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Presque en position vertical, devant le miroir, me voici ce matin de janvier 2010, essayant de m'engager dans le quotidien d'aujourd'hui. A l'aube de la nouvelle décennie, après le divertissement des Fêtes, mon mental ressemble plutôt à une tabula rasa sous dix centimètres de neige. Or, cet état de limbe est for opportun face à l'interrogatoire que me réserve mon cerveau. Voici ce qui en est...
Depuis décembre 2009, je suis au prise avec un cerveau qui pose des questions. Ce bourreau vertueux qui est le mien m'a déjà sermonné au sujet de mes RESPONSABILITÉS CITOYENNES (voir le texte précédent). Une conception mature de la liberté et un individualisme engagé sont, selon mon cerveau, les qualités à développer pour que je devienne un véritable citoyen responsable. L'esprit quelque peu chatouillé par ces propos, mais fatigué d'être sermonné, j'avais réussis à clore son débit mental en lui proposant de festoyer ensemble pendant la période des Fêtes. Mais voici que, ce matin de janvier, comme promis, il se pointe dans mon conscient. L'interrogatoire commence....
En guise d'entrée dans la matière, il ose me demander : Qu'as-tu retenu de mon sermon de décembre (voir le texte précédent) ? N'oublie pas que tes résolutions citoyennes commencent ce matin....ajoute t'il.
D'une assurance inhabituelle, je lui répond que le divertissement des Fêtes aidant, tout de son sermon s'est effacé..! Et ma réponse, lui dis-je, provient du plus fond de mes tripes heureuses et honnêtes...!
Est-ce que je peux m'attendre à plus d'un citoyen enfantin ? rétorque mon cerveau. Face à ce jugement de valeur, je garde mon calme mais mon regard perçant lui en dit long sur mon niveau de réceptivité. Il est heureux que mon cérébral comprit le message. Le silence se congela. Ce fut juste assez de temps pour le rasage et le nettoyage de la boîte qui contient mon cerveau; puis, de prendre la route, bouchée de pizza de la veille en main et un peu de coke sans effervescence. Mais, malgré le moins quinze centigrade à l'extérieur, le dégel cérébral ne s'est pas fait attendre....
Alors même que je m'engage, bien déterminé, dans un virage à droite, mon cerveau profite de l'instant pour lancer son ballon: AS-TU INTÉRÊT À TE RESPONSABILISER et À T'IMPLIQUER dans les QUESTIONS SOCIÉTALES? Instinctivement, mes tripes avares filtrent la phrase et focalisent sur le mot INTÉRÊT. Dans la foulée égocentrique, je me dis: ma banque effectivement m'impose un taux d'intérêt trop élevé. Mon questionnement introverti se poursuit à cent vingt kilomètres à l'heure. Cesse alors le contact avec les réalités routières environnantes. Quelques secondes s'écoulent...., puis heureusement le réel reprend place et provoque le combien nécessaire grand coup de roue à gauche.
Ce virage soudain hors courant crée la cohue sur l'artère achalandée du matin. Tant bien que mal, réflexe de survie oblige, je réussis à stopper mon bolide énergivore, bien en montre au plein centre de la voie. Des deux côtés, crissement des roues, klaxon, mot du majeur fusent en ma direction. Évidemment, je me retrouve dans une position très périlleuse et compromettante. Est-il dans mon INTÉRÊT d'y voir?
Pour que l'on me sorte de là, je fais tout ce que peut faire un homme qui se croit en pleine possession de ses moyens: gesticuler comme un clown, crier à l'aide, insulter les passants indifférents, frapper à coup de pieds sur la console de ma voiture, implorer ma défunte mère, entrer en dépression temporaire. Fait surprenant, mon cerveau disparait lors de mon explosion émotionnelle, fortement dilué dans une lave bouillonnante au sein même de la partie la plus physique de mon être.
Le dénouement de mon aventure fut heureux. Je suis maintenant arrivé à mon poste de travail, ayant survécu à l'épreuve. Dans ma tête, je me dis avoir eu de la chance. Plus encore, il n'y a pas eu d'effusion de sang, ni de mon bord ni chez ceux qui circulaient autour de moi. De plus, le roulement sur la route s'est maintenu tant bien que mal, dans un sens comme dans l'autre. Même, j'ai constaté que la circulation avait pris momentanément une allure plus civilisée, plus harmonieuse, plus respectueuse. Tous semblaient avoir compris l'enjeux fondamental de cette situation: ma vie.
Oui, ma vie, c'est ce qui est le plus important au monde. Quand j'y pense: dans ma précarité, s'il aurait fallu qu'un imbécile insouciant dérape et vienne me percuter! L'idée me fait trembler de peur. Certes, j'aurais pu être tué....ou peut-être même, estropié? Dans ce cas, s'en était fait de la qualité de ma vie, celle qui est la mienne maintenant. Et tout s'enchaine, c'est l'effet domino: ma chère liberté aurait été diminuée ou restreinte, puis mon développement personnel affecté, mon autonomie limitée, mes relations probablement changées, ma capacité à profiter des joies et des plaisirs perturbée, mon mieux-être troublé, mon environnement sectionné, mon confort, mes avoirs, mon bolide, ma pizza.....Oui, vraiment, je me trouvais dans une situation des plus vulnérables et j'avais INTÉRÊT à ce que je m'en occupe.
Assis à mon bureau, mon cerveau fit une intrusion en douce dans mon conscient. J'avais oublié qu'il existait. Fort heureusement, il était de bonne humeur et cela se propagea. Un sentiment bien agréable émergea: un calme, la paix. C'est comme si certaines de mes émotions avaient fait alliance avec mon cerveau. Difficile à expliquer....En tout cas, je me sens de mieux en mieux à reprendre du volant.
Je ne sais pas encore qu'une troisième séance est en préparation....
Gilles Thibault
citoyen acadien
| Titre |
Date |
|---|---|
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| Dia-B-logue: 15ième séance | 1/05/2011 |
| Dia-B-logue: 14ième séance | 1/03/2011 |
| Dia-B-logue: 13ième séance | 11/02/2011 |
| Dia-B-logue: 12ième séance | 19/01/2011 |
| Dia-B-logue: 11ième séance | 20/12/2010 |
| Dia-B-logue: au prise avec un cerveau qui pose des questions...sur voter .....10ième séance | 26/09/2010 |
| Dia-B-logue: au prise avec un cerveau qui pose des questions....sur les élections (9ième séance) | 6/09/2010 |
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