinois! »

Jason ne tarit pas d’éloges à l’égard de ses professeurs à l’Université de Moncton et il espère avoir un jour l’occasion de revenir à Moncton pour les remercier de la formation qu’ils lui ont donnée. C’est donc avec beaucoup de fierté et de passion qu’il parle de l’Université de Moncton à ses amis de Beijing, et pas seulement pour la qualité de l’enseignement qui l’a bien préparé à son avenir professionnel. Il a également apprécié le campus, la chaleur et la générosité des gens ainsi que la ville de Moncton.

Dans le cadre de ses fonctions, Jason aide bien sûr la RBC à continuer de s’implanter et de se développer à Beijing (augmentation de 450 % en un an), mais il aide aussi des investisseurs et des étudiants chinois à s’installer au Canada et il prend soin de leurs besoins bancaires, ce qui lui vaut de très nombreux courriels et lettres de remerciements!

Par ailleurs, l’été dernier, le siège canadien de la RBC a parrainé la tournée en Chine de l’ Orchestre des Jeunes du Nouveau-Brunswick au sein duquel se trouvaient plusieurs étudiants de l’Université de Moncton. Jason met actuellement tout en œuvre afin qu’ils retournent en Chine l’an prochain, à l’occasion des XXIX e Jeux Olympiques .

Nathalie Moyen

Des bancs de l’Université de Moncton

au poste de professeure agrégée

à la University of Colorado

Nathalie Moyen est née à Salaberry-de-Valleyfield au Québec, d’une mère originaire de Bouctouche (Nouveau-Brunswick) et d’un père natif de Rimouski. Depuis sa tendre enfance, Nathalie a entendu parler de l’Université de Moncton puisque ses parents s’y sont connus pendant leurs études.

Elle n’avait que 16 ans lorsqu’elle est arrivée à l’U de M et, brillante étudiante, elle a terminé son Baccalauréat en économie en trois ans. À 19 ans, elle est partie poursuivre ses études à la Queen’s University à Kingston où elle a d’ailleurs rencontré son futur mari, Martin Boileau. À 21 ans, titulaire d’une Maîtrise en économie, Nathalie ne se sentait pas assez mature pour entreprendre un doctorat et elle a accepté un poste au ministère des Finances à Ottawa. Puis elle a repris le chemin de l’Université et a obtenu en 1999 un Doctorat en finance de la University of British Columbia. « Une vraie canadienne, souligne-t-elle : ad mare usque ad mare ! » Nathalie et son mari - qui sont les heureux parents de Sophie et Nicolas, âgés respectivement de 5 ans et 2 ans - ont ensuite cherché une université susceptible de leur offrir un poste double et c’est ainsi qu’ils se sont retrouvés à Boulder au Colorado.

Depuis lors, Nathalie poursuit une très belle carrière. Elle est professeure agrégée à la Leeds School of Business de la University of Colorado et pour l’année universitaire 2007-2008, elle est professeure invitée à la Warton School de la University of Pennsylvania.

Parallèlement à sa carrière de professeure, Nathalie effectue de la recherche et elle compte à son actif de nombreuses publications dont plusieurs articles écrits en collaboration avec des collègues canadiens, notamment avec Margaret Slade et Khang Min Lee. Au fil des années, elle a donné des séminaires de recherche dans plusieurs universités canadiennes : Concordia, HEC Montréal, Laval, McGill, Toronto, York et UBC. « Faire avancer la science économique est un grand défi, indique Nathalie, mais si on comprend mieux notre monde, nous gagnons des outils pour améliorer le bien-être des gens. »

À l’U de M, Nathalie a rencontré des individus qui ont changé sa vie. « Des professeurs très généreux de leur temps et de très bons amis ». Le plus grand honneur et accomplissement occasionnel de Nathalie ? Donner le goût à ses étudiants d’en apprendre toujours davantage.

Nathalie et son mari ont une très belle vie professionnelle et familiale au Colorado mais étant tous deux Canadiens, ils aimeraient toutefois bien retourner au Canada.

