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C’est fait ! Mais le pire, ce sont les fesses !
Mise à jour le vendredi 13 juin 2008
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Mes compagnons de route - une fois arrivée à Kingston au terme de la première journée.
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Je m’étais préparée à toutes les éventualités… ou presque. Depuis le mois d’avril, je rêvais vélo, je parlais vélo, je mangeais vélo. J’ignore si c’était la peur qui m’animait ou encore la passion - possiblement un mélange des deux. Pour moi, une journée de 180 km de vélo c’était du jamais vu, c’était même impensable. Mais j’ai eu la surprise de ma vie lorsque nous avons fait une sortie avec un couple âgé dans la cinquantaine qui fait régulièrement des distances de 400 km dans une même journée; soit dans une période continue de 20 heures ! Irréel !!! Je me suis donc forcée à m’entraîner dans des conditions pas toujours intéressantes : au début d’avril il faisait super froid. Je me souviens d’une sortie si pénible où personne ne disait mot, chaque cycliste se concentrait sur la roue devant lui et tentait d’oublier les orteils, les doigts et les oreilles gelés. Puis au fil des semaines, la température est devenue plus clémente, même si les nuages et le vent étaient souvent au rendez-vous. La dernière sortie d’entraînement s’est déroulée sous la pluie ; c’est long 100 km sous la pluie. Mais je sais aussi que tout est relatif.
Pour participer à l’événement auquel j’ai pris part le week-end dernier, on recommande que le cycliste ait environ 1 000 km de vélo dans les jambes. Au matin de la journée du départ, j’avais exactement 1 000 km et quelques poussières dans les jambes. De plus, j’avais fait deux journées à 100 km chacune dans la région de Sherbrooke jusqu’au Lac Mégantic – où on voit des buttes à perte de vue. Pas le temps de finir d’en descendre une qu’il faut grimper et grimer et encore grimper – mes jambes étaient prêtes ! Le moral l’était aussi. Et les fesses dans tout ça ? Comment peut-on préparer ses fesses à subir la torture des heures durant ? Sept heures sur un siège de vélo dans une journée, peu importe le prix qu’a coûté le siège, rien ne peut rendre des fesses heureuses! Ce qui me chatouille, c’est que partout dans la littérature on parle de bien se préparer physiquement, de l’importance de l’entraînement mais nulle part on dit qu’il faudrait passer des journées de week-end assise sur un siège de vélo pour développer une plus grande tolérance du siège au siège ! La préparation du siège au siège, c’est le seul élément qu’on a omis de nous communiquer… puisqu’il va sans dire qu’un événement de la sorte nécessite bien de l’organisation et des communications !
Cela fait plus de 30 ans que cet événement existe. Cette année, nous étions 2 000 à y participer. Good bye Ottawa nous partons vers des horizons nouveaux… destination finale : Kingston. Le parcours était super et l’organisation impeccable ! Entre Ottawa et Kingston, on passait par la région « Rideau Lakes » - c’est de toute beauté ! D’ailleurs un des arrêts désignés pour la pause du matin se trouve dans un parc à Perth où les gros arbres ne se gênent pas pour offrir un peu d’ombre aux cyclistes. C’est là que j’ai réalisé combien des centaines de personnes étaient impliqués dans l’organisation de cette activité. Des centaines de sandwichs faits maison étaient dans des « ziplocks » et classés par catégories : saumon, jambon fromage, oeufs, PB et jelly, thon… il y avait de tout ! À côté, une grande table où l’on pouvait ramasser un nombre illimité de jus de tomates, pommes, canneberges, orange ou ananas… Je ne pensais pas que c’était organisé à ce point !!!
Un peu plus tard, vers la fin de l’après-midi on a vu le panneau qui affichait les limites de la ville de Kingston : 180 km nous séparaient finalement d’Ottawa. Mission quasi-accomplie (car il fallait refaire le trajet le lendemain) ! Il va sans dire que je vous épargne le fait qu’il faisait un maigre 42 Celcius avec l’humidex. Vous savez, le genre de matin où l’on est immédiatement tout gommant en sortant de la douche tellement l’air est chaud et humide… beurk ! Imaginez 7 heures à se faire fondre le derrière sur un siège de vélo !!! En soirée, j’ai pu apprécier un délicieux repas ainsi qu’une promenade au bord du lac Ontario. La douche était également fort appréciée et les résidences de l’université Queens était bien spacieuse, tout était génial. Et puis lorsque le cadran a sonné dans les 5 h a.m. le lendemain matin, mon corps m’a fait comprendre qu’il voulait dormir encore quelques heures. Mais il fallait quitter si l’on voulait arriver à bon port… Trois jours après l’événement, je redoute toujours le prochain instant où mes fesses feront à nouveau connaissance avec un siège de bicycle… Je m’accorde une semaine de repos… croyez-vous que ce soit raisonnable ?
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