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Pourquoi pas des fresques sur les murs de ciment au centre-ville de Moncton ?
Mise à jour le lundi 05 mai 2008
À quand une fresque sur l’édifice d’Assomption Vie au centre-ville de Moncton ?
Samedi soir, j’ai assisté à la 10e cérémonie de remise des prix Éloizes de l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick. Je n’ai pas vu toutes les neuf premières éditions, mais j’ai vu la plupart. L’édition 2008 m’a beaucoup plu. J’y ai vraiment passé une très belle soirée.

Reconnaître le travail des artistes dans le cadre d’une cérémonie gala est certainement une chose très importante. On se doit de faire le point une fois par année sur la production artistique tout en rendant hommage à ceux et celles qui embellissent et enrichissent nos vie grâce à leurs œuvres. Mais on pourrait en faire tellement plus en tant que communauté. À chaque fois que je voyage à l’extérieur de l’Acadie, en Europe surtout, je suis épatée par la place que certains pays accordent aux artistes et par le statut qu’on leur donne.

Comment souvent ai-je vu des individus qui ont bien de sous acheter des peintures faites en série et vendues dans des grands magasins à surface au lieu de payer un peu plus pour se procurer des toiles originales d’artistes locaux ? Comment souvent ai-je vu des personnes bien nanties chercher par tous les moyens possibles d’avoir des billets gratuits pour aller voir des spectacles ?

Dans bien des pays du monde, les gouvernements mettent en place des lois qui font en sorte qu’un tel pourcentage de leur budget doit être accordé aux arts et à la culture. Mais ici, comment souvent entend-on les représentant.e.s d’organismes culturels réagir aux budgets gouvernementaux ou encore aux discours du trône en déplorant le fait que les arts et la culture n’aient même pas été nommés ?

En cette période d’élections municipales au Nouveau-Brunswick, je mets au défi les candidates et candidats à la mairie des diverses régions de promettre de prendre un pourcentage de leur budget afin de voir au développement de la vie artistique au sein de leur communauté. Qu’on promette carrément de mettre les budgets en place afin d’aider les artistes professionnel.le.s de sa région à vivre et à s’épanouir !

Vous avez déjà vu des fresques sur les grands édifices lors de vos voyages ? Vous êtes vous déjà demandé pourquoi on ne fait pas ça ici ? Moi, à chaque fois que je fais face à des énormes murs de béton gris chez-moi, des murs que je trouve laids, je me demande pourquoi la compagnie qui possède cet édifice ne paie par un ou des artistes visuels pour peindre une énorme fresque ! Imaginez juste pour un instant ce que ça apporterait au centre-ville de Moncton, par exemple, de voir sur les murs des édifices tels celui d’Assomption Vie de la rue Main une belle fresque ?

Si de telles initiatives étaient prises par les compagnies privées, déjà le sort des certains artistes professionnels serait amélioré. Si des compagnies se donnaient comme mission de payer des musiciens pour faire des spectacles pour leur personnel (comme le fait la Fédération des Caisses à Caraquet) ou encore qui achetaient comme cadeaux à leurs employés ou clients les derniers livres ou films des artistes de leur région, déjà ce serait un pas vers l’amélioration de la qualité de vie des artistes.

À quand une fresque sur l’édifice d’Assomption Vie au centre-ville de Moncton ? À quand des sculptures dans tous les édifices gouvernementaux ? À quand des spectacles pendant une heure ou deux, une fois par mois, pour le personnel de nos entreprises locales ?

Le salaire moyen des artistes est souvent sous le seuil de la pauvreté au Nouveau-Brunswick. Si toutes les moyennes et grandes entreprises faisaient chacune leur part pour embaucher des artistes professionnel.le.s, non seulement la qualité de vie des artistes seraient améliorée mais également celle du personnel et des clients de ces entreprises.

Carol Doucet - Chronique du lundi
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