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Il faut y avoir du sport
Mise à jour le mardi 21 février 2006
En lisant la dernière chronique de mon amie Carol Doucet sur le monde des sports professionnels, je me suis dit que j’allais « sortir du placard ». Non, pas ce placard-là ! Je veux tout simplement admettre que, malgré le fait que j’adore les arts et la culture, j’aime également le sport (en tant que spectateur). Il faut avouer, par contre, que c’est un mariage qui est parfois difficile à gérer.

D’abord, la première chose qui m’est venue à l’esprit en lisant la chronique de Carol est la toune « You’re So Vain » de Carly Simon. Dans cette chanson, qui a été écrite après sa rupture avec le chanteur James Taylor, Carly Simon nous chante :

You're so vain
You probably think this song is about you
You're so vain (you're so vain)
I'll bet you think this song is about you
Don't you, don't you, awww

Chaque fois que j’entends ces paroles, je murmure « c’est évident qu’il pense que cette chanson est à propos de lui, car elle l’est ».

Quand j’ai appris dans le texte de Carol qu’elle avait « toujours trouvé que les médias accordaient trop d’importance aux sports, surtout au hockey », j’ai eu un peu la même réaction. Si on ne veut pas entendre parler des sports, pourquoi écrire une chronique de plus de 500 mots sur le sujet ?

C’est en lisant ces mots que je me suis dis que je devais l’écrire dans ce forum particulier. J’aime le sport et, comme de millions d’autres habitants de ce pays, j’adore le hockey.

Dans mon cercle d’amis se trouvent des gens avec qui je peux discuter de sport, mais pas des arts ou de culture, et d’autres avec qui je peux discuter des arts et de culture, mais surtout pas de sport.

Mes amis qui forment le deuxième groupe vont, invariablement, tous les deux ou trois mois, faire des remarques sur les salaires « ridicules » des athlètes et comment ces derniers sont « des gros bébés gâtés ». À ce moment-là, sans toutefois proclamer mon amour pour le sport, je vais tout simplement répondre que si ces athlètes reçoivent des sommes faramineuses pour pratiquer leur sport, c’est quand même une fraction de ce que reçoivent d’autres vedettes dans des domaines semblables.

Les hockeyeurs professionnels sont BEAUCOUP moins bien payés que les grandes vedettes de la télé, des films et de la musique. Ces athlètes sont des « entertainers » au même titre que les comédiens et chanteurs et ils sont, pour la plupart, survalorisés. Par contre, mes amis qui disent ne jamais vouloir aller regarder un match de hockey professionnel ne vont pas arrêter d’aller au cinéma ou d’assister des concerts.

Est-ce que les joueurs sont trop payés ? La réponse facile est oui, mais c’est quoi « trop » ? Les chefs de la direction de certaines compagnies pétrolières en Alberta sont payés entre 800 000 $ et 8 000 000 $ par année. En 2003, le président suppléant du conseil de la banque TD a reçu 12 578 675 $ en salaire. Est-ce qu’on va se poser la même question ? La réponse est non car, on nous dira, ces gens sont payés à même les immenses profits de leurs entreprises. Et les joueurs alors ? Est-ce qu’ils n’ont pas, eux aussi, droit à une partie des profits d’une industrie multimilliardaire ? C’est pourtant eux qui livrent la marchandise.

Certains de mes amis qui connaissent bien mon côté « sportif » ne comprennent toujours pas comment, pour moi, assister à un match de hockey lors des séries éliminatoires peut être tout aussi émouvant qu’un spectacle de Cirque du Soleil. Quand les équipes de hockey du Canada ont réussi un doublé de médailles d’or à Salt Lake City en 2002, j’ai littéralement dansé dans les rues de Montréal. Pour beaucoup des gens, cela peut paraître débile, mais ça, c’est moi.

Ce que je tente parfois de faire comprendre à mes deux groupes d’amis, c’est que, pour moi, le hockey fait partie de ma culture. En fait, il fait partie de la culture de beaucoup de Canadiens et de Canadiennes. Un peu comme le soccer en Amérique du Sud et en Europe, ou comme le sumo au Japon.

Au Canada, il y a une raison simple qui explique que le hockey soit hyper médiatisé : il est extrêmement populaire auprès d’une grande partie de la population. En 2002, le match final opposant les hommes du Canada contre ceux des États-Unis a attiré 8 662 000 téléspectateurs au Canada. C’est plus d’une personne sur quatre !

Je ne demande à personne d’aimer ou même de regarder le hockey. Mais il faut accepter qu’au Canada, le hockey, c’est comme le café Tim Horton’s. Ce n’est pas très raffiné, mais tout le monde en prend une tasse quand même.

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