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le le vendredi 19 août, 2011
Le mythe du Golem
Portrait de Marc Bauloye

Paris. Septembre 2054. Auteur de bandes dessinées médiocre, Anton accumule des planches qu’aucun éditeur ne lui prend. Seul Comics veut lui faire dessiner une BD de ce qu’il ne faut pas faire en BD… Dégoûté, Anton noie son chagrin dans un bar. Là, il rencontre Sir William Penn qui lui propose d’acquérir Il pennello, un pinceau magique ayant appartenu à Léonard de Vinci. Seul prix à payer : la mort ! En transes, Anton crée avec son pinceau deux planches de BD tout de suite acceptées par un grand éditeur. Puis, il se met à la peinture et réalise un chef d’œuvre. C’est en peignant la statue du minotaure que cette dernière se brise. Anton décide alors d’aller plus loin en peignant un personnage pour le faire apparaître. Son choix se porte sur Pelisse, l’héroïne de La quête de l’oiseau du temps. Anton n’a pas apprécié qu’elle disparaisse à la fin du récit. Et, effectivement, une femme se matérialise devant lui vivante et nue. Mais, c’est Elisa Balanger, le modèle qui posait pour Loisel en 1974 et qui voudrait revenir à son époque. A l’endroit où elle habitait avec sa sœur Camille vit Hélène, une vieille dame, l’amie d’Elisa dans le passé. Anton décide d’essayer de faire disparaître des fruits qu’il a peint avec Il pennello. Essai réussi. Va-t-il en être de même avec Elisa ? Va-t-elle se retrouver en 1974 ?
 
Le mythe de Faust
Avec ce fabuleux pavé de 100 pages, le scénariste Serge Perrotin fait mouche. Pour provoquer la fascination du lecteur, il s’inspire du mythe du Golem qui met en scène un humanoïde animé momentanément de vie. C’est le pouvoir d’Il pennello dont personne ne connaît le mode d’emploi mais qui a la faculté de créer la vie et de réaliser des chefs d’œuvres. Mais, jouer avec la vie, c’est jouer avec le feu comme Anton va en faire la douloureuse expérience. Perrotin s’inspire aussi du mythe de Faust qui vend son âme au diable en échange de l’accomplissement de ses désirs. Les propriétaires du pinceau ont tendance à décéder bien vite. Anton devient rapidement un personnage attachant à cause de sa maladresse et de son désir de réparer. L’histoire prend alors des tours surprenants et va de rebondissements en coups de théâtre. Perrotin ajoute enfin une dimension à l’intrigue en renouvelant le thème des paradoxes temporels. Par ailleurs, tous les bédéphiles apprécieront l’hommage à l’icône de la BD, la pulpeuse Pelisse. Jean-Marc Allais prouve qu’il n’a rien à prouver puisqu’il maîtrise parfaitement la partie graphique sur une longue distance. Le trait clair, précis, soigné trace des personnages bien typés. Les décors, le découpage sonnent justes. Historiquement, Il pennello est le premier album de BD à avoir été financé par des lecteurs grâce au système du financement participatif sur le site sandawe.com. Ce sont les internautes (édinautes) qui investissent sur un projet proposé par sandawe et sont payés en retour.
Une intrigue fascinante qui vous tient en haleine et qu’on lit d’un trait. A découvrir !
 
Marc Bauloye
 
Il pennello Le pinceau Allais Perrotin sandawe.com

 

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