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La naissance de la légende du Père Noël - une autre théorie
Mise à jour le lundi 01 mars 2004
Il était une fois un voleur de grands chemins qui se faisait vieux. Il lui devenait de plus en plus difficile de voler les grands chemins, les politiciens lui faisant une concurrence déloyale. Donc, notre homme décida de se recycler. Il n’est jamais trop tard pour changer de métier, se dit-il. Il devint donc un voleur porte-à-porte. Pourquoi attendre que les gens viennent à lui ? Il serait plus efficace de se rendre chez les clients. De plus, vu qu’il n’y a rien de plus tannant que de se faire enquiquiner à l’heure des repas, notre voleur choisit d’être moins dérangeant, il irait voir ses clients la nuit, ce serait plus discret.

Son mode d’opération était fort simple. Il entrait à la dérobée, la nuit, dans une maison. Il restait là sans bouger, quelques minutes, pour que ses yeux se fassent à la pénombre. Après, il pouvait observer les objets, de ci, de là, s’ils avaient quelque valeur. Il choisissait ceux qui se vendraient bien. Une nuit, alors qu’il avait déjà rendu visite à cinq clients, il approcha une grosse maison. Celle-ci avait de drôles de décorations. Les sapins, dans le jardin, étaient recouverts de guirlandes et de boules multicolores. Sur la porte de la maison se trouvaient des dessins de cannes de bonbons, de soldats de plomb et de poupées. Il faut dire que Noël approchait. Peut-être était-ce un gros fabricant de jouets !

Notre voleur entra dans la maison. Comme à son habitude, il attendit quelques instants pour que ses yeux s’accoutument à la noirceur. Il vit, près de la cheminée, un sapin tout décoré de ce qu’il croyait être d’argent. Il s’avança vers le sapin. Ce faisant, il marcha sur une planche disjointe qui craqua. Craaac ! Deux enfants qui s’étaient endormis au pied du sapin, à attendre l’enfant Jésus, se réveillèrent. Ils virent un vieil homme avec une barbe blanche et un sac sur le dos. (Note à mes profs de français du secondaire : la barbe blanche est sur le menton du vieil homme, pas sur son dos.) Le sac contenait le butin des cinq clients précédents.

Les enfants lui demandèrent qui il était et que faisait-il là, au cœur de la nuit. Le voleur imagina rapidement un faux fuyant. (Note de la rédaction : un faux fuyant, c’est quand quelqu’un voudrait s’enfuir mais qu’il ne le peut pas vraiment, alors il s’enfuit de façon virtuelle en inventant quelques sornettes. Auteur : Eh ! Oh ! Je peux continuer mon histoire ! Non mais ! Faut surtout pas se gêner !) Disais-je, il lui fallait inventer une histoire pour que les jeunes ne sonnent l’alerte. Regardant le sapin et la crèche, il lui vint une idée. Il leurs dit : « Je suis le…, le Père Noël. Je passe la nuit donner des… des cadeaux aux enfants qui sont sages. Êtes-vous sages ? » Cadeaux ! pensèrent les enfants. « Oh oui, nous sommes les plus sages qui soient. » « Alors, dit le vieil homme, je vais vous donner chacun un cadeau. » Il fouilla dans son sac de butin et en sortit deux beaux jouets qu’il avait volés un peu plus tôt et il les leur donna.

« Écoutez, les enfants, ajouta le vieil homme, il ne faut pas que vous dites quoi que ce soit de ce qui s’est passé ici. Il serait préférable que les enfants dorment lorsque je passe. Comme cela, je peux en visiter davantage lors de la nuit de Noël. Bon, maintenant, il me faut partir. Il y a plein d’enfants que je dois visiter cette nuit. Bonne nuit et beaux rêves. » Sur ce, le vieil homme remit son sac de butin sur le dos et sortit. Ouf ! se dit-il, je l’ai échappé belle.

Le lendemain, les enfants, excités, contèrent leur aventure à leurs amis. Et comme tout bon conteur, ils en remirent comme ce n’est pas possible. Plus ils contaient leur histoire, plus ils l’embellissaient. Le vieil homme à la barbe blanche se vit accoutrer d’un manteau rouge. Son sac devint un sac magique d’où il pouvait sortir des jouets à la centaine, voire par milliers. Comme il devait visiter plein d’enfants, il acquit un traîneau tiré par des rennes qui volaient dans le ciel. Ah ! Ils en avaient de l’imagination ces enfants. Je ne serais pas surpris si un jour ils mettaient des nez rouges sur les rennes et faisait passer le vieux monsieur par la cheminée. De vrais clowns ! Les enfants, pas les rennes ! Et c’est ainsi que naquit la légende du Père Noël.

Et je marche sur la queue de la souris qui fait coui-coui,
Mon histoire est finie.

Épilogue
Qu’advint-il du vieux voleur ? Il décida de ne plus se compliquer la vie, il devint vendeur d’assurances. Mais ça, c’est une autre histoire les enfants. À la prochaine.

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