Alain Ouellet

De l’Acadie à la planète Mars

Le choix de l’Université de Moncton était tout désigné pour Alain Ouellet, puisqu’il est originaire de Moncton. « C’est seulement, dit-il, après avoir fréquenté d’autres universités que j’ai remarqué que le ratio professeur et étudiants à l’Université de Moncton est assez impressionnant. L’accessibilité du corps professoral est très bénéfique pour l’apprentissage et je l’ai bien apprécié. »

Après l’obtention du Baccalauréat en génie mécanique de l’Université de Moncton (1993), il a fait sa maîtrise à l’Université McGill (1996). Son projet de recherche en robotique était mené en collaboration avec l’Agence spatiale canadienne (ASC). Après sa maîtrise, il a continué à l’ASC où il a commencé dans le département des Technologies spatiales. Il travaillait alors sur des projets de recherche interne et il a aussi conçu deux expériences qui ont volé sur la navette spatiale américaine. Il a ensuite passé quelques années dans le groupe d’opération de charges utiles, lequel s’occupe des expériences à bord de la Station spatiale internationale. Il a ainsi eu la chance de côtoyer les astronautes qui ont exécuté les expériences canadiennes lors de leur vol spatial. Il a enfin fait le saut dans le département des Sciences spatiales et il occupe actuellement le poste de Gestionnaire de programme, Exploration planétaire et astronomie spatiale. Son groupe et lui sont les gestionnaires de missions et s’assurent que les missions et instruments fournis par l’ASC vont bien répondre aux besoins des scientifiques canadiens. Les exemples de missions auxquelles Alain a participé sont la sonde Phoenix avec l’instrument canadien de météorologie, qui va se poser sur la planète Mars en mai 2008, et le télescope spatial James Webb qui sera lancé en 2013 avec la contribution canadienne du détecteur de guidage de précision et de la caméra à filtre accordable.

Alain a toujours voulu travailler dans le domaine spatial. C’est la raison pour laquelle il a décidé de faire des études en génie. « Les défis techniques associés avec des projets spatiaux sont très impressionnants, précise-t-il. Les instruments conçus sont souvent à la fine pointe de la technologie et les découvertes potentielles sont merveilleuses. Je suis très content de savoir que j’ai contribué un peu au programme spatial canadien, surtout lorsque je vois à l’œil nu un satellite ou la Station spatiale internationale filer dans le ciel durant la nuit. »

Au cours de sa jeune et brillante carrière, Alain a déjà réalisé de grandes choses qui lui ont valu des récompenses prestigieuses :

CSA Director’s Award 2000, 2003, 2004; NASA Space Flight Awareness Team Award 2004; JPL Phoenix Mars Mission Certificate of Recognition, 2005; et le prix Ancien de l’année de la Faculté d’ingénierie de l’Université de Moncton en 2007.

Alain, qui est en outre l’auteur de plusieurs publications et le titulaire de deux brevets, considère que ses deux plus grands accomplissements sont tout de même ses deux fils, Nicolas (6 ans) et Alexis (3 ans).

Janice Lizotte-Duguay

Une professionnelle convaincue…

et convaincante

Après ses études secondaires à la polyvalente Marie-Esther à Shippagan (Nouveau-Brunswick), Janice Lizotte-Duguay a choisi d’étudier à l’Université de Moncton où elle a obtenu son Baccalauréat en psychologie (en 1989) et sa Maîtrise en psychologie (en 1996).

Pendant 13 ans, Janice a ensuite occupé un poste de psychologue scolaire dans le district 9. Elle s’est alors intéressée à la prévention du suicide et, constatant qu’il n’y avait pas de matériel de sensibilisation par rapport à l’homosexualité, elle a décidé d’en élaborer pour son école. Ce projet a rapidement pris de l’ampleur et avec plusieurs psychologues et travailleurs sociaux, elle a formé une petite compagnie à but non lucratif : « Les productions la différence ». Ces dernières ont réalisé (en trois ans), avec le soutien de l’ Office national du film et de la Stratégie nationale pour la prévention du crime , une vidéo documentaire et une trousse de sensibilisation – Moi c’est moi...c’est ça la différence , des outils pédagogiques pour les enseignants et les intervenants des écoles, qui ont connu un grand succès au niveau national.

Par la suite, Janice a accepté un poste de psychologue au Centre de santé mentale pour la Péninsule acadienne, à Shippagan. En plus de ses fonctions de psychologue pour une clientèle adulte, elle était également coordonnatrice des comités de prévention du suicide et donnait des cours aux intervenants.

