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Élections fédérales : bilan et suite
Mise à jour le mardi 21 octobre 2008
Voilà. C’est fait. Mardi dernier, quelques Canadiens se sont exprimés aux suffrages et on s’est réveillé le lendemain matin avec un autre gouvernement conservateur minoritaire. Je dis bien « quelques Canadiens », car le taux de participation au suffrage a atteint son niveau le plus faible de l’histoire.

Certains diront que les électeurs en ont assez des élections tous les deux ans et que c’est une dépense inutile de 290 millions de dollars. À mon avis, par contre, le fait de pouvoir exercer son vote n’a pas de prix.

Voici quelques impressions rapides des résultats ainsi que quelques questions :
• Le pari « ABC » (Anything But Conservative) de Danny Williams a été un « succès » dans sa province. Est-ce un succès de se mettre à dos le parti au pouvoir de cette façon? On verra bien…
• Mes compatriotes au Nouveau-Brunswick ont pris un virage bleu, ce qui a annulé les efforts de M. Williams en Atlantique. Bernard Lord a-t-il encore autant d’influence dans sa province? Est-ce que ce dernier sera, un jour, le successeur de Stephen Harper?
• Les Conservateurs n’ont aucunement souffert au Québec malgré le tollé soulevé par les coupures dans la culture. Il faut préciser qu’ils n’ont pas fait de gains non plus, mais le fait d’avoir donné un autre mandat à Josée Verner et à Maxime Bernier en dit long. On jappe fort, mais…
• On continuera de dire que c’est au Québec que Harper a perdu sa majorité, mais je suis de l’avis qu’il l’a perdue en Ontario. Si les Conservateurs avaient pu bénéficier des lourdes pertes libérales en Ontario (ce sont les néo-démocrates qui ont volé ces sièges), le Canada serait un différent pays aujourd’hui.
• Le NPD gagne un siège en Alberta! Hein? À part ça, aucune surprise dans les Prairies et en Alberta.
• En Colombie-Britannique, une autre perte pour les Libéraux a fait en sorte que les Conservateurs et les Néo-démocrates ont fait des gains.

Ça, c’est le portrait national après le scrutin de la semaine dernière. Évidemment, il y a maintenant de nombreuses questions qui se posent. Au lendemain des élections, la seule question pour laquelle tout le monde semblait avoir une réponse est la question de l’avenir politique de Stéphane Dion. C’était le consensus : il doit s’en aller.

En constatant la cuisante défaite lors de la soirée électorale, j’étais du même avis. Il est difficile de concevoir que le chef d’un parti qui perd plus d’un million de votes puisse rester en poste. En prenant un peu de recul et en lisant quelques analyses et en discutant avec mes amis, je me suis un peu ravisé.

Sur son blogue, le chroniqueur politique de la revue Maclean’s, Paul Wells, nous présente les raisons pour lesquelles il est une mauvaise idée de mettre Dion à la porte. Ce sont de bons arguments. L’exercice serait coûteux, tant sur le plan financier que politique. Dion est un symptôme, mais il n’est pas la racine du problème.

Stéphane Dion a annoncé hier qu’il ne sera plus le chef du Parti libéral après la convention prévue pour le printemps prochain. Nous sommes maintenant témoins de ce qui pourrait être une période charnière pour le Parti libéral du Canada. Il devait partir, malgré le fait qu’il ne doit pas être le seul à assumer cette cuisante défaite. Il restera en poste pour guider la transition et d’assurer ;a direction jusqu’au choix d’un nouveau chef. Si, par contre, les dirigeants du parti sont de l’avis qu’un nouveau chef soit la seule chose dont ils ont besoin pour revenir en force, ils vont se planter encore aux prochaines élections.

Le parti a des problèmes fondamentaux qui ne peuvent être ignorés. Il est complètement incapable de réunir des fonds et la plateforme du parti n’a pas de vision globale. De plus, le parti est essentiellement inexistant à l’ouest de l’Ontario et il a de gros problèmes dans la région de Québec à l’extérieur de Montréal.

Ce sont des questions importantes qui devront être étudiées à fond par le nouveau chef.

Est-ce que ce sera M. McKenna?

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