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Un sens de l’humour avec vos frites ?
Mise à jour le mardi 16 janvier 2007
« La Fraternité des policiers de Montréal veut faire front commun avec d’autres syndicats de policiers pour forcer le constructeur automobile KIA à retirer une publicité controversée des ondes. » Cette phrase, que j’ai lue samedi, m’a fait cracher mon café matinal. Pourtant, il était bon et chaud.
Pour ceux qui n’ont pas vu la pub « controversée » de KIA, elle met en scène une policière qui embrasse un prévenu dans sa voiture plutôt que de l’arrêter. Depuis qu’elle est en onde, elle ne cesse de me faire sourire. C’est, très franchement, une pub bien drôle et complètement anodine.
Mon interprétation, par contre, n’est pas partagée par tous. Le président de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal, Yves Francoeur, estime que cette publicité est dégradante pour l’image des policières et des femmes en général. Il indique que le comité de la condition féminine de son syndicat a déjà mis sur pied une pétition pour dénoncer KIA. « Ces filles-là ont dû se battre au cours des années pour obtenir le respect de leurs collègues masculins et de la population, ajoute-t-il. C’est un peu un retour en arrière. »
Si je suis conscient des difficultés qu’on subie les femmes qui ont accédé au poste de policières et de la lutte qu’elles ont menée, je comprends aussi que la « policière » dans cette pub est une comédienne et que la situation est bel et bien une farce.
Étant un homme d’une intelligence bien moyenne, je suis convaincu que 99,9 % des gens qui ont vu cette pub sont assez intelligents pour faire cette distinction élémentaire. Comme des millions de Canadiens, j’ai vu le film Bon Cop, Bad Cop cet été et je ne pense pas que Patrick Huard est un policier déchaîné qui sème la pagaille dans tous les coins de Montréal. Je le sais parce que je l’ai vu dans Maman Last Call et il était un type bien correct.
Aux gens qui font appel à la censure de ce type, ceux que Richard Martineau a récemment baptisés les bienveillants, je recommande qu’ils se vident un bon verre de vin ou qu’ils prennent de belles vacances afin de prévenir de telles montées de lait.
Même si je ne partage pas le même avis que M. Martineau, nos opinions se rejoignent sur ce sujet. Son analyse, par contre, est un peu plus épicée que la mienne. Voici un des extraits les moins salés qu’il nous présente sur le sujet : « J’en ai ras le bol des gens qui veulent nous protéger. Comme si on ne pouvait pas penser par nous-mêmes, comme si on était con, mongol, imbécile, incapable de faire la différence entre un gag et la réalité, une farce et la vraie vie ! »
Quand je lis une telle nouvelle, j’ai toujours tendance à prononcer un bon « franchement » haut et fort. Je l’ai fait samedi, même si j’étais seule dans mon salon. Je le prononce surtout par incrédulité, mais il y a toujours une infime partie de mon esprit qui espère que la nouvelle que je lis est une sorte de blague. Malheureusement, ce n’est jamais le cas.
La preuve est que, en faisant un peu de recherche pour cette chronique, j’ai appris qu’une autre pub « controversée » était la cible des bienveillants. Voici ce que je viens de lire sur le site Canoë : « La campagne publicitaire contestée montre des enfants qui posent des questions comme à « T’as pas encore de maison ? » ou encore « T’es encore locataire ? » Des remarques qui, selon les groupes de locataires, insultent ceux qui n’ont pas les moyens, ou simplement l’envie, d’être propriétaire. »
Sérieusement. Ce n’est pas une blague.
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