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Les malheurs de Sophie
Mise à jour le vendredi 02 mai 2008
« Heureux d’un printemps qui m’chauffe la couenne, triste d’avoir manqué encore un hiver… » Il y a deux façons de voir les choses : soit les amateurs de sport d’hiver en ont eu pour leur argent cet hiver avec toute cette neige qui a tombée ; soit ceux qui détestent la neige ont pu maudire leur pays durant ce qu’aura été un hiver trop rigoureux. Peu importe le point de vue adopté durant les derniers mois, les conséquences des fontes de neige trop rapides sont les mêmes pour tous… nos rivières débordent entraînant avec elles des parcelles de route, des maisons et des souvenirs.
Quelle est votre explication pour toutes ces inondations au Nouveau-Brunswick ? Un banal hiver n’ayant rien hors de l’ordinaire ? Des précipitations trop nombreuses au printemps ? Le réchauffement climatique et ses effets imprévisibles sur l’environnement ? Quelque soit votre opinion, les caprices de dame nature font des ravages que seul le temps et la solidarité humaine permettra de reconstruire. Un oncle du côté paternel a d’ailleurs eu la surprise de sa vie cette semaine alors que sa cave prenait des allures de lac. En deux temps, trois mouvements, les pompiers et des membres de la famille étaient à la rescousse apportant des camionnettes pour déménager ses biens et le sortir de son pétrin. Même la chatte Sophie devra s’adapter à son nouveau logement temporaire.
Chaud et froid Sur une autre note maintenant, il y a deux semaines, la vie prenait des allures de printemps. Il a fait plus de 20C durant plusieurs jours consécutifs - le soleil plombait, les tulipes se sont montrées le bout du nez, mon cardinal rouge était de retour de son congé hivernal pour me chanter la sérénade dès l’arrivée de l’aube. Les balades à bicyclette commençaient… ça devait être le début d’un entraînement sportif mémorable.
En fait, je m’en souviendrai long…temps! Mercredi soir dernier, traînant avec moi un restant de toux qui prend parfois des airs de bronchite ou pneumonie, je décide de jouer le tout pour le tout et de participer à l’entraînement de vélo en groupe. Après tout, j’avais déjà raté les deux dernières sorties en raison de ma grippe… Ma partenaire d’entraînement, Sophie, et moi décidons d’y aller mollo en s’inscrivant avec le groupe le plus lent – question d’épargner mes poumons. L’horreur… Ce qui devait être une petite sortie d’environ 40 km s’est transformée en soirée glaciale s’étalant sur 60 km.
Le mercure a chuté à une vitesse ahurissante et de fortes bourrasques de vent se sont mêlées à la fête. Une des femmes de notre groupe n’arrivait pas à suivre le peloton, alors nous avons dû réduire et réduire et réduire notre vitesse pour la garder parmi nous. Résultat : il faisait près de zéro celcius, le vent soufflait tellement que nos vélos faisaient parfois des bonds de côté puis nos mains et nos pieds étaient gelés. Ces 60 km de vélo, après une folle journée de travail, auraient dû être la « traite » de la soirée, la cerise sur le sundae… Mais au lieu, ce sont des sentiments très amers qui me viennent à l’esprit lorsque je pense à cette soirée. Durant les derniers 30 minutes, personne ne parlait. Les yeux rivés devant, le visage durci par le froid, la seule chose qu’on entendait c’était le vent. Étant deuxième dans la file indienne, je me suis retournée, à un moment donné, pour voir ce que les autres filles devenaient. Sophie était souffrante ; je pouvais le voir juste par sa position sur son vélo. Elle qui a le rire habituellement très facile et souvent un gros sourire fendu jusqu’aux oreilles n’avait vraiment pas le cœur à rire. Son pneu était collé à environ 1 pouce du mien, tentant de bénéficier le plus possible des effets de l’aérodynamisme (la zone d’aspiration créée par le déplacement de l’air, aussi appelé le « draft »). J’avais le goût de dépasser le coach qui me tenait tête pour arriver plus tôt à la maison et pour mettre fin à ce calvaire, mais je savais que les filles derrière avaient besoin de nous pour les ramener au point de départ. Je vous épargne les détails de mon état lorsque j’ai finalement mis les pieds dans la maison – mais une chose est certaine ; Sophie et moi n’avons plus l’intention de jouer aux super-woman lorsque la nature fait des siennes.
Si vous voulez savoir quelle motivation se cache derrière mon entêtement à m’entraîner, malgré mon interminable grippe… il faudra revenir dans un mois et je vous indiquerai si j’ai réussi à relever le défi que je me suis fixé !
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