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Oubliez la poste !
Mise à jour le vendredi 26 janvier 2007
Je me surprends parfois à essayer d’imaginer ce que serait un monde sans courriels, sans Internet et même sans haute-vitesse. Comment les gens faisaient-ils pour travailler efficacement sans l’usage du courriel ? Par exemple, si je vous pose la question suivante : Quel est le premier geste que vous posez en ouvrant l’ordinateur le matin au travail ? Je suis prête à parier que 75 % d’entre vous répondrez : Vérifier mes courriels ! Bien sûr, c’est un automatisme. J’irais même jusqu’à dire que c’est parfois le contenu de la boîte de courriels qui nous indique le genre de journée qui s’annonce... si la boîte est pleine de courriels urgents ; la matinée va passer vite ! Mais avant... comment les gens faisaient-ils ?
Ceux qui font dans les communications comprennent qu’un simple discours à rédiger peut donner suite à une série d’échanges de courriels, surtout lorsqu’il y a plusieurs niveaux d’approbation. Il faut parfois cinq ou six rondes d’approbation avant d’avoir le feu vert... On parle ici de deux ou trois jours de va-et-vient d’un bureau, ou un département, à un autre. Grâce aux courriels, il suffit de quelques clics pour envoyer une nouvelle version du discours, comprenant les modifications demandées par un tel, ré-acheminer à toute l’équipe, etc. En l’espace de quelques heures, le discours est prêt et a reçu l’approbation de tous les chefs de la boîte.
Si je recule dans le passé pas très lointain, disons il y a 15 ans, pas plus... il aurait fallu envoyer une télécopie (un fax), attendre que la télécopie revienne tout plein de gribouillis, attendre de recevoir les copies de chacune des personnes impliquées ; essayer de déchiffrer ces gribouillis et les inclure dans la plus récente version du document, ré-imprimer le document, ré-envoyer une télécopie incluant les dernières modifications, bref vous voyez le portrait qui est bien loin de la simple fonction « Répondre à tous » d’aujourd’hui. Maintenant, on pèse sur "send" et le tour est joué. Et si l’on recule encore plus loin que la télécopie... que faisait-on ? On envoyait ça par la poste... il fallait attendre une semaine pour la réponse ? Vous devinez juste, je suis une enfant de la génération instantanée. Et s’il y a une chose qui me chatouille ce sont les délais, les files d’attente et surtout les moyens de transport ou d’acheminement non fonctionnel ; tout ce qui n’a pas su évoluer quoi!
Au début de la semaine, je me suis rendue à un comptoir postal de Postes Canada pour envoyer une grande enveloppe à mon amie Élodie qui célèbre son 30e anniversaire de naissance. Qu’y avait-il dans ma grande enveloppe ? De belles spirales en papier métallique au bout desquelles pendait le chiffre 30 ! Ces spirales sont rétractables (pensez à un colimaçon), donc elle ne sont pas plus épaisses qu’une feuille de papier. Il y en a 5, donc mon enveloppe est de l’épaisseur de 5 feuilles de papier. Vous devinez que mon enveloppe est hyper légère ! Et bien savez-vous combien on m’a demandé à la poste pour envoyer cette foutue enveloppe ? Un beau 28 $... oui …pour une grande enveloppe mince comme tout et qui ne pèse rien ! Me voilà devant un beau dilemme puisque le paquet de spirales coûtait au total 6 $...ça allait me coûter plus de 4 fois le prix de vente des spirales pour l’envoyer par la poste. Pouvais-je accepter ça ? Non. Je ne pouvais pas laisser la Société canadienne des postes l’emporter. Laissez faire madame, je vais envoyer mon enveloppe par autobus ! Franchement…
Un scénario semblable s’est produit à l’approche des fêtes. Depuis quelques Noëls, je concocte plein de desserts pour offrir à ma belle-famille (inutile de préciser qu’ils raffolent de la douceur). N’allant pas en Acadie cette année, j’avais décidé de leur faire parvenir leur boîte de douceur par autobus. Je me suis trouvée très surprise lorsqu’on m’a fait payer 25 dollars pour envoyer ma belle boîte de la grosseur d’une boîte de papier-mouchoirs. Je trouvais que c’était exagéré, mais avais-je le choix ? J’avais passé des heures devant la cuisinière, faisant les 100 pas dans la cuisine. Après quelques jurons de stupéfaction, la boîte est partie et à mon grand plaisir est arrivée saine et sauve à destination et son contenu a été dévoré dans le temps de le dire. Ça valait la peine quoi ! Alors si j’ai bien compris : envoyer une boîte assez lourde par autobus coûte encore moins cher qu’une simple grande enveloppe légère comme l’air à faire parvenir par la poste. C’est simple, oubliez la poste !
Je n’en suis d’ailleurs pas à mes premières déceptions avec Postes Canada. Il y a environ 4 ans, durant un court séjour en Europe, j’avais été hébergée en France durant près d’une semaine chez une jeune et sympathique Canadienne. Voulant lui faire une faveur, je lui demande ce qu’elle manque du Canada dans la cuisine... elle me répond, sans broncher, de la cassonade et des boîtes de soupe aux tomates ! À mon arrivée en terre canadienne, voulant la remercier en bonne et due forme, je me dirige à l’épicerie pour aller chercher un beau gros sac de fameuse cassonade et plusieurs boîtes de soupe aux tomates. J’en fais un beau colis (assez lourd merci) et je me dirige à un comptoir de Postes Canada pour envoyer mon colis, outre mer. Je ne parviens plus à me souvenir du montant exact qu’on voulait m’extirper pour envoyer ce colis à Paris, mais c’était passé les soixante dollars... ça j’en suis certaine. En apprenant ce montant, mes yeux sont passés à un cheveu près de quitter leurs orbites ! La gentille dame me propose donc l’option "bateau". Ça prenait beaucoup plus de temps, mais ça coûtait la moitié moins cher...croyant ne courir aucun risque, j’accepte. Chose que je n’aurais jamais du faire... après quelques mois, j’ai reçu un courriel de la sympathique Canadienne, depuis Paris, qui n’avait toujours pas reçu mon colis. La poste avait perdu mon colis... vous allez me dire que ma boîte s’est mise à sauter partout et est tombée par dessus bord toute seule ! J’imagine le capitaine du bateau : "De la cassonade et des boîte de soupe à la mer" !!! On fait demi tour... !!!! Franchement...
Alors à vos crayons, à vos calculs, à vos laboratoires, à vos films de science-fiction mais de grâce, inventez-moi une façon abordable et acceptable pour faire acheminer mes futurs colis ! Je pense notamment au domaine de la télé-déportation. De toute façon, tout ce qui concerne la déportation …les Acadiens ont ça dans le cœur; alors ça ne devrait pas être trop compliqué ! Bonne création !
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