Depuis janvier 2006, elle est responsable des programmes de prévention pour la santé psychologique et la résilience – qui relèvent du ministère du Mieux-être, Culture et Sports. Basée à Fredericton, son territoire couvre tout le Nouveau-Brunswick et elle travaille surtout avec les 13 comités de prévention du suicide de la province pour voir à l’implantation de programmes. Depuis environ un an, l’accent est mis sur le programme, « Le Maillon », qui devrait sortir au début de l’année 2008 dans toutes les écoles de la province, de la 6 e à la 12 e année. Fondé à Grand-Sault, le programme « Le Maillon » vise essentiellement à bâtir un système de réseautage (GRC, Services sociaux, Services de santé mentale et écoles) afin d’aider les jeunes à accéder plus facilement aux ressources dans leur communauté.

Non seulement Janice garde-t-elle d’excellents souvenirs de ses années d’études à l’Université de Moncton et de la qualité de l’enseignement qui y est dispensé, mais c’est tout naturellement, comme elle le souligne, vers ce « centre du savoir et de la recherche » qu’elle se tourne pour faire de la recherche. C’est ainsi que, dans le cadre de son poste au Ministère, elle est amenée à travailler, en particulier, en collaboration avec John Tivendell, le professeur qui l’avait dirigée pour sa thèse de maîtrise portant sur les décrocheurs scolaires dans la Péninsule acadienne.

Dotée de grandes qualités personnelles et professionnelles qui lui ont valu la reconnaissance et le respect de ses pairs, Janice Lizotte-Duguay est actuellement la présidente du Collège des psychologues du Nouveau-Brunswick.

Joël Etienne

Un avocat sensible à la cause des minoritaires

La question identitaire est importante pour Joël Etienne. Né à Moncton, d’une mère d’origine française et d’un père d’origine haïtienne, il se sent au fond de lui Acadien et il est particulièrement sensible à la cause des minoritaires. Cela fait presque dix ans qu’il a quitté sa ville natale, mais lorsqu’il cherche son pays sur la carte du monde, c’est tout naturellement sur Moncton que ses yeux se portent.

Après une année d’études en science économique à l’Université de Moncton, il a étudié le droit civil à l’Université de Montréal puis il est revenu à l’Université de Moncton pour étudier la common law en français et a obtenu son Baccalauréat en droit de notre institution en 1998. Après son admission au barreau de l’Ontario, il a acquis de l’expérience à Toronto au sein du cabinet Cohen, Laurence & Associés, pendant quatre ans, avant d’ouvrir son propre cabinet spécialisé dans les questions d’immigration (réfugiés, sans-papiers, cas de déportation, etc.), en 2002. Des défis dans sa carrière, Joël s’en fixe quotidiennement en essayant de gagner le plus possible d’injonctions pour éviter la déportation des clients qu’il défend. Dans une ville comme Toronto qui compte près de 50 000 « sans-papiers », Maître Etienne s’est fait un nom en peu de temps, et avec au-delà de trois cents dossiers traités par année, il effectue régulièrement des journées de travail de quinze heures.

Deux grandes causes ont déjà marqué sa jeune carrière : R c. Potvin 2004 – La Cour d’appel de l’Ontario a garanti, en vertu de l’article 530 du Code criminel, qu’un accusé a le droit à un procès en français, ce qui signifie un procès entièrement en français et non un procès avec du français; et R c. Belykh – un Néo-Canadien était accusé de meurtre au premier degré et il a été acquitté par un jury de douze personnes.

La Faculté de droit a joué un grand rôle dans la préparation de Joël à sa carrière d’avocat. Il retient notamment la qualité de son corps enseignant, le ratio professeur/étudiants, la richesse de sa bibliothèque, l’accès facile au matériel et la formation pratique que dispense la Faculté.

La réussite professionnelle a toujours, cependant, un prix à payer : Joël Etienne n’a donc qu’un regret : ne pas avoir suffisamment de temps à consacrer à sa femme, Lisa Mendleson (originaire de la Nouvelle-Écosse), et à leur petite Gabriella. Voilà un autre défi pour lui à relever.

Catherine Pogonat

Lauréate de deux Prix Gémeaux pour

son émission, «Mange ta ville»,

le meilleur magazine culturel

Lorsque le moment est venu pour Catherine Pogonat de choisir un établissement d’enseignement supérieur pour poursuivre des études en information-communication après une année de cours en Études littéraires et création littéraire à l’UQAM, elle a décidé sans hésiter de retourner dans sa ville natale afin de s’inscrire à l’Université de Moncton où elle a obtenu, en 1999, son Baccalauréat en information-communication.

