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La souveraineté culturelle du Canada
Mise à jour le vendredi 14 novembre 2008
Nous avons eu une discussion intéressante dans un de mes cours de communication aujourd'hui. Nous parlions de souveraineté culturelle en relation avec la télévision, la radio et le cinéma. Le Canada est-il souverain culturellement? La question se pose puisque nous importons tellement d’émissions de télévision, de notre musique et de nos films des États-Unis. La seule exception à cette règle est le Québec, qui grâce à sa langue et sont identité particulière a réussi à créer une industrie culturelle forte.

Il existe un complexe d'infériorité chez les Canadiens et nous essayons souvent de créer des films et des émissions de télévision qui copie le style américain. Hollywood et l'industrie du film et de la télévision américaine sont tellement forts que nos petits budgets n'arrivent pas à faire compétition. Nous consommons tellement de produits culturels américains que nous ne sommes pas habitué aux autres styles de production culturelle. Nos goûts ont été conditionné par les productions américaines et nous ne sommes pas si ouvert que cela aux produits locaux. Malgré l'implantation de quotas pour assurer un minimum de contenu canadien pour la télévision et la radio, les émissions et la musique américaine forment encore une forte proportion de ce que nous écoutons et regardons. Il existe aussi un aspect économique à la question puisqu'il est beaucoup moins cher pour une compagnie de télévision d'acheter une émission de télévision préfabriquée des États-Unis que de la produire soi-même.

Au début des années 90 la télévision satellite a fait sont entrée sur le marché canadien. Au même moment, le gouvernement de Jean Chrétien instituait des compressions dans le budget de Radio-Canada et de l'ONF dans le cadre de restructurations budgétaires. Le Canada a un très haut taux de concentration des médias. Nous n'avons qu'à regarder chez-nous au Nouveau-Brunswick où Irving contrôle tous les journaux importants à l'exception de l'Acadie Nouvelle. Cette tendance est inquiétante pour la diversité et la qualité de l'information que nous recevons.

Ce qui m'inquiète est que les médias américains ne font pas que nous divertir. Ils ont aussi la capacité de remodeler nos valeurs. Les médias américains vendent le rêve américain au dépend de notre culture et de notre propre projet de société. Nous n'avons qu'à regarder le gouvernement conservateur qui semble toujours vouloir s'enligner avec les politiques américaines. Aujourd'hui encore au Téléjournal j'ai entendu dire que le Canada se retirait d'un programme de traitement des eaux des Nations-Unies. Que nous sert-il d'avoir un pays souverain si ce n'est que pour suivre les américains dans tout ce qu'ils font.

Il en va de même pour nos compagnies. Ces dernières années plusieurs des plus grosses et plus emblématiques compagnies canadiennes sont tombées aux mains d'étrangers. Tim Horton’s à été acheté par des Américains, le Canadien de Montréal est appartenu par George Gillet, un homme d'affaire Américain, Alcan à été acheté par des Australiens. Les brasseries Molson ont fusionné avec Coors et le CN est maintenant à deux tiers Américain. Nous détruisons le nord de l'Alberta pour vendre notre pétrole aux États-Unis et presque la moitié des compagnies faisant ce travail sont américaines. Ce qui est en jeu est notre pouvoir de décider ce qui se passe au Canada. Serons nous encore un pays souverain si les institutions que nous avons passé des décennies à bâtir tombent toutes aux mains d'étrangers.

Le Canada est encore un endroit où il fait bon vivre. Nous avons réussi à éviter beaucoup des problèmes qui frappent les États-Unis. Nous avons un taux de criminalité très bas, la différence entre les riches et les pauvres est moins prononcée qu'elle ne l'est aux États-Unis et notre système de santé est l'un des meilleurs au monde en ce qu’il est accessible à tous. Le Canada a beaucoup de qualité et il est certain que nous sommes chanceux de vivre ici. Mais nous vivons dans un pays qui n'a pas le sens de soi même. Le Canada vit dans un malaise perpétuel face à la menace culturelle qui existe au sud de notre frontière. Le gouvernement Harper se doit de renverser les coupures financières dans la culture et de tracer un chemin différent pour le Canada sur la scène internationale, au risque de perdre notre souveraineté culturelle.

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