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Les ponts et les moutons
Mise à jour le mardi 10 juin 2008
Dans les dernières semaines, il y a plusieurs histoires qui ont piqués ma curiosité. En voici deux qui m’ont particulièrement fait réagir.

Les ponts
Il y a un peu moins de deux semaines, la ville de Montréal annonce qu’elle songe aller de l’avant avec son plan de péage aux ponts au nord et au sud de l’île. Un politique qui est, selon plusieurs, douteuse.

Dans La Presse du dimanche 1er juin, le chroniqueur Alain Dubuc aborde le sujet et il dit juste quand il parle de la « taxe 450 ». Il pose la même question que je me pose depuis que cette politique a été envisagée :

« Il est incorrect de faire une adéquation entre l’étalement urbain et la traversée des ponts. Regardez une carte géographique. Vous découvrirez rapidement que plusieurs de ces banlieues du 450, particulièrement à Laval et sur la Rive Sud, sont moins éloignées du centre-ville que plusieurs portions de l’île de Montréal. Pierrefonds est à plus de 30 km du centre-ville, tandis que bien des portions de Laval n’en sont distantes que de 20 km, Pointe-aux-Trembles est à plus de 20 km, tandis que Saint-Lambert n’est qu’à 10 km du centre, plus proche même qu’Ahuntsic. Pourquoi alors pénaliser certains banlieusards qui roulent moins et qui polluent moins ? »

Je me pose cette même question parce que je suis exactement dans cette situation. J’habite sur la Rive Sud depuis quatre ans et je dois prendre un pont pour accéder à l’île de Montréal. Par contraste, il y a de mes collègues qui vivent sur l’île, mais dans la partie à l’extrême ouest. Ces collègues doivent voyager entre 10 à 12 km de plus que moi pour se rendre au centre-ville.

Je comprends bien qu’il y a des problèmes de congestion sur l’île de Montréal et qu’il faut encourager les gens à opter pour les services de transport en commun (ce que je fait depuis mon arrivée sur la Rive Sud). Ce que je comprends moins est le fait de ne pas tenir compte de la distance parcourue.

Tout comme l’a suggéré récemment le Groupe de travail sur la tarification des services publics, je suis en faveur de péages sur les nouvelles autoroutes et même sur le recours à la tarification selon la distance parcourue.

De faire porter le fardeau de la congestion et la pollution uniquement sur le dos de ceux qui doivent traverser un pont pour accéder au centre-ville est une idée extrêmement myope.

Selon les dernières nouvelles, la ville de Montréal aurait abandonné l’idée des péages sur les pont et examinerait maintenant d’autres options.

Le mouton noir
La station de télé TQS, communément considérée comme « le mouton noir » de la télé québécoise, passe un mauvais quart d’heure. Le réseau est techniquement en faillite et deux hommes d’affaires, des frères, ont acheté le bateau qui coulent.

Ils ont rapidement fait les manchettes en sabrant le service des nouvelles au complet. Les frères tentent maintenant de faire transférer la license de diffusion à la compagnie Remstar. De son côté, la CRTC hésite d’approuver le transfert.

C’est une histoire intéressant, mais ce ne sont pas les aspects économiques qui m’intéressent. C’est plutôt le côté « sociale » de l’affaire qui m’intrigue.

Si je comprends bien, le gouvernement de la ville de Québec et celui de la province du Québec demandent à une corporation de garder un « caractère social ». Si tel est le cas, c’est (pour moi) une première.

Selon un article publié sur le site de Radio-Canada, la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a affirmé que « la licence de télévision généraliste doit venir avec l’obligation de donner des informations nationales et régionales. »

De son côté, le maire de Québec, Régis Labeaume, « demande au CRTC de rejeter la demande de licence de Remstar si l’entreprise refuse toujours de respecter les conditions de production locale. » Il va même aussi loin que d’affirmer qu’ « un TQS sans service de nouvelles n’a aucun intérêt pour la population de Québec et par conséquent, la présence de Remstar n’est pas bienvenue chez nous. »

Je trouve cet aspect de l’affaire fascinant et j’aime bien le fait que nos élus veulent responsabiliser les corporations, mais j’aimerais mieux qu’ils exercent leur pouvoir auprès des corporations qui contribuent à la destruction de l’environnement.

Stéphane LeBlanc - Chronique du mardi
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