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La politique d’image
Mise à jour le mardi 11 mars 2008
Présentement, je suis en train de regarder la meilleure série de télé-réalité au monde. Et quand je dis au monde, c’est parce que le monde entier regarde la même chose que moi. La beauté de cette série est qu’elle ne se limite pas seulement à un poste de télévision et à une heure précise. Elle est sur toutes les chaînes, dans tous les journaux, les radios, les sites Internet, c’est la série de l’heure. Cette semaine je parle des élections américaines.
Une chose qui me plait de cette série est que c’est exactement le même principe que la seule émission de télé-réalité que je regarde, Survivor. Si on regarde les deux de près, il y a beaucoup de similarités. Deux tribus, les Républicains et les Démocrates, sont lâchées dans la jungle, les États-Unis, et depuis que je suis ces élections je crois qu’Axel Rose avait raison en écrivant la chanson Welcome to the jungle. Les participants doivent former des alliances et plaider leur cause au reste de la tribu pour justifier le fait de rester dans la course jusqu’au dernier tribal council où le gagnant est déterminé.
Je trouve fascinant de voir comment fragile la campagne électorale d’un candidat peut être. Ils peuvent perdre des votes pour des raisons tellement niaiseuses et insignifiantes, mais je pense que ça reflète aussi le fait qu’il y ait beaucoup d’électeurs niaiseux et insignifiants. Tous les mots, les gestes, la façon dont ils s’habillent, la couleur de leur chien, les relevés bancaires du médecin qui leur a donné la claque sur les fesses le jour de leur naissance, bref tous les aspects de leur vie sont scrutés à la loupe. Et tous ces détails sont mis entre les mains de professionnels des relations publiques qui mettent un beau spin sur cette information et la serve bien cuite avec un peu de sel, et un soupçon de sauce piquante, aux médias qui se font un plaisir fou à en débattre pendant les trois prochains jours.
Par exemple, lorsqu’une madame du New Hampshire a demandé à Hillary Clinton comment elle se sentait et ça l’a fait pleurer. Pendant toute la semaine suivante on entendait juste parler du fait qu’Hillary avait finalement un côté humain. Est-ce que le fait qu’elle ait la capacité d’émettre de l’eau salée fait d’elle une meilleure candidate à la présidence? Je ne pense pas, mais cela à fait pencher la balance en sa faveur chez certains électeurs. Barack Obama fait de très beaux discours. Il est éloquent, inspirant et véhicule un beau message et les gens le comparent même à John F. Kennedy. Par contre, lorsqu’il est en débat, il sonne comme un gars saoul qui compte ses sous à haute voix pour payer sa dernière bière. La même chose va pour John McCain. Lors de ses discours, il sonne comme un grand-père qui raconte une histoire à ses petits enfants. Il est tellement cute que j’ai le goût de le plier en deux et le mettre dans ma poche. De cette façon, lorsque je me sentirai comme Hillary au New Hampshire, j’aurais toujours un petit John McCain pour me consoler. Mais lorsqu’il est confronté à des idées qui va contre les siennes, le grand-père se transforme vite en George W. Bush qui aurait eu une transplantation de cerveau.
Je parle des élections parce que la journée où le parti Libéral va peut-être envisager de penser à évaluer la possibilité de peut-être trouver un moment opportun pour renverser le gouvernement, nous allons être en élection. Et je trouve important de comprendre qu’il y a vraiment seulement deux qualités que les politiciens doivent avoir pour être un bon dirigeant. Ce n’est pas la façon dont il ou elle s’exprime en français ou en anglais ou les promesses qu’ils vont finir pas ne pas tenir, mais bien leur capacité d’analyser les enjeux et de prendre la bonne décision pour l’intérêt du pays et de ces citoyens.
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