Catherine n’a pas attendu cependant d’avoir son diplôme en poche pour se lancer dans la carrière. En effet, pendant ses études à Moncton, elle a collaboré au journal étudiant, Le Front , a eu une émission à la radio étudiante CKUM-FM, a fait partie de la Ligue d’improvisation et a été chroniqueuse à l’émission Bande à part à Radio-Canada, avant d’en devenir l’une des animatrices. Elle a ensuite travaillé au fil des années pour plusieurs émissions dont Macadam Tribus à la Première chaîne de Radio-Canada.

Tous les vendredis, samedis et dimanches soirs, à 23 h (heure du Québec), Catherine anime le magazine Nouvelle chanson (consacré à la nouvelle chanson francophone) sur Espace Musique , la chaîne musicale de Radio-Canada. D’autre part, son émission, Mange ta ville , est toujours diffusée sur ARTV qui est la chaîne culturelle télévisée au Québec, mais cette année, grâce au Web, il est possible de regarder cette émission au Nouveau-Brunswick et partout dans le monde. Depuis le 9 octobre, Mange ta ville est en effet diffusée en simultané sur le nouveau site Web (www.mangetaville.tv) et l’on peut regarder l’émission en même temps que les spectateurs d’ARTV, le mardi soir à 19 h 30. Cette émission a valu à Catherine de remporter deux Prix Gémeaux (en 2006 et en 2007) dans la catégorie « Meilleur magazine culturel ». Des récompenses amplement méritées, puisqu’elle ne se contente pas d’animer cette émission, c’est elle qui l’a conçue. En outre, l’émission Pour un soir seulement – une émission musicale sous forme de spectacle – qu’elle a enregistrée l’hiver dernier pour ARTV devrait passer sur Radio-Canada. Spécialisée dans les musiques émergentes, Catherine fait connaître des artistes inconnus ou plus en marge; il lui faut donc se

renouveler et trouver des façons innovatrices de présenter les choses.

Ses années à l’Université de Moncton ont été très formatrices pour elle : « C’est un milieu qui soutient les étudiants, indique-t-elle. Je me suis sentie très appréciée et soutenue. J’ai eu l’impression que les gens croyaient en moi et cela m’a aidée à gagner la confiance en moi. J’ai reçu des bases très solides; il y avait à la fois une proximité avec les professeurs mais aussi un programme de rigueur au niveau du français parlé et écrit où il n’y avait pas de place pour la facilité. Il y avait déjà des attentes de professionnalisme. Un bel équilibre entre la théorie et la pratique. »

Dr Rodney Ouellette

Un pionnier de la recherche

au Canada atlantique

Originaire de Cap Pelé, au Nouveau-Brunswick, le docteur Rodney Ouellette est président-directeur général et directeur scientifique de l’ Institut atlantique de recherche sur le cancer (l’IARC). Il a entrepris ses études universitaires à l’Université de Moncton où il a obtenu son Baccalauréat et sa Maîtrise en sciences. Il a poursuivi ses études à l’Université Laval et il est à la fois titulaire d’un Doctorat en médecine (M.D.) et d’un Doctorat en biologie cellulaire et moléculaire (Ph.D.). En 1998, en collaboration avec la Direction de la Régie régionale de la santé Beauséjour, il a créé l’ Institut de recherche médicale Beauséjour (maintenant l’IARC) dont il a été le directeur scientifique fondateur. L’IARC est le seul organisme entièrement voué à la recherche médicale au Nouveau-Brunswick. Il compte actuellement une trentaine d’employés qui œuvrent en recherche sur le cancer ainsi qu’à la livraison de tests diagnostiques et de services spécialisés en santé.

Professeur associé à l’Université de Moncton, à l’Université du Nouveau-Brunswick et à l’Université de Sherbrooke, le docteur Ouellette collabore, entre autres, à la rédaction de nombreux articles, fait de nombreuses communications scientifiques, supervise des étudiants et évalue des thèses. Régulièrement consulté par des organisations de recherche en santé, il a été membre du Comité consultatif des sciences de Santé Canada et il siège actuellement aux conseils d’administration des Instituts de recherche en santé du Canada , de la Société canadienne du cancer - division du Nouveau-Brunswick et de la Fondation de l’innovation du Nouveau-Brunswick .

