Mode : Invité | Entrée des membres
Abonnez-vous
 
Le retour au bercail
Mise à jour le mardi 08 janvier 2008
Chaque année, moi et ma petite famille retournons au bercail pour passer la période des fêtes avec ceux que l’on aime le plus. Nous faisons la même chose chaque été. Pour nous l’Acadie, c’est le bercail.

Cette année, j’ai particulière décrocher de mes habitudes et j’ai plus ou moins ignoré les journaux et la télé. J’ai bien aimé cette courte « pause ». Elle m’a permis de me reposer et de me forcer de mijoter l’idée d’un retour éventuel en Acadie. Pour ceux qui me connaissent bien, mon désir de retourner m’installer en Acadie est un secret de polichinelle.

Pendant toute la période des fêtes, mes pensées aboutissaient toujours sur un excellent texte de la blogueuse Julie Bélanger sur les difficultés de se trouver un bon boulot au Nouveau-Brunswick ou même, plus spécifiquement, à Moncton. C’est une réalité avec laquelle je dois composer quotidiennement.

Lorsqu’elle vivait à Ottawa, Julie est allée prendre quelques bières avec un groupe de Néo-brunswickois qui se sont installés dans la capitale et ils ont abordé la question du boulot. En voici quelques extraits qui m’ont particulièrement sauté aux yeux : « Un mec, Guillaume, explique que lorsqu’il a fini ses études à l’Université de Moncton, il avait 40 000 $ de dette et que le meilleur emploi qu’il a trouvé payait 35 000 $ alors qu’à Ottawa, il a pu facilement trouvé un emploi de plus de 50 000 $. Yan quant à lui explique qu’à Ottawa, c’est plus facile de voyager, qu’il y a des vols internationaux vers le monde et que même en ville, on peut trouver des restos et d’autres ressources ethniques très facilement. »

(Julie ajoute) Mais des loyers à plus de 1 000$, ça vous écœure pas ? Et l’impossibilité, à moins d’être Belinda Stronach, de s’acheter un condo au centre-ville ? Phil répond tout de go : ouais mais au moins ici, je peux payer mes assurances auto et si jamais j’ai des enfants, je pourrais payer la garderie. »

Phil et Guillaume ne sont que deux exemples. Il y en a des tonnes à Ottawa et aussi, comme moi et ma conjointe, à Montréal qui vivent les mêmes sentiments. Nous sommes ici, en grande partie, car nous avons des dettes étudiantes et nous avions besoin d’un bon boulot. Nous avons été très choyés et nous aimons bien notre travail. Ce qui complique encore plus les affaires. Les questions de voyages et de bons restos ne font pas partie de notre raisonnement. Il y a de très bons restaurants au Nouveau-Brunswick et de se rendre à Halifax pour prendre un avion n’est vraiment pas difficile. La question des salaires, par contre, est beaucoup plus épineuse et elle nous cause des ennuis.

Julie a aussi recueilli les propos d’une certaine « Caroline ». Cette dernière nous dit que : « …au moins ici (Ottawa), mes enfants - si j’en ai - pourront apprendre le français et l’anglais à l’école et sauront l’écrire comme il faut. Et c’est pas les universités de qualité qui manquent quand ils seront grands. »

Sans vouloir être trop méchant, Caroline est complètement dans le champ (j’essaie vraiment d’être gentil). Il n’y a aucun empêchement d’apprentissage linguistique dans la région de Moncton. Je suis issu de ce milieu et, quoique je ne sois ni Molière ni Shakespeare, je peux parler et écrire correctement… dans les deux langues.

Je parierai que Caroline est originaire du nord de la province.

Quant à Julie, elle a complètement raison de dire qu’il y a un malaise. L’exode des jeunes néo-brunswickois vers le centre et l’ouest du pays est un problème sérieux et il me semble que très peu de politiciens (au présent et au passé) prennent ce problème au sérieux.

Il y a, certes, des pistes pour des solutions. Par contre, je ne suis pas encore convaincu que la transition vers l’autosuffisance est une panacée.

Un dossier à suivre…

Stéphane LeBlanc - Chronique du mardi
Je suis un Acadien
Les ponts et les moutons
Olivier - 3 ans
L’avenir de Shédiac
Chronique tapas
Le berceau du bilinguisme
La violence et le sport : indissociables ?
Bravo Shédiac!
Bienvenue à Silicon Brunswick
« La francophonie canadienne est la pire ennemie du français et du Québec »
TOUTES LES ARCHIVES DE STÉPHANE LEBLANC
  
Alvina Levesque (Chronique du mercredi)
Carol Doucet (Chronique du lundi)
Dianne Pitre (Chronique du jeudi)
Fred Mallet (Chronique du mardi)
Hélène-Annie Lavoie (Chronique du vendredi)
Julien Chiasson (Chronique du lundi)
Julien Chiasson (Chronique du jeudi)
Michel Thériault (Chronique du jeudi)
Michel Thériault (Chronique du vendredi)
Rachel Desilets (Chronique du vendredi)
Samuel St-Pierre Thériault (Chronique du samedi)
Samuel St-Pierre Thériault (Chronique du vendredi)
Stéphane LeBlanc (Chronique du mardi)
Suzanne P. Doucet (Chronique du jeudi)

Chronique du Monde

Courriel : caroldou@nbnet.nb.ca