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Chronique de Chine Cuisine
Mise à jour le samedi 19 mai 2007
Tout d’abord, les présentations… Je m’appelle Samuel St-Pierre Thériault, je suis né à Montréal de parents acadiens. Ma mère est de Grand-Sault, tandis que mon père est natif de Caraquet. À l’âge de 3 ans, nous sommes déménagés en Afrique de l’ouest, dans un petit pays qui se nomme la Guinée. Nous sommes demeurés là-bas deux ans et lors de notre retour, nous nous sommes établis à Moncton. J’ai fait mes douze années d’école à Moncton-Dieppe d’où j’ai gradué de la Polyvalente Mathieu-Martin en 2004. J’ai depuis ce temps eu la chance de vivre au Brésil et de passer un été à travailler au Yukon. Pour les études, j’ai fait un an à Montréal et un semestre d’université à Hong Kong, pour finalement atterrir à Shanghai où j’étudie présentement le Mandarin (le Chinois) et d’où j’aurai l’honneur de vous écrire cette Chronique du Monde, à saveur chinoise.
Pour ce premier article, j’aimerais vous parler de la cuisine chinoise. La nourriture est une obsession en Chine, il y a des temps où les gens ne semblent vivre que pour manger. On peut manger n’importe où et n’importe quand et les plats ne se comptent pas par centaines, mais par milliers. Mais surtout, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le plat national de la Chine n’est pas le numéro 5 pour 2. En effet, la plupart des plats que nous connaissons chez nous comme étant d’origine chinoise, ne sont en fait, que de pauvres imitations. Les restaurants chinois en Amérique du Nord et en Europe adaptent souvent les recettes chinoises afin de les rendre plus accessibles aux goûts occidentaux. Ainsi ont été bannies de chez nous les pattes de poulets, têtes de cochons et poissons entiers que l’on retrouve un peu partout sur les tables de Chine. Changer des recettes afin de les rendre accessibles aux goûts locaux est aussi très populaire en Chine, en particulier à Hong Kong, où plusieurs restaurants offrent maintenant des plats occidentaux à la chinoise.
Pour une raison ou une autre, la plupart des Chinois expatriés proviennent de la province de Guangdong dans le sud de la Chine, près de Hong Kong. Pour cette raison, la plupart d’entres nous avons surtout été exposés à la nourriture de cette région. C’est d’ici que viennent les riz frits et le Chow Mein, plats auxquels les restaurants chinois de chez nous, nous ont habitués. La province de Guangdong est reconnue à travers le pays comme un endroit où l’on peut manger du singe, du rat, du chien, du serpent, de la tortue, etc. En fait, beaucoup de gens ne mangent pas ces animaux ou reptiles et j’ai souvent entendu des Chinois exprimer leur dégoût à l’idée de manger du chien, du serpent, du chat, du singe, etc.
Au fait, la cuisine chinoise est souvent classifiée de par les régions de sa provenance, soit en quatre ou huit différentes cuisines. L’agriculture chinoise a historiquement été divisée en deux et cette division a grandement influencée la cuisine du pays. Le nord du pays est connu pour ses produits à base de blé, tandis qu’au sud, le riz est la nourriture de subsistance. Les patates, les tomates et le blé sont arrivés en Chine vers les années 1700 ou 1800, et ils auraient contribué à faire doubler la population chinoise en 100 ans. Ces aliments ont tout de suite pris leur place dans la cuisine locale et on peut les retrouver un peu partout.
Le Nord-Est du pays est renommé pour ses nouilles et ses « Jiaozi ». Un « Jiaozi » est une boule de viande ou de légume, recouverte d’une pâte de blé, qui ressemble étrangement aux nouilles de la même région. Celles-ci sont ensuite bouillies ou frites pour enfin être dégustées accompagnées d’une sauce à base de vinaigre. La région du Nord-Est est aussi la destination de choix pour manger du canard rôti. Ce plat originaire de la capitale, Beijing, est probablement le plat le plus connu de la Chine et un voyage à Beijing sans canard rôti est sans aucun doute un voyage gaspillé.
Le Sud-Est du pays est renommé pour ses riz frits ainsi que pour ses plats sucrés. Les provinces de Hunan et de Sichuan, dans le Sud-Ouest sont renommées pour leurs plats épicés. L’extrême ouest du pays est habité par des minorités culturelles telles que les Tibétains, les musulmans de descendance Turque et les Mongols. Ceux-ci ajoutent une certaine diversité à la cuisine chinoise. On peut retrouver des restaurants de tous les styles dans la plupart des grandes villes chinoises.
La plupart des Chinois ne fréquentent pas les bars et le restaurant sert d’équivalent. Les gens se retrouvent aux restaurants les vendredis et samedis soirs pour manger, boire, discuter et tout simplement pour le plaisir de manger entre amis ou en famille. Les affaires se font aussi dans les restaurants et en tant qu’étranger, il n’est pas rare de se faire inviter au restaurant pour une jasette avec quelqu’un qui désire pratiquer son anglais. Lors de sorties en famille ou entres amis, une personne paye habituellement la note, cette personne joue le rôle d’hôte pour la soirée.
Un repas chinois est habituellement composé de plusieurs plats qui sont mis sur la table. Les convives assis autour de la table partagent les plats dans lesquels ils peuvent piger à l’aide des fameuses baguettes. La plupart des plats sont préparés avec beaucoup d’huile et bien des gens qui ne sont pas Chinois ne trouvent pas cela de leur goût.
Il est vrai que beaucoup des plats locaux, peuvent au premier regard sembler non appétissant, voir même dégueulasse. Mais un peu comme une bonne poutine râpée, il ne faut pas se fier aux apparences, il s’agit de manger avec courage. À vrai dire, la grande diversité de la cuisine chinoise, permet à tous de trouver au moins un plat qui sera à leur goût. Mais pour la plupart des gens, aussitôt arrivé en Chine, ils tombent en amour avec la nourriture.
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