Et je ne veux pas parler des combats qui ont eu lieu après la signature de la reddition allemande parce que certaines unités allemandes n’y croyaient pas comme ce fut le cas à Lorient, en Normandie.
À la veille du 65ème anniversaire de la fin des hostilités sur le front européen, il y a encore plein de blessures qui ne se sont pas vraiment cicatrisées. Il y encore des souvenirs qui refont surface de part et d’autres et qui sont douloureux pour plusieurs et gênants pour quelques uns. Nous, qui n’avons pas connu la guerre, avons peine à comprendre ce qui s’est passé et encore moins pourquoi cela s’est passé.
Ces dernières semaines, il y a eu des incidents qui ont ravivés de la rancœur et de l’amertume. En voici quelques exemples.
Un reporter allemand à la retraite a fait une demande à un village français pour qu’une plaque y soit installée pour rappeler la mort de son père, soldat allemand fusillé sur la place publique. Cette demande a essuyé un refus de la population. S’ensuivit une suite de courriers du lecteur et de reportages nous apprenant tour-à-tour que ces exécutions faisaient suite à celles, sur cette même place publique, de trois résistants qui avaient participé à l’attaque d’un convoi allemand. Que cette attaque était en représailles pour une rafle dans un village voisin où plusieurs personnes avaient été exécutées par les allemands sans autres procédures que d’appuyer sur les gâchettes. Cette rafle était-elle en représailles contre une action de la résistance ?
Il y a quelques jours, on commémorait le retour des déportés, ceux qui sont revenus des camps de concentrations, les camps de la mort. Lors d’une de ces cérémonies, on a refusé la lecture, par des jeunes, d’une lettre. Ceux-ci voulaient lire une lettre écrite par une des survivantes. Un des adjoints du maire ayant eu vent de la chose a demandé au maire que ladite lettre ne soit pas lue. Pourquoi ? Parce que cette femme et ses parents ont été arrêtés non pas par des SS mais bien par des gendarmes français et que l’adjoint ne voulait pas que cela soit dit lors de la cérémonie pour ne pas entacher la réputation de la gendarmerie. Les parents de cette dame n’ont pas survécu aux camps. Le crime de ces gens : être juifs.
Un autre exemple, une jeune fille, printemps 1945, voit la ferme de ses parents encerclée par des soldats allemands. Son père est résistant et quelqu’un l’a dénoncé aux autorités allemandes. C’est la déportation. Sa mère est morte dans les chambres à gaz quelques semaines avant la fin de la guerre. Elle-même passera à trois fois au travers du processus de tri vers les chambres à gaz. Difficile pour elle de pardonner aux lâches inconnus qui ont vendu son père et fait mourir sa mère !
Et il y a encore plein de gens qui ont encore en mémoire des personnes qu’ils ont perdues dans ce conflit. Qui ne pleure un père, une mère, un frère, une sœur, victimes de la soif de pouvoir d’une certaine élite. Les guerres ne font que peu d’heureux.
L’Europe d’aujourd’hui essaie de tourner la page sur un passé moins que glorieux. L’oubli n’est pas nécessairement le meilleur moyen. Le devoir de mémoire se doit d’être une obligation pour tous afin de ne pas retomber dans les barbaries d’antan.
- 1 de 4
- ››









Belle chronique Julien :)