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Le paradigme du prisonnier ou
Pourquoi il y aura des mines d’uranium au Nouveau-Brunswick
Mise à jour le jeudi 24 avril 2008
Aimez-vous entre des âneries ? Oui ! Alors soyez les bienvenus à la politique néo-brunswickoise. Vous vous demandez sûrement pourquoi il y a tant de bêtises qui se passent au Nouveau-Brunswick ces temps-ci ? Mais, mes chers lecteurs et lectrices, c’est qu’ici, on le peut. C’est un leitmotiv qui prend de plus de plus de sens. Notre gouvernement s’est rendu compte que nous étions trop nouilles pour s’opposer de quelque façon à quelque plan qu’il mettrait de l’avant en quelque temps à quelque part.

Diantre ! Que de « q » dans la phrase précédente. Et quel impair ! Tout un chacun sait qu’il ne faut jamais mélanger la politique avec le « q ». Récemment encore, un gouverneur de l’état de New York l’a appris à ses dépens.

Mais revenons à nos moutons verts fluo la nuit. Qu’est-ce que le paradigme du prisonnier et quelle est la relation avec l’uranium ? Le paradigme du prisonnier est une fable relativement simpliste qui aide à comprendre certains comportements humains.

Donc, voici cette fable. Dans une contrée quelconque où les règles de justice ne sont pas nécessairement les nôtres, un crime fut commis. Quelle est la nature de ce crime ? On s’en fout car ce n’est pas là l’essence de la fable. C’est la suite qui nous intéresse. Le shérif arrête deux hommes qu’il soupçonne fortement d’avoir commis le crime. Toutefois, il n’a pas suffisamment de preuves pour les mettre sous les verrous pour de bon. Pour améliorer ses chances de les foutre en prison, il leur proposa, individuellement, de devenir délateur contre rétribution. Le marché était simple : si l’un dénonçait l’autre et que l’autre ne dénonçait pas l’un, le dénonciateur serait libre et l’autre croupirait dix ans en prison ; si les deux se dénonçaient mutuellement, chacun écoperait de cinq ans en taule ; s’ils ne se dénonçaient pas, ils iraient tous les deux en prison pour un an.

Drôle de fable, me direz-vous. Le punch de l’histoire : quel choix pensez-vous que nos deux hommes ont fait ? Si vous êtes du genre qui croyez dans le bien commun, vous répondez : « Ils se sont fermé la gueule et ont accepté d’en prendre chacun un an. » Effectivement, avec ce choix, le coût pour le groupe est le plus faible. Changeons votre paradigme : vous êtes maintenant un individualiste. Quel est votre choix ? Réfléchissons un peu : « L’autre, si il réfléchit bien à son affaire va arriver à la conclusion qu’il est préférable de se fermer la trappe. OK, si je le dénonce et qu’il ne me dénonce pas, je suis libre, libre, libre. Je gagne le jackpot et lui, il perd. Do I care s'il en prend pour dix ans ? Je récupère le butin, je change de pays, je change de nom, je deviens là-bas un citoyen respectable (facile avec plein de pognon) et je profite de la vie. Bwahahahahahaha ! »

OK, quelle est la relation avec l’uranium ? Comme si vous ne m’avez pas vu venir de loin après un si brillant exposé qui irradie de tant d’information. (NDRL : Nous aussi on peut en faire des jeux de mots faciles. C’était plutôt ni homme enrichi, mi-radis. La pognez-vous ?) Ah ! Les critiques, je continue.

Les gens ont tendance à penser que les gouvernements prennent des décisions pour le bien commun. Vous comprenez maintenant que ce n’est pas nécessairement le cas. Vous comprendrez mieux les choix gouvernementaux lorsque vous saurez pour le bien de quel groupe une décision est prise. Tout de suite, il est évident que notre gouvernement a déjà pris sa décision quant à la présence de mines d’uranium au Nouveau-Brunswick. Comment en être sûr ? C’est évident juste en prenant en compte qu’ils n’ont pas interdit la prise d’échantillons miniers dans le bassin versant de la Turtle Creek, la source d’eau de 130 000 habitants. On ne joue pas à la roulette russe avec la santé d’autant de gens. Qu’attendent-il pour l’annoncer ? De trouver un temps approprié et un spin qui ferait passer la chose comme étant à l’avantage des gens ordinaires, vous et moi. Ne soyez donc pas surpris d’entendre des nouvelles à ce sujet d’ici quelques semaines ou quelques mois, le temps que la fureur populaire baisse d’un cran.

Bonne semaine quand même.

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