Hier, la rue ne s’est vidée que vers 3 h du matin, encore une fois. Une chance que j’ai une fonction réveil matin sur mon cellulaire. Ce matin, je courre les églises mais pour une raison spéciale. Aujourd’hui, dimanche, c’est Pâques, je ne vous apprends rien. Ce qu’il y a de particulier, c’est que, s’il y a une place où on peut entendre de l’Euskara, c’est-à-dire le langage Basque, c’est bien à la messe. La messe de 9 h 30 à l’église St-André, à deux minutes de mon appart, sera dite presque complètement en Euskara.
Donc, je me pointe au lieu dit, une demi-heure à l’avance, parce que je suppose qu’à Pâques, ici, c’est comme Noël chez-nous, les fidèles, si on peut encore les appeler comme ça, sortent du bois pour aller à la messe. Je ne me suis pas trop trompé, il n’y avait pas grands bancs de libre.
À part pour une phrase en français au début et une autre à la fin, tout s’est déroulé en Euskara. J’avais un livret de messe, ce qui fait que j’ai essayé de suivre et même de participer, juste pour voir si je pouvais prononcer les mots. Ç’a pas été facile. Malgré que je connaisse les phases de la messe, ça ne veut pas dire que je sais comment ça s’écrit en Euskadi. OK ! Mon Père, je m’accuse d’avoir triché à plusieurs fois. Je jetais un coup d’œil sur le livret du voisin pour voir à quelle page était tel hymne ou telle prière. Sauf que des fois, il savait les mots par cœur et n’utilisait pas le livret. Grrrrrr. Au moins, je n’avais pas grand trouble avec les « amen » et les « alléluias ».
Finalement, je pense que je pourrais lire l’Euskara à plus de 50% même si je ne comprendrai pas nécessairement ce que je dis. En tout cas, ça été quelque chose d’entendre Amazing Grace en Euskara.
Cette messe finie, je suis parti au pas accéléré pour aller à la messe de 11 h à la Cathédrale Notre-Dame-de-Bayonne. Je viens de voir que j’ai écrit ça à la canadienne-française. Ici, ils ne mettent pas autant de traits-d’union que chez nous dans les noms de lieu. Revenons à la messe, ou plutôt, allons-y. C’est la messe de la Foire du Jambon de Bayonne. Les confréries ont fait une procession du marché jusqu’à la Cathédrale. Confrérie du Jambon de Bayonne, Confrérie du Piment d’Espelette, Confrérie de n’importe quoi qui se mange ou se boit. Chaque confrérie avait son étendard et les membres portaient des costumes très colorés qui faisait ancien temps, genre Moyen-âge. Je suis entré avant eux car la procession n’est entrée qu’à 11 h pile. J’ai pu prendre quelques photos, au prix de ne pas avoir de siège. Pas grave, en autant que je puisse entendre de l’Euskara.
J’ai rencontré un Français qui a travaillé une douzaine d’années au Canada. Il est revenu en France pour des raisons familiales, de la maladie dans la famille. Mais il aurait aimé rester chez-nous. D’ailleurs, il a non seulement entendu parler des Acadiens mais il a visité Bouctouche, Richibucto et plusieurs autres villages sur la côte. Il m’a dépisté par mon accent. J’ai un accent, moi ? Il était juste à côté de moi quand je me suis installé pour prendre des photos de la procession qui allait bientôt entrer. Voyant un monsieur entrer avec une baguette sous le bras, je lui ai fait le commentaire que le monsieur trouvait les portions trop petites à la Cathédrale. Il m’a demandé si j’étais Belge, ce à quoi j’ai répondu : Non, Canadien et plus spécifiquement Acadien. Vous ne me pognerez pas à dire que je viens du Canada anglophone. Et de là on a piqué une petite jasette en attendant 11 h.
La messe était trilingue : Français, Euskara et Latin. Quand je dis trilingue, précisons qu’il n’y avait pas de traduction. Des parties étaient exclusivement en Français, d’autres exclusivement en Euskara et d’autres, finalement, exclusivement en latin. En plus, l’officiant a vraiment chanté la messe. Je pense que le terme correct est « psalmodier ». Et, pour mon bonheur, il y avait une chorale d’hommes qui a chanté des hymnes en Euskara. Disons qu’avec l’acoustique de la Cathédrale, ça donne un peu l’effet d’un chant grégorien. Tu ne comprends pas un mot mais que ça sonne bien. Ah oui, je comprends au moins un mot : Jauna, prononcé à peu près « iawna », qui veut dire Dieu. Ça revient souvent pendant une messe.
C’est tout de même bizarre cette image que l’on a que la France est Française alors qu’il y a plusieurs langues régionales : Euskara, Breton, Corse et plusieurs langues occitanes tels le Gascon, le Limousin, le Languedocien et combien d’autres encore. C’est vrai que la plupart des Français parle le Français mais ce n’est pas nécessairement leur langue maternelle.
Après la deuxième messe, je suis allé dîner au marché puis je suis parti me promener en ville, voir du paysage. Et pogner la pluie par intermittence. Ouvre le parapluie. Ferme le parapluie. Amusant. Ha ! J’ai quand même pu visiter une partie des remparts de la ville. Ils ne les ont pas tous détruits pour récupérer les pierres comme cela s’est fait ailleurs. Bayonne est une forteresse à la Vauban, comme bien des forteresses le sont en France et même en Nouvelle France. Après tout, Vauban était un ingénieur militaire dont le job était de faire les plans des forteresses. À son époque, les forteresses avaient encore une utilité militaire. Ce que les canons à longue portée ont fait disparaître.
Je suis aussi allé faire un tour dans le quartier Saint-Esprit en passant sur le Pont de l'Adour. Jusqu’à maintenant, je m’étais tenu dans le Petit-Bayonne et le Grand-Bayonne, en raison de la Foire. Et aussi parce que c’était plus près et qu’il y avait des choses à voir, entendre et manger. Et boire. Hé ! À Rome, il faut faire comme les Romains. Le quartier Saint-Esprit est plus petit et il n’y a pas trop de choses à voir. Mais il y a la gare, ce qui veut dire que j’y retournerai sous peu.
Officiellement, la Foire du Jambon de Bayonne s’est terminée à 17 h 30. Mais, il y a encore du monde dans ma rue à minuit et demi. Mais beaucoup moins qu’hier ou avant-hier.
Je vais peut-être m’endormir plus tôt. Peut-être.
Voici d'autres photos de Bayonne.
Équipe participant au concours d'omelette.
Une des confrérie ayant participée à la procession.
La chorale les Chanteurs Montagnards Ariélès.
Cathédrale vue du cloître. Je l'ai mise car j'y ai attrapé un pigeon en plein vol.
Une rive de la Nive la nuit.
Le Chateau Vieux.
Échauguette sur l'Adour.
Une des formes de vitrail : spirale et feuilles.
Une autre forme de vitrail retrouvée sur La Cathédrale.
Encore une autre sorte de vitral sur la même Cathédrale. J'en ai catalogué cinq autres sortes.
- 1 de 4
- ››









Tres festifs ces Basques, la Tamborada de Donostia du cote espagnol est assez impressionante!