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Un gouvernement divertissant
Parce qu’ici, on le peut
Mise à jour le jeudi 27 mars 2008
Qui l’eut cru ? Notre gouvernement provincial est devenu un divertissement ou à tout le moins une source de diversions. C’est du moins l’opinion que le gars de l’autre bord du miroir a bien voulu me confier ce matin pendant que je me rasais. Il regrettait tout de même l’absence de fumée. Fumée et miroir, me dis-je, bizarre. Et là où il y a de la fumée, il y a peut-être du feu.

Peut-être que le gars de l’autre bord est un adepte de complots ou peut-être est-il amateur d’une bonne rumeur, qui sait. Mais, toujours est-il que depuis le lancement de la polémique sur les changements à l’immersion française dans le système éducationnel anglophone, on ne parle plus de l’économie au Nouveau-Brunswick. OK, les méchantes langues, je sais ce que vous allez dire : Y en a pas d’économie au Nouveau-Brunswick, pourquoi en parlerait-on ? Bon, bon, y en a moins qu’avant mais il doit bien en rester un petit quelque chose de notre économie. Hein ! Un petit quelque chose qu’on pourrait essayer de sauver et même de faire grandir ?

OK, lecteurs zé lectrices, si vous acceptez votre mission (NDRL : attention, on introduit un tout nouveau gadget technologique : la mémoire musicale organique. Dès cet instant, dans votre tête, vous devriez entendre la musique thème de Mission Impossible. Ceci est notre premier test de déploiement de cette technologie.), vous devrez observer ce qui se passe autour de vous et répertorier toutes actions gouvernementales qui pourraient amener une relance économique de notre province pittoresque. Envoyez-moi vos rapports dès que possible, sans vous faire remarquer. Vous ne voulez surtout pas que votre statut d’agent d’information soit divulgué. (NDLR : avez-vous entendu le roulement de tambour final ?)

Et si c’était pour nous changer les idées ? Quelle belle manière d’attirer notre attention collective dans une autre direction ! Oui, on parle de réformer le système éducationnel anglophone mais parle-t-on des ressources que cela va demander. Ou devrais-je dire, des ressources que cela devrait demander car, si les tendances se maintiennent, les ressources ne seront pas au rendez-vous. Vous n’avez qu’à penser à la relance économique de la Péninsule acadienne. Bernard Lord avait promis 25 millions. Est-ce que le 25 millions s’est matérialisé ? Après, c’est 100 millions que Shawn Graham promet pour le Nord de la province, sur quatre ans que les médias ont dit, donc 25 millions par an. Maintenant, ce n’est plus que 15 millions et il dit que le 100 millions, c’est sur deux mandats. Il semblerait qu’on ait acheté un cochon dans un sac…

Méchante digression. Pères et mères de nos enfants néo-brunswickois, avez-vous visité la salle de classe de vos enfants ? Avez-vous compté le nombre de dictionnaires que se partage la classe ? Avez-vous visité la bibliothèque scolaire de leur école ? Combien de livres se partagent les élèves de l’école ? Combien de livres de références y a-t-il ? Quel est l’âge des livres ? Est-ce que la bibliothèque semble être conviviale et invitante ? Et le gymnase, y en a-t-il un ? Ou est-ce une salle de classe vide où les jeunes vont passer la récréation lorsqu’il peut ou qu’il neige ? Y a-t-il un bibliothécaire à l’école ? Y a-t-il un travailleur social à l’école ? Carrément dit, est-ce que votre école a les ressources nécessaires pour faire tout ce qu’on demande d’elle ? Probablement que non. Certaines écoles sont aux prises avec un manque de suppléance. Il n’y a pas assez de gens avec une formation adéquate pour faire du remplacement. D’autres sont en manque d’espace, les roulottes ne sont pas complètement sorties du portrait scolaire.

Le gars de l’autre bord du miroir a peut-être raison. Ce n’est pas parce que le gouvernement va faire des changements au système scolaire que ça n'en demeure pas moins une tactique de diversion. Probablement coûteuse et surtout diviseuse, mais une diversion tout de même. Dividum et conqueram, aurait dit Coluche, et multiplicatem les profitums des consultantems.

Bonne semaine quand même.

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