Ce samedi, alors que je faisais route vers Frédéricton, le moteur de ma voiture a surchauffé. Il m’a fallu faire un arrêt impromptu sur le bord de la TransCanada. J’ouvre le capot pour inspecter le moteur. La courroie principale était en train de se défaire, pas juste à peu près. Elle n’est plus que la moitié de largeur. L’antigel a évidemment débordé sous la pression.
Je me prépare à appeler pour de l’aide mais, avant, il me faut trouver un point de repère pour pouvoir donner ma position. Il y a un panneau vert au loin mais je ne peux pas le lire. Trop loin. Ce serait utile de pouvoir dire que je suis à tant de kilomètres de tel lieu. Je commence à marcher dans sa direction.
Une van qui m’a dépassée, arrête et se met à reculer. Arrivé à ma hauteur, il me demande quel est le problème. Surchauffe, dis-je. Il vient jeter un coup d’œil au moteur. Réflexe d’homme me direz-vous mais il semblait savoir une chose ou deux. Selon lui, c’est l’une de trois choses : le tenseur est saisi, la pompe à eau est saisie ou le thermostat est kaput. Rien qu’on peut réparer sur place.
Il m’offre de me conduire à un garage. Il se rappelle qu’il y avait un garage à Mill’s Cove. Je suis chanceux, le garage est toujours là sur la 105, l’ancienne TransCanada. Le poste d’essence a disparu. Le mécanicien est là avec deux de ses amis. On lui explique le problème. Il nous dit d’amener la voiture. Il nous donne deux bidons d’eau pour remplir le radiateur avec ordre de ne pas laisser le moteur surchauffer de nouveau. On a dû remettre de l’eau à trois fois avant d’arriver au garage.
Mon bon samaritain reprend la route. Il a des enfants à aller recueillir pour une activité d’une « bible school ». C’était super gentil de sa part de prendre le temps de m’aider malgré qu’il avait un horaire plutôt serré.
Après inspection, le verdict est que c’est le tenseur qui a saisi. Il faut le remplacer ainsi que la courroie. Comme bien des garages en campagne, il y a un genre de « junk yard » autour de celui-ci. Chanceux à nouveau, dans une de ces épaves, l’ami du mécanicien y trouve un tenseur et une courroie en bon état, du moins assez bon pour me dépanner.
Le mécanicien se presse lentement comme devrait le faire les gens qui savent bien faire ce qu’ils font. Mettre le cric sous le bloc moteur, enlever les boulons qui retiennent le côté gauche du moteur. Enlever le morceau endommagé et la courroie. Mettre la pièce de rechange et la nouvelle courroie. Rattacher le moteur sur son attache gauche. Enlever le cric. Remettre de l’eau dans le radiateur. Saigner le système. Faire un test. Pas un geste perdu, le tout orchestré comme une danse.
On laisse tourner le moteur plusieurs minutes. Tout fonctionne bien. Je règle la facture que j’ai trouvée très raisonnable. De plus, j’ai eu droit à un bonus. Il m’a donné une liste de choses à faire en rentrant : remplacer la courroie (c’est une usagée), remplacer une autre pièce qui selon lui fait un peu de bruit et donc devrait être remplacée sous peu, remplacer l’eau par de l’antigel avant l’hiver. Quand vous pensez qu’il aurait pu proposer de remplacer l’autre pièce et ainsi se faire un peu plus d’argent, j’ai trouvé ça honnête de sa part de ne faire que la réparation nécessaire.
Quand au titre, vous avez compris la partie au sujet du bon samaritain, j’en suis certain. Pour ce qui est des enseignes routières, il faut reconnaître qu’on pourrait en avoir davantage pour indiquer les garages même s’ils n’ont pas de poste d’essence. Ça ne ferait pas de torts aux touristes de passage. J’ai été chanceux que mon bon samaritain connaissait un peu la place mais sera-ce le cas pour les autres qui tomberont en panne sur nos routes. Ceci vaut aussi pour d’autres commerces qui sont situés près des autoroutes mais ne peuvent pas afficher leur présence.
Souhaitons que notre gouvernement provincial prendra en compte le besoin de vivre des petites entreprises rurales autant qu’il le fait de celui des grandes entreprises.
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Bonne chronique Julien :)