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Schnike
Mise à jour le vendredi 08 février 2008
Qu’avez-vous mangé ce mercredi pour souper ? Je parie qu’une bonne partie d’entre vous avez bien du mal à s’en rappeler ou si vous vous en souvenez, vous pouvez m’assurer que ce n’était pas du poisson. Pourtant moi, sans même aller à la messe tous les dimanches, j’ai mangé des samosas végétariens au midi et du poisson au souper. Comme une habitude, comme un geste que l’on pose sans se poser de questions. Dans ma tête, Mercredi des Cendres et poisson sont inséparables. Un héritage familial de catholique-irlandais-pratiquant...
Or, en soirée de mercredi, voulant faire valoir mes mérites auprès de mes parents – oui, vous savez que je leur parle à tous les jours, même si cela fait 12 ans que j’ai quitté le nid familial – je dis fièrement à ma mère que j’ai mangé mon poisson pour souper. “Oh, me dit-elle un peu surprise, j’ai oublié que c’était maigre et jeûne aujourd’hui ma fille”. QUOI ? Ça c’est moi... qui est stupéfaite au plus haut point... “Pendant des dizaines d’années vous nous avez fait mangé du poisson et là vous avez oublié !!! Passe-moi P’pa, je veux le traiter de schnike...” Mon père prend la ligne : “Dad, you’re such a schnike”. -“Who me?” –“Yes, you!!! You had meatballs for supper et c’est maigre et jeûne aujourd’hui P’pa !” -“Olé shit, ta mère m’a pas fait penser à ça pantoute”. “Bon, go ahead, blâme ma mère” ! Et au loin j’entends ma mère qui dit: “Ça vaut la peine d’aller à la messe tous les dimanches mon mari” !!! Et tous les trois éclatons de rire !
“Shnike” c’est le terme utilisé par mon père lorsque – rendue à l’adolescence- nous avons décidé de ne plus aller à la messe tous les dimanches. Je ne sais pas si quelqu’un sur cette terre connaît la vrai définition de ce mot (anglais) mais la minuscule petite chose que j’ai pu trouver au de ce mot faisait référence à toutes discussions relatives à Dieu. Bon, ça ne m’aide pas nécessairement mais...
Et tant qu’à faire dans le religieux, je trouve une chose vraiment stupéfiante par rapport à la religion et nos habitudes de vie. On dirait qu’en français la seule référence que bien des gens ont, dans la vie de tous les jours, ce sont les fameux jurons comme “tabarnac, chrisse, etc.” Et aussi étrangement, les latinos ne se gênent pas pour nommer leur enfant “Jesus” (prononcé Hrhézousse) ou encore les musulmans qui nomment les leurs “Mohammed” mais rien de tel en français. Quelle serait notre réaction si on rencontrait une personne qui s’appellelait “Jésus LeBlanc” ?!! Bon début de carême, pour ceux qui ont encore le courage de leur conviction !
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