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Le malheur frappe sur mer Phoque ! Entends-je la complainte des Lebel ?
Mise à jour le lundi 31 mars 2008
La Complainte des Lebel raconte la navrante histoire de six hommes qui périssent lors d’une équipée de chasse aux loups-marins, les phoques si vous préférez. Les paroles sont de Nelson P. Arsenault des Îles-de-la-Madeleine (voir le lien ci-bas). Elle a été reprise et adaptée par le groupe Suroît, aussi des Îles, sur son album : En concert à l’Anglicane de Lévis. Ça se passait en 1911. Le malheur est une chose sans cesse renouvelée.
« C’est vers la fin de mars, ou à peu près ce temps, De l’an mil neuf cent onze, dans le cours du printemps, Que nous venons d’apprendre le récit malheureux D’un pèr’, son fils, son gendre et trois autr’s avec eux. »
« Les voilà, tous les six, dans leur petit canot, Ramant à grand’ vitesse, se berçant sur les flots. Mais, à moitié-traverse, un malheureux écueil Les soulèv’, les renverse, et voilà leur cercueil ! »
En 2008, six hommes sont perdus en mer. Ce n’est pas un petit bateau à rames mais plutôt un bateau de 40 à 50 pieds de long. Et ce n’est pas un écueil mais bien une mauvaise manœuvre de remorquage, à ce qu’il semble, qui a fait chavirer le bateau.
« Ainsi, la nuit se passe, et l’on attend toujours. Le lendemain se passe, et l’on attend encor. Mais la mer gourmande les tient tous dans son sein ; C’est pour nous faire’ comprendre que sur terre on est rien ! »
Des six, on en a rescapé deux. Trois ont été retrouvé morts. Le sixième est encore manquant, présumé mort car les eaux du Golfe St-Laurent n’ont aucune tendresse pour les naufragés. Les gens de la Péninsule acadienne se souviendront du Lady Doriane et du Lady Odette, ceux d’Escuminac se rappelleront de la grande tempête qui leur a raflé combien de pères, maris et fils.
« Quell’ nouvelle navrante il fallait apporter ! Quell’ nouvell’ déchirante pour tout’ la parenté ! Les femm’s s’évanouissent et ploient sous la douleur ! L’esprit, le cœur se brisent ! À quoi sert le bonheur ? »
Je compatis avec les familles des victimes qui doivent se poser une multitude de questions. Comment une telle chose a bien pu arriver ? Bien sûr, c’est facile de regarder en arrière et de dire que les choses auraient dû être autrement. Mais, il y a quand même des questions embêtantes. Pourquoi les hommes étaient-ils sur le bateau remorqué ? N’auraient-ils pas dû être sur le brise-glace remorqueur ? Surtout que le gouvernail du bateau était en panne ! Ils ne pouvaient pas contrôler le bateau du tout. Donc, il n’était aucunement question de faire des manœuvres correctrices pour empêcher une embardée. Pourquoi étaient-ils encore sur le bateau ?
L’autre partie que je ne comprends pas est l’absence de supervision. Il n’y avait, encore une fois, selon ce qui a été rapporté, personne de l’équipage du brise-glace qui était aux aguets pour voir ce qui se passait à l’arrière. C’est l’équipage d’un troisième navire qui a vu le drame et qui a récupéré les survivants et les morts.
N’y a-t-il pas un protocole à suivre pour faire une manœuvre de remorquage ? On serait sous l’impression que oui. Si ce n’est pas le cas, ce serait grandement temps d’en créer un et de le diffuser à tous les navigateurs.
Faut-il attendre un autre malheur avant d’agir ? Je n’ai vraiment pas envie de vous souhaiter une bonne semaine. À une prochaine fois.
Références
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