ConnexionFacebook
le le vendredi 26 février, 2010
DIA-B-LOGUE(4): au prise avec un cerveau qui pose des questions....quatrième séance
Portrait de Gilles Thibault

Mon dernier dialogue avec mon cerveau remonte à la semaine dernière. Ça s'est passé un midi, chez Macxibuzz, pizza en bouche. Il avait choisi ce moment pour me rappeler les réalités d'Haïti. Incontestablement ému, j'avais pourtant tenté de m'en désengager.  Mon cerveau qui pose des questions m'a tôt reconduit vers mes vérités émotionnelles. A l'évidence, j'ai bien fini par les accepter et les assumer. Ce fut fait le jour même. Depuis, je ressens quelque chose d'encourageant par rapport à Haïti. 

C'est maintenant vendredi. Avant de quitter le bureau, je planifie une soirée trippante bien méritée. Quelques appels téléphoniques confirment la venue d'amis à l'appartement. En chemin, je passerai chez Macxibuzz pour les pizzas toutes garnies; puis, je ferai un arrêt au magasin AlcoolNB pour y acheter le breuvage traditionnel du vendredi soir. Enfin, viendra le moment excitant de visionner une partie de hockey à la télé; version jeux olympiques de Vancouver. Ce sera NOUS contre les Américains, l'équipe à battre pour l'or.

Commence la soirée.

Dès le début, la joute s'avère enlevante. Au salon, les yeux sont rivés sur l'écran. A côté, le four de la cuisinière atteint 345c; prêt pour la pizza qui pourtant continue à dégeler sur le comptoir. Quelques bouteilles vides roulent déjà sur le plancher. C'est un vendredi soir extraordinairement ordinaire.  

Quelques minutes passent puis, sans avertissement, tout s'arrête.  Un silence momentané plane dans le noir ambiant. Rapidement, il fait place à un tollé généralisé : QUOI?, QUOI? NON....CE N'EST PAS VRAI...! UNE PANNE DE COURANT! L'indignation est totale parmi les chasseurs de sensations fortes devenus néanderthaliens pour l'occasion.

Comme à son habitude, mon cerveau qui pose des questions profite du moment. Dans les temps qui courent, il travaille sur moi concernant la responsabilité et la participation citoyenne. Pour ma part, je prône la liberté, pas sa rengaine. Ainsi, dans la partie centrale de mon lobe frontal, habituellement en mode sommeil pour le week-end, il me lance : <PENSES-TU N'AVOIR RIEN À PERDRE EN ÉTANT DÉCONNECTÉ DES QUESTIONS POLITIQUES ET SOCIÉTALES?> 

Il n'en fallait pas plus pour que se manifeste un peu du génie de l'homo sapiens moderne dont je suis. Mais, j'étais tellement dedans la partie de hockey que j'ai à peine capter le dernier mot de son intrusion cérébrale. Impulsivement, je cries :

   <TROUVONS du POUVOIR,  SINON  Équipe Canada VA PERDRE!>

Un silence suivit....puis, faisant montre d'une perspicacité embryonnaire, un des amis dit:

   <SANS POUVOIR, TU TE FAIS ORGANISER la soirée! > 

Un autre silence se fit, puis.....vint la géniale constatation d'un  ami clairvoyant:

    <QUAND T'AS PAS DE POUVOIR, TU PEUX RIEN FAIRE! >

Devant ce constat, le silence devint permanent. Chacun rentra chez lui. S'en était fait de la soirée. Ne pouvant rien faire avec ÉNERGIE NB, j'ai perdu gros: mon plaisir mérité, ma soirée planifiée, ma pizza cuite, ma bière froide, la compagnie de mes semblables, un peu de ma valorisation personnelle, mon pouvoir. Si seulement j'avais été mieux connecté....

Le courant revint tard dans la soirée. Malheureuse constatation cependant: le Canada a perdu la partie de hockey! En réaction, sans réfléchir, je m'entends dire :  <VEND ÉNERGIE NB, GRAHAM>  

Le lendemain de la veille vint vite. C'est une toute autre journée. Café en main, mon cerveau prend de la forme. Peu à peu, il établit un dialogue avec moi. Certains diront que ça équivaut à réfléchir. Je peine à comprendre cependant, tout ce qu'il m'avance. Les responsabilités citoyennes......et ce risque de perdre gros quand t'as pas de pouvoir.... sont encore des questions obscures pour moi. Au moins, cela me rassure que mon cerveau fait son job.....Gilles Thibault

 

0
Commentaires (0):
Aucun commentaire
 
 
 
 
 
 
 
Récent

CapPhotos

(08/02/12)
(08/02/12)
(08/02/12)