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L’Amérique
Mise à jour le lundi 20 octobre 2008
J’ai passé la fin de semaine de l’Action de grâce aux États-Unis, dans l’État du Michigan. Je suis fasciné par les États-Unis et cela depuis que je suis allé en Chine il y a maintenant plus de deux ans. Les Chinois, les Canadiens, toute l’humanité, regarde les États-Unis pour s’orienter dans le monde. Le pays est à la fois sauveur et monstre, il représente la liberté, la guerre, la richesse, le succès, tout et rien pour chacun et chacune d’entre nous. Il existe tellement de mythes et d’histoires sur les États-Unis. Toute notre culture moderne, des cowboys en passant par le jazz et les hippies viennent des États-Unis, sans parler de la télévision, des films, de la musique et des livres qui sont au Canada presque majoritairement américain, surtout chez les anglophones.

Pourtant, j’ai l’impression de ne rien connaître au sujet des États-Unis. Lorsque les gens me posaient des questions en Chine, mon expertise des États-Unis était limitée à ce que je connaissais d’un court périple à New-York lors de ma jeunesse et à ce que j’ai lu et vu dans les médias. Je me sentais un peu comme la « gossip » du village qui potinait sur le voisin d’à côté que je ne connaissais qu’à peine. C’est pourquoi j’étais heureux de pouvoir passer la fin de semaine dans une ville d’à peu près la même grosseur que Moncton pour pouvoir observer la vie normale des vrais Américains.

Je pense que les Américains sont beaucoup comme nous, mais en plus gros. Ils conduisent beaucoup mais leurs voitures sont plus grosses, ils achètent beaucoup mais ils achètent en format géant, ils font de l’argent mais ils en font plus. En me promenant un peu, j’ai trouvé que tout était familier mais qu’il existait de petites différences. Il n’y avait pas de hockey à la télévision un samedi soir. Pas de télévision française, mais toujours au moins un poste en espagnol et un autre poste qui changeait toujours de langue - quelque chose de communautaire sûrement.

En fait les Américains sont comme les Canadiens, mais en plus poussé. Comme si l’on avait pris des portions du Canada et qu’on les avait exagérées en laissant d’autres morceaux de côté. C’est en partie ce qui m’attire tellement des États-Unis, je me retrouve dans cette culture. Et non seulement puis-je trouver des morceaux de chez-nous, mais je vois aussi la racine de ces habitudes que nous avons et qui peuvent nous sembler anodines. J’étais jeune et j’écoutais des parties de football à la télé, mais un dimanche en Amérique il n’y a que du football à la télé. Dans la ville, tout le monde va voir l’équipe de l’université jouer au stade. On se déguise, se maquille, ont boit de la bière avec les copains et on fait un BBQ dans les cours arrières.

La culture américaine se complète en elle-même. Elle n’a pas besoin d’ajouts de l’extérieur, elle est belle, elle est ronde, elle se contient à elle seule. Et c’est probablement pourquoi les Américains exportent beaucoup de produits culturels, mais n’en importe que très peu, ils en produisent tellement. Tandis que nous, nous sommes en partie Français, en partie Anglais, en partie Américains, en partie Québécois (une petite partie). Avec des traces d’Irlandais, d’Écossais, d’Amérindiens et de quelque chose d’autre qui est Canadien. Mais avec tout cela, être Acadien devient mêlant. S’il manque un morceau ça ne va plus et c’est comme si on devenait quelque chose d’autre. C’est peut-être pourquoi la communauté acadienne perd des forces dès que l’on sort des provinces maritimes. Il existe pourtant un grand nombre d’Acadiens qui vivent à l’extérieur, et ils sont capables de dynamisme comme nous l’a montré le tintamarre de Québec cet été. Il manque une étincelle, comme si l’Acadie ne se vivait que complètement, dès que l’Acadien sort de chez lui.

À vrai dire, je ne connais pas les États-Unis tant que ça. Je n’ai pas non plus vue la vraie Amérique puisque mes yeux ne faisait que voir se que je voulais voir. Voyager est souvent comme cela, il faut du temps pour s’habituer à voir un nouvel endroit. Mais, il est bon de savoir qu’il existe un endroit à moins d’une heure de chez moi qui est tout aussi excitant que la Chine ou l’Afrique puisqu’aussi étranger et exotique.

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