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« Sérendipité » - Errances, vagabondage et rencontres insolites 75
Mise à jour le jeudi 11 septembre 2008
S’il est un mot de la langue anglaise que j’affectionne particulièrement, c’est bien « serendipity ». Le dictionnaire « Robert & Collins » ne donne pas d’équivalent en français mais le traduit de la façon suivante : « Don de faire par hasard des découvertes heureuses » . On le traduit également par « le don ou la faculté de trouver quelque chose d'imprévu et d'utile en cherchant autre chose. » Quel mot génial ! Tout au long de l’été, la « sérendipité » (n’ayons pas peur de franciser un si beau mot !) était au rendez-vous pour me permettre de faire de belles trouvailles… d’abord un lac sauvage dans l’arrière pays gaspésien où les huards et les hirondelles s’en donnent à cœur joie ; où les fleurs sauvages sont tellement abondantes et variées que les yeux ne peuvent en saisir tous les éclats de couleurs et où le bonheur de se laisser aller dans les eaux fraîches et limpides du lac n’a pas son pareil. Puis le coup de cœur de l’été, une trouvaille digne de n’importe quelle « sérendipité » : Cap Lumière ! Alors qu’on ne recherchait que l’isolement d’un chalet pour s’y arrêter quelque temps, on s’est retrouvé, sans l’avoir planifié de longue date, à Cap Lumière où la découverte a été extraordinaire. Un petit village niché, comme son nom l’indique, le long d’un cap, une quantité phénoménale d’oiseaux marins de toutes sortes, allant des imposants pygargues aux minuscules bécasseaux et pluviers courant le long de la grève ; une plage sauvage et peu fréquentée, couverte de galets, de coquillages et de longs rochers plats ; des bateaux de pêche au homard rentrant au quai les uns après les autres avec le ronron de leur moteur à peine perceptible ; et la lumière, cette lumière tellement abondante même quand l’horizon se voile par la brume que le village ne saurait porter un meilleur nom.
Maintenant, si la « sérendipité » est réellement un don, peut-on oser espérer que nos politiciens le possèdent ? Sont-ils tels les trois princes de Serendip qui, selon la fable, sont partis sur les grands chemins afin de voir le monde et qui finalement font des découvertes auxquelles ils ne s’attendaient pas ? On dit que ces trouvailles ont aiguisé leur intelligence, leur sagesse et leur raisonnement. Peut-on en espérer autant de nos chefs de partis ? En fait, c’est à Harper surtout à qui je souhaite une crise aiguë de « sérendipité ». Si bien qu’en poursuivant sa quête de pouvoir, ne pourrait-il pas découvrir par un heureux hasard, que la culture existe et qu’elle peut lui permettre d’appréhender la société canadienne sous un autre angle, qu’elle peut lui ouvrir des portes autres que celles des multinationales, des banques et de la Maison Blanche et qu’il s’en trouverait incroyablement enrichi… Ne pourrait-il pas, alors qu’il traversera sûrement le Canada d’une mer à l’autre, prendre pleinement conscience de la richesse de notre environnement et de l’urgence de le protéger maintenant et non en 2050… Pourrait-il découvrir, toujours par un heureux hasard, la compassion envers les moins nantis de la société et cesser les coupures qui étouffent peu à peu les programmes sociaux ? On peut toujours rêver...
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