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Le Quartier Français
Mise à jour le vendredi 14 mars 2008
Il n’y a pas longtemps, j’ai célébré l’anniversaire de ma première année complète à Shanghai. Je n’ai rien fait pour marquer l’évènement car je ne suis pas certain de la date exacte à laquelle je suis arrivé ici et à vrai dire, je n’aurais probablement pas eu le temps de célébrer. Je pense m’être assez bien adapté puisque j’ai maintenant un chat, des amis chinois et étrangers, un wok et surtout un nouvel appartement à cinq minutes de mon université. Je demeurais jusqu’à tout récemment dans les banlieues éloignées de Shanghai et je dois dire que la ville est beaucoup plus amusante au centre-ville.

Je vis maintenant sur la frontière de l’ancienne concession française. Le centre-ville est tout de même assez calme pour une ville d’entre 15 et 20 millions d’habitants - les chiffres sont imprécis! - il n’y a personne qui rentre chez-eux à trois heures du matin en criant.

L’architecture chinoise a gardé certaines de ses anciennes caractéristiques. Ainsi beaucoup d’appartements de la ville se retrouvent dans ce qui se traduit « petite communauté », il s’agit d’un groupe de bâtiments entouré d’un mur ou d’une clôture. Les anciennes maisons chinoises étaient elles aussi entourées de longs murs protecteurs à l’intérieur desquels l’on retrouvait des jardins et la demeure de ses habitants. Ce design fait en sorte que la plupart des résidences ne font pas directement face aux grandes artères commerciales. Les espaces ouverts à l’intérieur de la cour permettent aussi aux personnes âgés de faire de l’exercice le matin et crée d’après moi une ambiance chaleureuse qui rend la vie beaucoup plus agréable dans cette mégapole.

Un autre aspect intéressant de mon déménagement est que je viens de m’insérer dans un nouveau quartier. Cette découverte m’a d’abord pris par surprise car je ne croyais pas retrouver un esprit de communauté au centre-ville, j’en suis tout à fait enchanté. Il est absolument plaisant de découvrir les nouveaux restaurants qui m’entourent. Il y a les quelques restaurants de nouilles Guilin qui vendent des bols de soupes aux nouilles de riz à un dollar et le restaurant style Shanghai qui vend des plats multiculturels sans jamais perdre la touche chinoise. Il y a le fast-food où les hommes seuls viennent se rassasier à toutes les heures de la journée et la « nouillerie» entourée de boutiques où les mêmes clients se rencontrent à chaque matin. Il y a aussi les restaurants japonais à deux coins de rues de chez moi qui offrent des plats exquis aux hommes d’affaires japonais qui vivent dans les gratte-ciel voisins.

Mon quartier est aussi attrayant en ce qu’il est habité par un bon mélange de pauvres et de riches, d’étrangers et de Chinois. L’université fait en sorte que beaucoup d’étudiants vivent dans le coin. Il y a les hommes et les femmes d’affaires qui sont attirés par les tours à bureaux et la position centrale du quartier. Il y a les vieilles personnes retirées qui auraient obtenu leurs maisons au temps où les entreprises d’états s’occupaient de loger leurs employés. Beaucoup de ces employés ont ensuite pût acheter leurs appartements à bas prix à la suite de la privatisation complète ou partielle des ces entreprises. Il y a, aussi, pas loin de chez-moi, les vielles villas du quartier français, occupées par les habitants les plus riches de la ville, ainsi que les immeubles un peu plus âgés qui fait en sorte que beaucoup de jeunes professionnels peuvent aussi s’y établir.

À deux minutes de chez moi je peux m’acheter certains des meilleurs films de l’histoire du cinéma pour moins d’un dollar. Des copies piratées d’un peu n’importe quoi se retrouvent dans ces magasins semi légaux qui font la joie des consommateurs. En face du magasin de films, il y a le disquaire qui vend des albums pop taïwanais et des films de porno japonaise dans un grand sous-sol mal illuminé. Juste à côté, il y a un grand magasin qui vient tout juste d’ouvrir, on peut y trouver des médecines traditionnelles chinoises, du thé, des pattes de poulets et d’autres choses que je n’arrive souvent pas à identifier. En montant au sixième étage, l’on se retrouve dans un grand café Internet rempli de jeunes chinois qui passent leurs soirées à jouer des jeux sur Internet en fumant des cigarettes. Dans la salle adjacente, les arcades déversent un jeu de couleurs sur les murs tandis que les sonnettes électroniques nous envahissent l’ouïe.

Si je redescends, je peux me rediriger vers l’une des stations de métro les plus achalandée de la ville. Ses douze sorties mènent presque toutes vers un centre d’achat, chacun ayant sa particularité. Il y a le magasin des riches qui vend des t-shirts à 30 dollars et des sacoches Versace au lobby. En face, dans un grand immeuble de verre sphérique, on peut trouver de très bons restaurants et un Burger King. Je suis un grand fan des deux centres d’achats qui se spécialisent en électronique. L’intérieur de ces grosses structures imposantes ne contient pas de magasins comme tels, elles sont plutôt occupées par des centaines de petites boutiques de matériel électronique, chacune tenues par deux ou trois vendeurs armé de calculatrice.

J’ai maintenant l’impression de vivre dans un pays développé. Les autobus que je prends presque chaque jour sont équipés de télévisions qui montrent des reportages au sujet des discours qui ont été fait durant la journée. De ma fenêtre de chambre, j’aperçois quatre tours à appartements et à bureaux. Il commence à faire chaud et le smog matinal me rappelle que je suis en Chine. En sortant de chez moi chaque matin, je croise des centaines de cyclistes qui s’en vont travailler, je traverse la rue, je bois un café et je me mets à étudier.

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