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Henning Mankell et son Kurt Wallander Errances, vagabondage et rencontres insolites 80
Mise à jour le jeudi 20 novembre 2008
La lecture peut satisfaire toutes les passions et les caprices et il y aura toujours un livre dans ma bibliothèque pour correspondre à mes états d’âme. De ces temps-ci, j’ai l’âme plutôt « policière » et je suis comblée avec la lecture des enquêtes de Kurt Wallander, enquêteur au commissariat d’Ystad dans le sud de la Suède. En fait, je l’avoue tout simplement : j’ai développé une dépendance au commissaire Wallander et dès que je termine un livre dont il est le héros, il me tarde de me plonger dans un autre.
Parlons d’abord du « père » de Kurt Wallander, Henning Mankell. C’est en Suède qu’il a vu le jour mais il vit maintenant une grande partie de l’année en Mozambique. Cependant entre la Suède de son enfance et l’Afrique de sa vie adulte, il a mené une vie de bohème à Paris où il survivait en réparant des clarinettes… puis c’est par le théâtre qu’il est entré en littérature. D’abord en Suède où il a écrit et mis en scène ses propres pièces, puis en Mozambique où il dirige la seule troupe de théâtre professionnelle dans le pays. Au cours de sa vie d’écrivain, il a publié du théâtre, des livres pour enfants et les fameux romans policiers qui l’ont rendu célèbre. Ses livres sont maintenant traduits dans 27 langues.
Les romans de Mankell de la série Wallander décrivent la vie d’une petite ville de Scanie dans le sud de la Suède et ont comme toile de fond une multitude de problèmes sociaux auxquels est confrontée la Suède moderne : des magouilles financières et politiques à l’afflux de réfugiés économiques provenant surtout d’Europe de l’Est, le trafic de la drogue, la montée de l’extrême droite, le racisme et la prostitution. Chacun des romans est pour Mankell l’occasion de présenter le désarroi et souvent l’impuissance des policiers face à la montée de la violence. L’escalade dans les crimes commis et la cruauté parfois gratuite de ceux-ci crée une déstabilisation et un déséquilibre dans la communauté. Parmi les policiers d’Ystad, le commissaire Wallander ressort. Il n’est pas l’enquêteur typique des romans policiers et est résolument loin du type de détective à la Hercule Poirot. Wallander est un homme complexe, agité, malheureux et parfois au bord de la désespérance. Au cours des 10 romans qui constituent la série, on le voit vieillir aux prises avec la solitude et avec toute cette violence qui le déconcerte. Face à une société suédoise changeante, il semble avoir perdu ses repères et même sa vie personnelle bat de l’aile. Il a une relation confuse et douloureuse avec son père, instable avec sa fille et difficile avec les femmes. Chaque crime commis l’interpelle; il s’y consacre corps et âme et plus rien ne compte tant que l’enquête n’est pas complétée et le crime résolu.
A la différence de d’autres romans policiers où les événements et les péripéties se succèdent à chaque page, dans les romans de Mankell, le temps et le cours des choses s’écoulent lentement. Le climat changeant, les saisons aux températures extrême, la personnalité parfois affable, parfois acariâtre de Wallander et le caractère de ses collègues policiers, tout concourt à rendre les intrigues très réalistes. Mais surtout on s’attache à Wallander lui-même; on comprend sa mélancolie et ses angoisses et, à chaque nouveau livre, on a espoir qu’il trouvera enfin le bonheur…
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