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Lorsque la science fiction devient réalité
Mise à jour le mardi 29 janvier 2008
Photographie : John Raoux – AP Photo
C’est sous l’effet des Sinutabs et devant une montagne de mouchoirs usagés que je vais vous parler de mon sujet de cette semaine. Comme vous l’avez sans doute deviné, j’ai le maudit rhube (rhume en congestionné) et laissez-moi vous dire que je n’ai pas l’esprit à la rigolade. C’est dans cet état de sérieusité (ben oui j’invente des mots) que je vais vous parler des RFID (radio-frequency identification chip). J’ai eu l’idée de vous parler de ce sujet après avoir lu un article très intéressant de monsieur Todd Lewan de l’Associated Press (AP).

Dans son article, Lewan dresse un portrait futuriste d’un monde où pratiquement tous les produits que nous consommons possèdent un microémetteur permettant aux corporations et aux agents du maintient de l’ordre (les polisses) de retracer le produit et par défaut le consommateur. Un monde où les « Smart Homes » vont être parsemées de ces microémetteurs pour déterminer nos habitudes de consommations quotidiennes.

Ça peut sembler un peu farfelu à prime abord, mais cette réalité se glisse peu à peu dans notre quotidien avec l’illusion de nous simplifier la vie ou de la rendre plus sécuritaire. Ça dépend bien sûr de notre volonté à divulguer de l’information à ces entités. De nos jours, on retrouve ce genre d’émetteurs dans « …des imprimantes, des clés et pneus de voiture, des bouteilles de shampoing, et sur les étiquettes du linge dans les magasins. Ils sont également dans les livres de bibliothèque et les cartes de paiement sans contact tel que Blue d’American Express et Speedpass de ExxxonMobil.» (1)

Les compagnies, qui investissent beaucoup d’argent dans cette technologie en passant, affirment que ce genre de technologie « … est très utile pour augmenter leur efficacité en matière d’approvisionnement; elle diminue les vols et assure l’authenticité du produit (ex : bouteille de Viagra). » (2)

Les critiques pensent que les possibilités pour recueillir de l’information sur vos habitudes de consommation en utilisant cette technologie deviennent de plus en plus grandes. Mark Rasch, ancien directeur de l’unité contre les cybercrimes du Département de la justice des États-Unis, croit qu’en « plaçant ces « renifleurs » dans des endroits stratégiques, les compagnies peuvent invisiblement observer les poches des gens, le contenu de leurs sacoches, valises, bagages – et possiblement leur cuisines et chambres à coucher – jour et nuit. » (3)

Toute cette information se retrouve dans des banques de données qui sont vendues et achetées par d’autres compagnies ainsi que des institutions gouvernementales. Je trouve cette invasion au nom des « études de marché » un peu dérangeante. La première fois que j’ai ressenti un certain inconfort par rapport à ce genre de récolte de données est lorsqu’une caissière m’a demandé mon code postal. Je sais que ça ne divulgue pas mon adresse, mais j’ai tout de même trouvé ça envahissant.

Le danger avec ce genre de chose, en dépit des quelques personnes qui sonnent l’alarme, est que ça devient vite une norme, presqu’une mode, dans la grande partie de nos vies qu’est la consommation. Rappelez-vous le sentiment de crainte lorsqu’on lisait des livres ou visionnait des œuvres cinématographiques de fiction où il y avait des caméras de surveillance partout. Nous vivons dans ce monde présentement et avons sacrifié une partie de notre vie privée. Jusqu’à quel point allons-nous la sacrifier ?

La question que je me pose est où mettons-nous la ligne dans le sable pour dire aux compagnies et aux instances gouvernementales qu’elles dépassent les bornes et est-ce que nous allons nous apercevoir lorsqu’il sera temps de la tracer ?

(1) http://news.yahoo.com/s/ap/20080126/ap_on_hi_te/chipping_america_iii
(2) Bis
(3) Bis

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