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Les politiques du Multiculturalisme
Mise à jour le vendredi 31 octobre 2008
La politique du multiculturalisme fut d’abord instaurée dans les années 70 par le gouvernement Trudeau. Elle fut conçue comme une évolution de la politique du biculturalisme et du bilinguisme qui avait fait sont apparition au milieu des années 60. La politique avait pour objectif l’amélioration les relations entres les amérindiens, les nouveaux arrivants et les majorités francophone et anglophone du Canada. La politique du multiculturalisme a ses défauts. Elle était vue comme une intrusion sur la nation québécoise puisqu’elle lui « reniait » son statut privilégié comme l’une des deux nations fondatrices du Canada. Certains anglophones ont aussi critiqué la politique du multiculturalisme en disant que certaines cultures ne peuvent tout simplement pas être accommodées dans un pays comme le Canada. D’autres argumentent que la politique a comme effet la ghettoïsation des groupes culturels dans les grandes villes.
Malgré les critiques, la politique est généralement vue comme étant un succès. Le Canada est le pays ayant le plus haut taux d’immigration per capita au monde. Il n’y a pas de conflits interculturels ou interethniques comme dans certains pays européens et chez nos voisins du sud aux États-Unis. Il est vrai que le Canada a le pouvoir de sélectionner les immigrants à qui sera accordé le statut de citoyens. Nous n’avons pas non plus de problèmes d’immigration illégale ou de communauté ayant une longue histoire de conflit interethnique.
Un autre pays ayant eux une politique quelque peu similaire avec des résultats plus mitigés est l’Inde. Le sous-continent indien est, avec l’Afrique, l’un des endroits les plus diversifiés au monde. L’Inde a une diversité de religions, de langues, d’ethnies et de cultures. Le pays l’est depuis des millénaires. Ici aussi la politique du multiculturalisme est bien vivante et la démocratie indienne est sur bien des niveaux, l’une des démocraties les plus fortes et active au monde.
Le multiculturalisme indien est comme au Canada, basé sur l’idée de la sécularité. En Inde cependant, les accommodements religieux et ethniques sont beaucoup plus prononcés qu’au Canada. Il est donc possible pour les Musulmans, qui forment la plus grande minorité religieuse du pays, de suivre et d’aller en cour selon la Sharia. Afin d’accommoder les multiples groupes religieux du pays, le pouvoir est décentralisé et plusieurs États, l’équivalent de nos provinces, ont été créés en suivant les réalités linguistiques. Ces politiques qui ressemblent un peu aux nôtres, puisqu’elles mettent l’emphase sur la pluralité et l’égalité des hommes et des femmes quel que soit leur foi, leur langue ou leur bagage génétique, ont permis à l’État Indien de faire face à de nombreux défis durant son premier siècle d’existence.
Tout n’est pas rose cependant et l’Inde a aussi depuis sa création été le site de multiples affrontements entre groupes religieux et culturels. La sécession est illégale en Inde et plusieurs conflits ont explosé à la suite de demandes de certains groupes séparatistes. C’est la situation qui existe au Cachemire, le seul État à majorité Musulmane du pays, où depuis 1947 un conflit oppose l’Inde, le Pakistan et des groupes séparatistes. Un autre conflit religieux existe au Punjab, État à l’ouest de l’Inde, où des extrémistes Sikhs qui réclamaient la création d’un pays majoritairement Sikh ont fait face à l’armée indienne dans de violents combats se soldant par une bataille dans le plus grand temple Sikh du pays et le meurtre de la Première ministre Indienne, Madame Indira Gandhi, dans les années 80. Les années 90 ont vue la résurgence de groupes extrémistes Hindous qui faisaient la promotion de la réduction des privilèges accordés aux minorités. Ces demandes ont été accompagnées de violents combats entre la majorité Hindou et les minorités du pays, notamment dans l’État du Gujarat, où des groupes de femmes Hindous menèrent des attaques sauvages contre la communauté musulmane de la province, faisant des milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés.
Ces conflits dans ce pays lointain, souvent vu comme exotique, n’a d’écho chez-nous que dans les grands titres des journaux et des nouvelles. J’ai pourtant l’impression que nous devrions porter une plus grande attention à ces événements puisqu’ils peuvent nous servir d’avertissement sur les excès du multiculturalisme. Le problème en Inde a souvent été créé par des politiciens essayant de gagner des votes en utilisant les divisions préexistantes de la société. Par exemple, les politiciens musulmans disant « voter pour moi si vous êtes Musulmans », etc. Ces politiciens une fois élus furent ensuite tentés de créer des politiques favorables aux minorités.
Les politiciens devraient faire attention de ne pas jouer sur les peurs et les différences qui existent dans nos sociétés. Ceux et celles qui exploitent ces peurs ne sont pas responsables et ce jeu peut avoir de très graves résultats. Il est énervant de voir la politique aux États-Unis descendre à un niveau où la couleur de la peau de Barack Obama est devenue un enjeu pour une minorité d’électeurs, heureusement il me semble, ce facteur est loin d’être l’un des plus importants de la campagne. Le Canada n’est pas à l’abri de telles politiques. Certains partis, tel l’ancien parti COR au Nouveau-Brunswick, l’ancien Reform Party et parfois même le mouvement indépendantiste au Québec, ont essayé d’utiliser nos peurs et notre incompréhension des autres cultures à leur avantage. Ces politiques sont préoccupantes et ne doivent pas êtres acceptées.
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