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La saison politique
Mise à jour le mardi 09 septembre 2008
Pour moi, la rentrée arrive une semaine plus tard que la plupart des autres gens. Si les élèves et les étudiants universitaires ont entamé une nouvelle année la semaine dernière, moi je recommence ma saison de chroniques.

Heureusement, ma saison des chroniques coïncide avec une saison politique qui s’annonce intéressante. Dimanche, la Gouverneure générale à dissolu le Parlement, ce qui a confirmé que nous irons aux urnes le 14 octobre prochain. Chez nos voisins du sud, les démocrates et les républicains entament le dernier droit des élections présidentielles.

Depuis des mois, je suis la course à la Maison-Blanche de très près et je compte faire la même chose avec les élections fédérales ici au Canada. Pour un accroc de la politique, c’est un bon moment. Le seul hic est de ne pas avoir assez de temps pour lire tous les journaux! J’ai toujours aimé d’observer les politiciens, mais j’adore les voir en pleine campagne électorale. C’est à ce moment qu’on risque de voir le meilleur et le pire de nos élus. En ayant la chance d’observer les politiciens des deux côtés de la frontière canado-américaine, nous avons l’occasion de faire une comparaison entre la politique canadienne et la politique américaine. C’est tout un contraste.

Malgré le fait que je ne connais pas encore le ton ou même les grandes lignes de la nouvelle campagne électorale au Canada, je peux me fier sur les quatre élections fédérales des derniers dix ans pour affirmer que le récit de celle-ci n’aura pas l’ampleur des élections présidentielles aux États-Unis.

En suivant la course à la Maison-Blanche, on a l’impression que tout est fait en grandeur aux États-Unis. D’ailleurs, la « campagne » elle-même s’étale sur plusieurs mois et semble s’éterniser. Au Canada, malgré le fait qu’on savait bien qu’une élection serait déclenchée, les campagnes durent seulement un peu plus d’un mois. Mais, à mon avis, la plus grande différence, par contre, est au niveau des candidats eux-mêmes.

Certes, je ne suis pas le premier à noter le fait que les deux seuls politiciens qui ont une chance d’occuper le poste de premier ministre ont une sérieuse carence de charisme. Ils sont très intelligents et parfaitement qualifiés pour occuper le poste, mais ils n’ont pas des personnalités attachantes et ne sont pas des surdoués de l’art oratoire. Plusieurs considèrent que ces qualités sont superficielles (ce qui n’est pas faux), mais le constat doit être fait tout de même.

Chez nos amis au sud de la frontière, les candidats ont des histoires personnelles qui se ressemblent davantage à des personnages de feuilletons que de politiciens. Il n’y a pas un écrivain au monde qui pourrait inventer une histoire dans laquelle un ancien combattant et prisonnier de guerre qui a passé cinq ans en détention au Vietnam et un jeune Afro-Américain né à Hawaii d’un père kényan et une mère du Kansas seraient les deux candidats à la présidence américaine. Il faut ajouter à cette histoire une candidate à la vice-présidence, farouche opposante à l’éducation sexuelle des jeunes, qui annonce le jour de sa nomination que sa fille de 17 ans est enceinte.

Franchement, il n’y a pas d’émission de téléréalité qui peut rivaliser avec des histoires comme celles-là.

Pour faire une analogie sportive, les élections américaines sont aux élections canadiennes ce que la Super Bowl est à la Coupe Grey au football. La plupart des gens en Amérique du Nord, qu’ils soient des amateurs de sports ou non, s’installent devant la télé avec des chips pour regarder la Super Bowl (ou, au moins, les pubs). Il n’y a qu’une fraction de ces gens qui regarderont la Coupe Grey (qui, en passant, se jouera ici Montréal au mois de novembre).

Malgré la nature « feuilletonesque » des élections américaines, ce sont les élections canadiennes qui recevront la plus grande partie de mon attention. Les enjeux sont, bien évidemment, beaucoup plus réels pour moi et, normalement, les campagnes sont beaucoup plus axées sur des questions plus substantielles et il y a beaucoup moins de potinage.

Bonne rentrée et bonne saison politique.

Stéphane LeBlanc - Chronique du mardi
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