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Le Nouveau-Brunswick est une entreprise ayant environ 750 000 actionnaires dont environ 550 000 ont des actions votantes. Ceux-ci lors de la prochaine assemblée des actionnaires du 27 septembre 2010 vont décider sur l’embauche ou la réembauche de 55 députés. Pour ce faire, les 550 000 membres votants vont se diviser en 55 comités d’embauche. Chacun de ces comités sera responsable de l’embauche d’un député. Suite à l’embauche de ces 55 députés, ceux-ci choisiront parmi eux lequel sera le PDG du Nouveau-Brunswick. Celui-ci, par la suite, choisira son comité de gestion.
Bon, il faut vous avouer qu’il y a un peu de triche. Plusieurs des candidats aux postes de députés ont été présélectionnés par des groupes d’intérêts qui veulent positionner leur candidat au poste de PDG. Ces présélections ont été faites par des comités d’au plus quelques centaines de personnes faisant partie dudit groupe d’intérêt. Pour être retenu, le candidat doit promettre de pousser le candidat du groupe au poste de PDG. Non seulement ça mais ils doivent aussi promettre de lui obéir au doigt et à l’œil. Au moins, en général, les 55 comités d’embauche sont avertis de ce genre de candidatures.
On pourrait avoir à redire au sujet du fonctionnement des comités d’embauche. Les comités se contentent de choisir le candidat qui a le plus grand nombre de votes et ce même si cela représente un pourcentage plutôt faible des votes. Juste pour vous donner une idée ce qu’on entend par faible, lors du dernier Programme canadien d’embauche de députés, il y a eu des députés choisis avec moins de 20% des votes exprimés. J’ai déjà siégé à des comités d’embauche et je peux vous assurer qu’on n’a jamais retenu un candidat qui n’avait que 20% des voix. Disons qu’en bas de 50%, les espoirs de rétention étaient plutôt nuls.
C’est drôle à dire mais malgré que ça fait près de 35 ans que je suis actionnaire avec droit de vote, je n’ai jamais vu de curriculum vitae complet des candidats qui postulent pour le job de député et jamais au grand jamais de relevés de notes. Règle générale, ce à quoi on a droit, ce sont des listes de promesses rédigées en grande partie par les groupes d’intérêts. Nos comités d’embauche font de grands actes de foi en croyant que le PDG a le droit d’implanter sa liste de promesses alors que son groupe d’intérêt n’a pas la majorité des votes des actionnaires votants.
Une question vient de m’effleurer l’esprit : Y a-t-il quelqu’un quelque part qui vérifie que ces candidats n’ont pas de dossier criminel ?
Vous vous êtes sûrement dit : drôle de façon de présenter les élection sprovinciales ! Peut-être, mais mon but est de vous faire rendre compte que les élections sont effectivement un processus d'embauche. Nous embauchons une équipe de gestionnaires pour prendre soin de notre province. Oubliez la notion de pouvoir. Le pouvoir ne fait pas partie de la terminologie principale de la démocratie. Un gouvernement démocratique doit servir le peuple et non pas le subjuguer. Il nous faut donc choisir nos gouvernements avec discernement. Nous en voulons qui soient capables de nous bien servir. Mais comment attirer des gestionnaires compétents, capables et efficaces ?
Un des aspects du programme d’embauche de députés qui doit mériter notre intérêt : les conditions salariales. Quelqu’un a proposé que les salaires des députés soient réduits de 20% et que leur plan de pension soit amputé de moitié. Une règle d’or de l’embauche est que pour attirer les gens les plus compétents, il faut offrir des conditions au moins assez compétitives pour les « voler » aux autres entreprises. Je suis sous l’impression que la proposition de réduction salariale est révélatrice de l’évaluation que fait le proposeur des compétences et de la performance des députés présentement à notre emploi. Est-ce vraiment la chose à faire ? Avec des salaires encore plus bas, va-t-on pouvoir attirer des gens plus compétents ? Peu probable.
Quel genre de salaire devrions-nous offrir ? Rappelons-nous que ces 55 députés, incluant le PDG, sont responsables de la gestion d’un budget annuel d’opération de l’ordre de six milliards de dollars, du bien-être de trois quarts de million d’actionnaires et de nous débarrasser d’une dette de plusieurs milliards de dollars. Ce n’est pas de la petite bière ! Est-ce qu’on veut des gens sans expérience pour s’occuper de tout ça ?
Juste pour mettre le salaire des députés en perspective : supposons que le coût moyen d’un député (salaire, déplacements, secrétaire, téléphone, bureau, chauffage, etc) nous reviendrait à 200 000$ par an. Cette partie du budget représenterait donc 11 000 000 $ par an ce qui n’est qu’environ 0.18% du budget total. Oui, moins qu’un cinquième de un pourcent ! Est-ce tellement payer cher pour avoir de la compétence ?
