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Les pirates chinois
Mise à jour le vendredi 25 avril 2008
J’ai trouvé le CD de Natasha St-Pier caché entre Schubert et des chants traditionnels mongols dans une pile de disques piratés près de chez moi au centre-ville de Shanghai. Je n’aime pas beaucoup la musique pop, même si elle est acadienne, mais j’étais content de revoir quelque chose de familier à mes yeux. C’est drôle ce que l’on peut retrouver dans les magasins de CD piratés. J’ai entendu dire que certaines compagnies de disque produisaient leurs CD en Chine, l’usine produit le jour pour les marchés étranger et la nuit pour le marché noir de la Chine. Les goûts musicaux de la plupart des Chinois sont totalement différents des miens et ça fait toujours bizarre de rencontrer un jeune homme dans la vingtaine qui déclare être un grand fan des Backstreet Boys, ou encore des Spice Girls, les différences culturelles...

Ce qui m’énerve un peu plus c’est se qui ne se retrouve pas dans ces boutiques, notamment de bons livres en anglais ou en français. Il est facile de trouver des livres de business dans la rue pour 3-4 dollars, mais il est pratiquement impossible de trouver un bon livre d’histoire, et ces derniers se vendent au même prix qu’à l’étranger. Je trouve cela triste parce que la Chine à une longue histoire qui vaut vraiment la peine d’être étudiée.

J’arrive tout juste de Xian, ancienne capitale au nord-ouest de la Chine, qui fût pendant des centaines d’années au centre de la vie politique, économique et religieuse du pays. La région est parsemer d’anciennes capitales, notre guide nous disait que plus de 13 dynasties impériales établirent leurs capitales dans la région. C’est aussi de Xian que partaient les caravanes de la route de la soie. Pour cette raison, la ville à pendant des centaines d’année accueilli et accueille encore une communauté musulmane. Au beau milieu du centre-ville se trouve la rue du mouton de l’ouest (j’aime bien traduire le chinois littéralement), le quartier fait la joie des gourmets qui peuvent venir y déguster des mets qui ressemble plus à la cuisine de l’Asie centrale qu’à la nourriture traditionnellement chinoise.

Les empereurs chinois croyaient qu’ils se retrouveraient dans un autre monde après la mort. Ils construisirent d’immenses tombeaux qui ressemblent maintenant à de petites collines au milieu des champs de blé. Ces collines, en dessous desquelles étaient enterrés les empereurs ou riches marchands, étaient construites en suivant de strictes règles de géomancies réglant la position des montagnes, le nombre de statues et d’autres détails qui m’échappent. Les fameux guerriers en pierre de Qin Shihua, le premier empereur à avoir unifié la Chine, qui constituent l’une des images les plus connues du tourisme en Chine, forment l’une des parties de ce qui est probablement la plus grande tombe chinoise à jamais avoir été construite. Supposé accompagner l’empereur dans sa prochaine vie, ces chefs-d’œuvre nous permettent maintenant d’imaginer la Chine telle quelle existait il y à plus de 2 000 ans en plus d’apprécier tout l’artisanat des travailleurs de cette époque.

En fait la Chine ancienne me fait un peu penser à ce que je connais de l’Égypte ancienne avec ses tombeaux géants et ses rois/dieux qui avaient droit de vie ou de mort sur leurs sujets. La relation que les Chinois ont avec leur passé est totalement différente de celle que nous entretenons avec notre courte histoire. En grandissant mon père me répétait toujours que je devais parler français et faire attention à la qualité de ma langue parce que mes grands-parents et mes ancêtres s’étaient battus pendant des centaines d’années pour la préserver. Maintenant, quand je dois expliquer à quelqu’un que je suis Canadien Français, mais pas Québécois, je dois habituellement commencer avec une description de l’histoire des Acadiens qui est inconnue de la plupart des gens. Mon explication se termine habituellement avec une simplification qui dit que je fais partie d’une minorité culturelle et que je parle un dialecte du français, se qui est assez facile à comprendre pour un Chinois ou un Français...

Les Chinois ont une histoire absolument différente de la notre. Comme tous les peuples du monde, leur présent est le résultat des événements du passé. Mais leur histoire est tellement longue et riche en évènements. Leur langue est parsemée d’allusion à l’histoire et de vieux caractère qui ‘’n’existent plus’’ mais qui sont encore utilisés. La télévision et les films reprennent tour à tour de vieux contes de l’histoire ancienne ou moderne.

Le plus j’y pense, le plus je vois le lien entre l’identité et l’histoire. Les Acadiens ont une identité absolument mélangée, à la fois nord-américaine, française, québécoise, et ces quelques générations dans les provinces maritimes qui forment le nucleus de la société acadienne. J’ai aussi déjà entendu dire que les Acadiens avaient une mentalité de gens ayant été conquis, qu’ils demandaient toujours des bénéfices du gouvernement au lieu de prendre les choses dans leurs propres mains pour améliorer leur qualité de vie. Je n’ai pas cette impression des Acadiens, mais à écouter ou lire les nouvelles, je peux bien comprendre d’où peut venir cette impression.

La culture chinoise est une culture dominante, de conquérants, qui pendant des centaines d’années se croyaient au centre du monde. Dans cette optique, les développements économiques et politiques des dernières années ne font que remettre le pays dans sa position naturelle comme l’un des états les plus importants de la planète. De la grande muraille de Chine, à la centaine de gratte-ciels de Shanghai, des grands palais de Beijing, au millier d’usines qui s’alignent dans les banlieues de la ville, tout dans ce pays pointe à la grandeur, car les Chinois ont bâti le pays selon leur vision grandiose de ce qu’est la Chine.

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