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Les oubliés du débat électoral
Mise à jour le vendredi 03 octobre 2008
Un des plaisirs de la vie à Montréal est d’avoir accès à toute une gamme de produits et d’évènements culturels. La ville a souvent l’air terne et monotone, mais sous le couvercle des vielles bâtisses et des routes aux milles nids de poules se cachent de petits trésors culturels. Souvent, il ne faut même pas chercher. Je suis sorti prendre une marche l’autre jour, ne pouvant plus lire un mot de mes livres d’écoles qui ne veulent jamais me quitter. Marchant un peu n’importe où, j’ai finalement atterri à la Ciné-Robothèque de l’Office National du Film. Pour trois dollars, n’importe qui peut rentrer et avoir accès à une grande partie de la collection de films de l’ONF, de vrais petits trésors cachés.

J’ai trouvé deux films qui m’intéressaient. Un film dont je ne me souviens plus le nom qui racontait l’histoire de deux jeunes sans-abris Québécois vivant à Vancouver, et « Le Peuple Invisible », le dernier film de Richard Desjardins qui raconte l’histoire des Algonquins du Québec. Ces derniers, comme la plupart des autochtones du Canada ont une histoire méconnue et tragique, les Blancs s’étant lentement approprié leurs territoires par la force et la ruse. Encore aujourd’hui, des Algonquins vivent dans des territoires qu’ils ont occupés depuis toujours, sans aucun droit sur ces terres. Ils vivent là sans eau courante, sans électricité, sans aucuns services du gouvernement. Leur culture à été effacée et leur mode de vie rendue impossible par la venue des bucherons, agriculteurs et autres acteurs de la colonisation du Canada.

L’histoire des Autochtones est la plus grande honte du Canada, surtout que les Autochtones continuent encore aujourd’hui d’être la cible de discrimination. Leur immense territoire ayant été approprié par des particuliers et le gouvernement, les Autochtones se sont fait relégué dans des réserves ne contenant aucune ressource qui leur auraient permis de développer leur économie. Incapable de vivre de façon traditionnelle et mal équipé pour s’adapter au Canada moderne, ils devinrent effectivement dépendants du gouvernement canadien et des payeurs de taxes. C’est ainsi qu’ils forment maintenant le groupe de Canadiens le plus pauvre, vivant dans des conditions semblables à celles d’un pays du tiers-monde.

Les Autochtones qui résident encore sur des réserves ont maintenant le choix de rester sur la réserve dans un environnement où on leurs accordent certains droits et où leur culture est majoritaire. Une autre option est de partir et essayer de s’intégrer dans d’autres communautés et risquer l’assimilation. Ceux et celles qui décident de rester doivent faire face à des communautés ravagées par l’alcoolisme et la pauvreté. Les réserves sont souvent isolées dans le Grand Nord, aussi loin, les jeunes ne peuvent sortir voir autre chose. Et, de plus, le taux de suicide chez les Autochtones est onze fois plus élevé que pour le reste des Canadiens.

Les Nations-Unies et plusieurs autres organismes internationaux ont à maintes fois critiqué le gouvernement, mais le Canada reste inactif face à ce qui est une injustice inadmissible dans un pays soi disant développé comme le Canada. Encore une fois pendant cette élection, alors que les Canadiens sont confrontés sur l’avenir du pays, la question des Autochtones est mise de côté, balayée en dessous du tapis.

Pourtant, le gouvernement Harper a fait reculer à deux reprises les droits des Autochtones durant leur courte présence au Parlement. Le gouvernement de Monsieur Harper a refusé de ratifier la Charte des Droits des Autochtones des Nations-Unies alors que les gouvernements canadiens précédents avaient pendant vingt ans participé à sa rédaction. Pire encore, le gouvernement de Monsieur Harper a refusé d’appliquer l’Accord de Kelowna, un plan d’une valeur de 5.1 milliards de dollars, résultat de négociations avec le gouvernement Libéral de Paul Martin. Cet Accord avait pour but l’amélioration des conditions de vie des Autochtones canadiens. L’argent aurait été investit pour l’éducation, le logement, l’éradication de la pauvreté et la qualité de l’eau. Les groupes Autochtones avec les Métis et les Inuits ne forment que 2 % de la population canadienne, pas assez pour faire basculer l’élection dans une direction ou l’autre. Mais je suis de l’opinion que le reste de la population devrait se mobiliser pour faire pression sur le prochain gouvernement, peu importe qui le forme, pour qu’il rectifie la situation. Il est inacceptable qu’un groupe de Canadiens vive dans des conditions de pauvreté similaire à celles que l’on retrouve dans certains des pays les plus pauvres au monde. Surtout lorsque les terres que nous occupons maintenant devraient de justice leur revenir.

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