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L’uranium ou le mal du pays
Mise à jour le vendredi 04 avril 2008
Il me semble que certains mots font plus peur que d’autres; je crois que c’est le cas pour le mot « uranium ». Je ne suis pas une professionnelle de la question – mais il me semble en savoir assez pour que cela me donne des frissons dans le dos. Et je ne crois pas être la seule. Il y a deux semaines, j’apprenais que le conseil municipal de Moncton avait voté, à l’unanimité, pour demander que la province du Nouveau-Brunswick bannisse l’exploration et l’extraction d’uranium sur son territoire. Quiconque s’y connaît moindrement sur la question sait que même des activités d’explorations peuvent avoir des conséquences néfastes sur l’environnement et de très graves répercussions sur la santé des gens.
Même si les explorations ne se font pas en plein cœur d’une ville, il faut se souvenir que les «particules » (le mot n’est peut-être pas assez juste ici) circulent et se déplacent aussi facilement dans l’air que dans l’eau. Le temps d’un instant pour qu’elles atteignent la nappe phréatique dans laquelle on puise notre eau potable ou encore le temps d’une pluie et voilà que le corps humain en consomme une bonne dose, sans compter tout ce qui lui rentre dans les poumons. Ce qui m’inquiète grandement, c’est que nos preneurs de décisions ne sont pas nécessairement bien outillés pour prendre des décisions aussi importante; sans oublier que la question économique semble souvent peser bien plus lourd dans la balance.
Je suis également surprise de l’étendue du phénomène. À peu près au même moment où Moncton tenait une session d’information sur l’uranium au Théâtre Capitol, il se passait un événement semblable avec des invités-panelistes à Ottawa. L’organisme « No Uranium » qui s’écrit ainsi « kNOw Uranium » fait des pieds et des mains ces derniers temps pour conscientiser la population sur les demandes d’exploration minière que font les compagnies et qui peuvent s’effectuer tant sur les propriétés des gens que sur les terres de la couronne. L’organisme présente d’ailleurs une soirée cinéma en offrant gratuitement le visionnement du film Uranium de l’Office national du film du Canada (ONF). C’est en 1990 que l’ONF a produit ce film dans lequel on apprend que : « Le Canada est le plus important pays producteur et exportateur d’uranium au monde. Or les résidus des mines d’où est extrait ce métal se transforment à l’air libre en une douzaine d’autres substances radioactives dont certaines sont extrêmement dangereuses »… Avis aux intéressés qui sont dans la région de la capitale nationale, ce film est présenté ce soir (le vendredi 4 avril) à 19h30 à l’Université d’Ottawa dans l’auditorium MacDonald situé sur la ruelle Louis-Pasteur.
Pour ne pas que les lecteurs plus à l’Ouest de l’Ontario se sentent négligés, sachez que l’uranium fait également beaucoup jaser à l’autre extrémité du pays, notamment en Saskatchewan. Je vous recommande la lecture du livre Canada’s Deadly Secret – Saskatchewan uranium and the global nuclear system, de Jim Harding.
Liens, dans l’ordre : Film Uranium de l’Office nationale du film Moncton wants N.B. to ban uranium mining kNOw Uranium
Références
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