De son passage à l’Université de Moncton, il retient de très belles années au cours desquelles la base de ce qu’il est aujourd’hui comme personne et comme professionnel a été jetée. Ses amis de l’époque sont demeurés ses amis et quelques-uns sont en plus devenus

ses collègues. Pour plusieurs dossiers, précise-t-il, l’IARC collabore avec l’Université de Moncton : « les lignes d’affinités entre l’IARC et certains départements de l’U de M sont très fortes et cela augure bien pour la région, pour la communauté, parce que ces gens de talent qui font du bon enseignement au 1 er cycle sont des étoiles dans le domaine de la recherche au niveau canadien et au niveau mondial. L’Université de Moncton a trans-formé le visage du Nouveau-Brunswick et même de l’Atlantique. Elle a été un peu l’aimant qui attire les gens de nouveau à la région et qui nous permet de dire que finalement, il suffit d’avoir une bonne idée et d’y croire, et puis qu’en travaillant on peut réussir. C’est un peu cela le legs de l’Université de Moncton : viser plus haut, rêver et les choses finissent par se réaliser. »

« Le cancer, poursuit le docteur Ouellette, est le défi scientifique du 21 e siècle. Cela va prendre toute l’ingéniosité, toute l’imagination de l’être humain pour vaincre cette maladie. » La création d’un centre de recherche sur le cancer dans notre région constituait un énorme défi que le docteur Rodney Ouellette a relevé.

Ben Idrissa Ouedraogo

De l’Université de Moncton à la Commission

économique des Nations Unies pour l’Afrique

Après l’obtention de son Baccalauréat série scientifique au Lycée français de Ouagadougou en 1996, à peine âgé de 18 ans, Ben Idrissa Ouedraogo s’inscrit à l’Université de Moncton sur le conseil de son père qui avait effectué une visite de notre institution et avait été frappé par sa taille humaine et son cadre agréable propice aux études. Il obtient son Baccalauréat en économie de l’Université de Moncton en 2000 puis il poursuit ses études universitaires à l’Université McGill à Montréal (Master of Arts in Economics – DEA en Économie, en 2002) et à l’Université de Boston (DESS en Finance, en 2003). Il est inscrit, depuis 2006, au Doctorat en sciences économiques à l’Université de Lyon II, en France.

Sa carrière a commencé par une série de stages entrepris pendant ses études dans les secteurs universitaire, privé, bancaire, et la fonction publique internationale en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord. Par la suite, il a contribué au lancement d’une société conseil privée en communication, à Montréal, avec des amis d’enfance, orientée sur l’Afrique et baptisée Profil Africa , avant de commencer à acquérir de l’expérience dans le milieu des organisations internationales, notamment à l’Organisation Mondiale du Commerce à Genève. Entre temps, il a réussi au concours de recrutement national des Nations Unies qui lui a ouvert les portes à une carrière onusienne. Cette carrière a commencé il y a deux ans et demi à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), basée à Addis-Abeba en Éthiopie. Ben Idrissa est actuellement économiste associé dans la division Commerce, Finance et Développement économique de la CEA. Sa profession lui permet d’être au cœur des décisions et des politiques menées au niveau du continent africain. Cela implique des travaux de recherche, la fourniture d’assistance technique et de conseils aux états membres, l’organisation de réunions d’experts et de décideurs politiques afin de favoriser la cohérence des politiques économiques africaines et de contribuer au développement de ce continent.

De ses quatre années passées à l’ Université de Moncton, qui ont été riches en expériences tant sur le plan académique que culturel, Ben Idrissa retient la chaleur de l’accueil des Acadiennes et des Acadiens à travers les premiers contacts et différentes activités culturelles mais aussi le cadre favorable aux études et aux expériences para-académiques. L’U de M lui a donné non seulement les bases de sa formation en économie mais en plus elle lui a permis de développer ses capacités d’organisation et de gestion du temps, ainsi qu’un réseau d’amis au Nouveau-Brunswick et à travers le monde. Ben Idrissa souligne : « À ce titre, je souhaite exprimer ma reconnaissance envers mes professeurs du Département d’économie de la Faculté des sciences sociales de l’époque (Ronald LeBlanc, Fettene Befekadu, Dan Tonthat, Michel Deslierres, Louis Corriveau, Bertrand Gaufryau, Eugène Richard, Pierre-Marcel Desjardins et Paul-Émile David ) qui ont su développer mon intérêt pour cette filière et me transmettre des méthodes et réflexes qui me servent jusqu’à présent. »

NDLR : Nous souhaitons remercier tous ceux et celles qui ont contribué à la réalisation de ces profils. Leur apport nous a été des plus précieux pour vous présenter ces Pleins Feux. Si vous connaissez des diplômées ou diplômés qui pourraient faire l’objet d’un Plein Feux, nous vous invitons à communiquer avec notre secrétariat.

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