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Il est venu le temps des élections
Mise à jour le mardi 16 septembre 2008
Comme Stéphane l’a mentionné la semaine dernière, cet automne est parfait pour les mordus de politique. On ne peut pas demander mieux. Les deux tiers des Nord-Américains sont en campagne électorale.

Je demande toujours à mes amis s’ils suivent les élections. La plupart me répondent non, ce qui m’étonne toujours car ils font partie de ma génération. Une génération qui, du lever du soleil jusqu’au dernier battement de paupière avant de tomber endormi, exige d’être diverti. Nous avons apporté la télévision dans nos salles à manger, nos chambres à coucher et même dans nos salles de bains. Nous avons été des pionniers en commençant la messagerie instantanée à l’intérieur d’une même maison. Mais pour une raison qui m’échappe, les campagnes électorales se perdent dans la multitude de sources de divertissement.

Pourtant, il n’y a rien de plus divertissant que de voir un politicien essayer de se faire élire. C’est comme regarder un enfant qui apprend à faire de la bicyclette dans l’émission Drôle de vidéos : c’est tellement cute de les voir essayer et c’est tordant de les voir se casser la gueule.

Pourquoi c’est si divertissant ? Parce qu’ils doivent plaire à un plus grand nombre de gens possibles. Tout d’abord, ils doivent être pour ou contre certains enjeux sociétaires pour plaire à ceux qui s’intéressent encore aux plates formes électorales. Ils doivent prendre position pour plaire à la base de leur parti et avoir quelques ouvertures plus au centre pour plaire aux indécis. Ensuite, c’est la session de photos pour ceux qui ne suivent pas la campagne. On embrasse des bébés ; on sert la main des nouveaux immigrants ; on écoute de la musique dans un iPod ; on fait de la course à pied, du vélo, du canot, du curling ; on tape sur l’épaule de nos soldats ; et on comprend la mère monoparentale qui doit avoir deux emplois pour subvenir aux besoins de ses deux enfants.

Tout ça pour obtenir le titre tant convoité d’humain. Parce que si on reproche quelque chose aux politiciens, c’est de ne pas être humain. Ce sont malheureusement des robots avec des cravates. C’est pour ça que Stephen Harper donne des becs à ses enfants au lieu de leur donner la main. C’est pour ça que Stéphane Dion porte des chandails de laine et s’assoit à la table avec les gens au lieu d’être sur une estrade. C’est pour ça que Jack Layton… à bien y penser on reproche à Jack Layton d’être trop humain. Il a donc décidé d’être plus agressif et ça lui va très bien.

Une chose que je reproche la campagne électorale canadienne est de ne pas être assez longue. Ça fait dix-neuf mois qu’elle dure aux États-Unis. Je comprends que nous n’ayons pas les ressources et la patience de la faire durer aussi longtemps, mais ça nous empêche de voir jusqu’où les politiciens sont prêts à aller pour maintenir leur position sur un enjeu. C’est facile de dire pendant deux mois qu’on est en faveur de quelque chose. Mais lorsque ça fait six mois que l’opinion publique a changé, les politiciens doivent ajuster leur tire pour plaire à l’électorat. Et c’est à ce moment qu’on voit quel politicien est maître dans l’art de bullshiter. Mais les Canadiens ne sont pas prêts à faire face à cette réalité car nous sommes des gens optimistes. Car il n’y rien de pire pour un optimiste que de faire face à la réalité.

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