Pour vous faire une meilleure idée de ce qu’on devrait offrir comme conditions salariales, regardez les gens d’affaire ou de finance qui selon vous feraient d’excellents députés. Posez-vous ensuite la question : pourquoi ne se présentent-ils pas ? Réponse : parce qu’ils ne sont pas prêts à prendre une baisse de salaire en plus de prendre la merde qui vient avec le poste. Que voulez-vous, ce n’est pas tout le monde qui soit a une âme de martyr (ou de masochiste) ou soit qui préfère la gloriole à un niveau de vie meilleur.
La question est posée : qui voulons-nous embaucher ? et sommes-nous prêt à les payer correctement ?
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Merci Gilles et Bernard pour vos commentaires.
Il n'y a personne qui a la science infuse mais de discuter permet de trouver d'autres facettes à une situation, à un problème.
Ma chronique est juste une réflexion sur notre système électoral et notre système gouvernemental. Le salaire n'est qu'une facette de tout cela, ce n'est pas tout. Mais il faut se questionner sur les qualités de nos députés. Je n'ai pas dit qu'ils étaient incompétents mais plutôt je demande "est-ce que nous attirons les gens les plus compétents ?" Il y a une différence non négligeable entre compétents et les plus compétents. Je ne veux pas être méchant mais combien d'années d'expérience en gestion de budgets majeurs ou de personnels ou de projets avaient nos deux derniers premiers ministres avant de prendre le poste ? On s'attend à ce qu'ils apprennent sur le tas ? Est-ce raisonnable ? Pourquoi les gens d'expérience ne se pointent pas ? Questions, questions, questions. Est-ce que quelqu'un a une réponse ?
Pour ce qui est de la durabilité des chefs d'entreprise, il faut distinguer entre les entreprises familiales et les entreprises avec un PDG nommé par un bureau de direction (lui-même choisi par les actionnaires). Dois-je rappeler que Hatfield a été premier ministre pendant 17 ans, McKenna et Robichaud pendant environ 10 ans chaque. Ceci est comparable à la durabilité de bien des PDG de compagnies avec actionnaires.
Mais je partage votre doute sur le "pour qui travaillent-ils ?" On se le demande quand des décisions ont l'air "out of whack", comme le disent nos voisins anglophones. Que peut-on y faire ? Sauf de les mettre à la porte à la prochaine élection !
Pour en revenir au salaire, oui, on peut faire quelque chose. Soit qu'on en fait l'objet d'un référendum, soit qu'on en fait un point important lors d'une élection. Toutefois, je ne pense pas que la majorité de nos concitoyens soient encore prêts à en discuter de façon rationnelle. Pensez donc, la province a fêté son bicentenaire un bout de temps passé et on n'a pas encore trouvé un meilleur mécanisme pour élire nos députés. On a encore du boulot pour améliorer nos mécanismes démocratiques.
Merci de participer à la discussion. Ça prouve qu'il y a encore des gens qu'y s'intéresse à ce qui se passe ici.
"qui voulons nous embaucher ? et sommes-nous prêt à les payer correctement ?"
M. Chiasson, vous avez raison. Lorsque nous votons, nous décidons de qui on embauche mais il me semble que nous n'avons pas grand chose à dire à propos de leur salaire.
L'analogie que vous faites est intéressante mais à mon avis il existe une énorme différence entre la politique et une entreprise privée. Dans une entreprise privée le même patron peut diriger l'entreprise pendant des années et des années alors qu'une province ou un pays change de patron à tout bout de champs et donc personne n'a vraiment l'intérêt de la "compagnie" à coeur.
C'est un peu comme des enfants qui se partagent un héritage et qui se battent entrent eux à savoir qui aura la plus grosse part du gâteau ou bien quelqu'un qui gagne à la loterie. Ces gens finissent souvent par gaspiller cet héritage à gauche et à droite sans trop se soucier s'il font de bons investissements ou non.
Je ne me souviens plus de qui il s'agit mais quelqu'un à dit que "le système dans lequel on vit est loin d'être parfait mais c'est encore le meilleur qui existe sur la planète".
À mon avis le problème n'est pas que nous embauchons des gens incompétents ou que le système est corrompu mais plutôt que des valeurs comme l'honnêteté, la simplicité, la sobriété et la tempérance n'existent pratiquement plus dans notre société en général et du même coup dans la politique.
Bernard Cormier
Très intéressant cette façon de présenter la chose du monde politique...
Le gouvernement devient une société privée et je suis l'un des propriétaires actionnaires.
L'un des problèmes, cependant, c'est que le gouvernement a une énorme dette.....
Serait-il avantageux de continuer à investir dans Entreprise N.-B.?
Un commentaire juste pour jaser....mais j'ai aimé ce texte.