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Littérature et hockey
Mise à jour le vendredi 29 février 2008
Plus je vis à l’extérieur du pays, plus je me vois faire des choses que je ne ferais jamais au Canada. Je viens tout juste de gaspiller mon après-midi à lire des articles sur le hockey. Je n’ai pas regardé un match de hockey en près de deux ans. En fait, je n’ai pas suivi une saison d’aussi près depuis 1994, la dernière fois que les Canadiens de Montréal avaient gagné la coupe. J’avais huit ans à l’époque et je pense que lire des histoires de hockey me ramène plus près de la maison dans le salon de mon enfance, avec mes parents, ma couverture, mes petites voitures en plastiques et ma partie de hockey.

Je ne suis pas un grand amateur de sport, en fait, j’ai l’impression que si j’étais au Canada je ne suivrais pas le hockey de si près. Peut-être qu’une fois revenu, épris d’une certaine nostalgie pour la Chine, je deviendrais lecteur assidu des chroniques chinoises de ping-pong. Mais j’ai l’impression que je ne pourrais jamais être aussi fasciné par le ping-pong ou la plongée que je le suis pour le hockey. Il faut bien dire que ce n’est pas le hockey comme tel qui me fascine, c’est plutôt la tragédie humaine du sport et de la compétition, que j’apprécie. Il y quelque chose de primitif dans mon nouvel amour pour le hockey ! Mais le sport c’est aussi la politique, l’économie, et les intrigues : c’est toute notre société sur une patinoire.

Je pense que c’est la même histoire pour les Européens et le soccer. Les Américains ont le football, le basket-ball et le baseball. Les Indiens sont des fans de cricket, jeu incompréhensible ! Les Sud-africains aiment le rugby et mes amis Kazakhs me laissaient entendre que la lutte (olympique je pense) et la boxe sont très populaires chez-eux. Les Chinois eux, n’ont pas vraiment de grand sport rassembleur. Peut-être, parce qu’il est difficile de rester assis à la maison un vendredi soir à boire de la bière et regarder de la gymnastique.

Les Chinois ne sont habituellement pas très bons aux sports d’équipes. Certains disent que c’est parce qu’ils sont trop compétitifs, qu’ils n’ont pas l’esprit axé vers la coopération. Je ne suis pas d’accord, je pense que si les sports d’équipes ne sont pas la force des équipes nationales de Chine, c’est au moins en partie parce qu’il n’existe pas de programme de sports extra-muraux comme il existe partout au Canada. Il y a aussi un grand manque d’infrastructures sportives, il n’y a tout simplement pas assez de place en Chine pour avoir un terrain de soccer ou de baseball au milieu de chaque village.

Pourtant, plusieurs analystes s’entendent pour dire que la Chine et les États-Unis seront les deux pays qui gagneront le plus de médailles aux Jeux Olympiques de Beijing. Les Chinois s’attendent de récolter une grande majorité de leurs médailles dans des sports comme le ping-pong, la gymnastique, la plongée et l’haltérophilie. Les Chinois dominent ces sports extrêmement techniques qui demandent presque autant de concentration que d’habiletés physiques. La Chine s’attend aussi à ce que ses équipes féminines de volley-ball et de soccer performe très bien.

Le sport ne fait pas partie du style de vie de la plupart des Chinois. Je pense qu’il est assez difficile d’être excité à l’idée d’aller jouer une partie de basket-ball après avoir travailler douze heures dans une usine. Les Chinois sont trop occupés à développer leur économie, à un taux de 10 % par année pour s’entraîner. Le sport est donc réservé à ceux et celles qui sont à la retraite. Les parcs de Shanghai sont envahis par des centaines de retraités qui se réveillent tôt chaque matin pour faire du Tai Chi, du Kong Fu et d’autres exercices qui ferais le bonheur de n’importe quel gérontologue. La grande majorité des Chinois préfèrent de loin s’assoir à une table pour manger, boire et fumer, à sortir faire du jogging ou aller nager. De ce côté là, les Chinois ressemblent beaucoup aux Canadiens.

Bien que le sport ne soit pas un passe-temps très populaire en Chine, le pays a un système très avancé de développement des athlètes de pointe. Ce système est l’un des rares monuments restant de l’ère communiste. Les jeunes au futur prometteur sont, dès un très jeune âge, amené à s’entrainer dans des écoles spéciales où leurs vies entières sont contrôlées par l’impératif de la performance sportive. Je ne voudrais pas être le produit d’un tel système, mais ce système a fait ses preuves et plusieurs des athlètes Chinois sont maintenant parmi les meilleurs athlètes au monde.

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