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« La francophonie canadienne est la pire ennemie du français et du Québec »
Mise à jour le mardi 19 février 2008
Quand il y a une « tempête » d’ordre social au Québec, j’aime beaucoup lire les commentaires dans les forums publics ou les lettres écrites aux divers journaux par le commun des mortels. Deux lettres seront à la base de ma chronique de cette semaine.

Voici ma préférée. Une lettre de Georges Primeau de Terrebonne au sujet des commentaires Victor-Lévy Beaulieu suite aux déclarations de Pauline Marois sur l’apprentissage de l’anglais dans les écoles au Québec : « Tout comme Astérix se bat continuellement pour garder cloisonné son village sans nom, Victor-Lévy Beaulieu veut isoler le Québec du reste du monde. Et sa potion magique, c’est la langue !

Ce qui est inquiétant, c’est que notre héros local semble complètement déconnecté de la réalité moderne. Dans quelques années, le continent américain comptera 1,4 milliard de personnes parlant anglais, espagnol, ou les deux. Pourtant, notre Astérix et ses acolytes veulent que le Québec, avec ses 7,8 millions d’habitants, résiste encore et toujours à l’envahisseur en s’isolant dans une bulle linguistique ? »

Tout comme il l’était lors de ma dernière chronique, le Québec est à nouveau plongé dans une crise linguistique, cette fois sur la question du bilinguisme, et, comme l’illustre le commentaire qui sert de titre à cette chronique, ce sont tous les francophones à l’extérieur du Québec qui en écopent.

Le commentaire est tiré d’une lettre publiée dans l’Actualité du mois de février. Dans sa lettre totalement incohérente, l’auteur, Jean-Pierre Latour, tente de commenter le rayonnement du français.

Voici la lettre de M. Latour en entier :

« La francophonie canadienne est la pire ennemie du français et du Québec. Le soi-disant français de la common law inventé à Moncton est une chambre à gaz de la langue française C’est le chiac devenu loi.

C’était pour la coutume française que Riel se battait, contre l’introduction de la common law au Manitoba. Démasquons ce génocide caché qu’est la rédaction française des lois fédérales, destinée à détruire le Code civil et la Charte québécoise et à faire de nous autres cadavres encore chauds, des dead ducks de la common law en chiac… »

Quoique je ne saisisse pas complètement le lien que M. Latour tente de faire en ce qui concerne la pratique ou l’enseignement de la common law en français (qui a, effectivement, ses origines à Moncton), mais le commentaire vient rejoindre ceux de plusieurs sur l’état du français à l’extérieur du Québec.

Je suis certain que je n’apprends rien aux lecteurs de cette chronique, mais l’enseignement de la common law en français n’est nullement une preuve de colonisation, mais une simple ouverture vers un monde qui existe au-delà des frontières de la belle province. La common law est en vigueur au Royaume-Uni (sauf en Écosse où le droit est mixte car influencé par le modèle latin), en Irlande, au Canada (sauf au Québec, qui utilise un droit mixte), aux États-Unis (sauf en Louisiane, Californie et Porto Rico) et d’une façon générale dans les pays du Commonwealth. Pourquoi ne pas permettre aux francophones qui veulent pratiquer dans ces juridictions d’étudier dans leur langue ?

Dans une autre lettre, publiée dans La Presse, un lecteur tente de marteler son point contre le bilinguisme en citant une fausse statistique au sujet du taux « élevé » d’assimilation des francophones au Nouveau-Brunswick. Pourtant, le Nouveau-Brunswick est la seule province où la minorité francophone est parvenue à faire baisser son taux d’assimilation (1).

Des commentaires comme ceux-là illustrent parfaitement la mentalité « Astérix » de plusieurs. En voulant « protéger » ou « conserver » la langue et la culture au Québec, on s’enfonce la tête dans le sable.

Il n’y a personne qui propose que le Québec devienne un état bilingue, mais simplement que les gens se dotent d’une bonne connaissance de l’anglais. Il faut admettre que, dans la société moderne, il est essentiel de connaître l’anglais si on veut aspirer à mieux connaître le monde dans le quel nous vivons.

(1) Selon une étude de Charles Castonguay, Département de mathématiques et de statistique, Université d’Ottawa.

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