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le le samedi 5 décembre, 2009
Regard devant #2: Survie des entreprises, partie 1
Par : François Foulem
Dans ma chronique précédente, je soulevai les statistiques démographiques qui laissent présager que d’ici six ans, pour chaque douze personnes qui prendront leur retraite, il y en a 3 à 4 qui entreront sur le marcher du travail. J’adresse aujourd’hui le défi de combler le manque à gagner laissé par le départ de cette masse de personnes.
D’abord, il faut comprendre que la pénurie ne sera pas régionale, ni nationale, mais belle et bien mondiale. Les Baby Boomers, c’est un phénomène qui date de la fin de la deuxième guerre mondiale, alors qu’on voulait renouer avec la vie familiale et l’espoir en l’avenir que représentent les enfants. Il y avait aussi le besoin de remplacer la génération de jeunes qui fut perdue lors de la guerre. Donc on a vu un taux élevé de natalités durant une période s’étendant de 1946 à environ 1965. C’est la génération des Baby Boomers. C’est les gens de cette génération qui prennent leur retraite, commençant au début des années 2000. Cet exode de la force ouvrière sera plus prononcé durant les 7 prochaines années.
Puisque c’est un phénomène mondial, il affecte les économies de tous les pays industrialisés. Le défi est donc de taille : comment les entreprises pourront-elles demeurer en affaire si elles ne peuvent combler leur besoin en main d’œuvre?
Les entreprises devront miser sur l’augmentation de la productivité. Énoncé simple, mais chargé!
Dans ma première chronique je mentionnais que les conditions de travail seront tout à l’avantage des ouvriers, donc l’augmentation de la productivité n’arrivera pas en augmentant la semaine de travail. Le contraire est plutôt dans les cartes. Cette augmentation sera obtenue en travaillant sur deux voies parallèles: la simplification et l’automatisation. Aujourd’hui je traite la simplification, la semaine prochaine je m’attarderai à l’automatisation.
Dans une entreprise, les méthodes de travail sont rarement développées à partir d’un plan qui mise sur l’efficacité; elles évoluent plutôt selon les besoins changeant d’une entreprise lors de sa période de croissance. Une entreprise mature aujourd’hui a des douzaines de processus d’affaire qui sont devenus complexes au gré des ans. Ces entreprises doivent réexaminer la façon qu’elles opèrent afin d’éliminer les étapes qui causent des délais ou ne sont pas essentielles. Cette discipline se nomme la gestion des processus. Ce n’est pas une intervention, ni un projet, mais ça consiste à constamment regarder son entreprise pour déterminer si les choses peuvent être administrées plus efficacement.
Les préceptes de la gestion de processus impliquent :
- mettre en évidence toutes les étapes d’un processus d’affaire, de A à Z;
- identifier quelles étapes sont les plus importantes pour les clients;
- s’assurer que ces étapes soient exécutées de façon excellente aux yeux des clients;
- minimiser les étapes qui n’ajoutent pas de valeur et
- purger de son entreprise tout ce qui contribue au gaspillage et aux pertes de temps.
Si à l’origine la gestion des processus avait pour but d’assurer la concurrence d’une entreprise, aujourd’hui cette simplification a pour but de transformer la moyenne ainsi que la grande entreprise pour fonctionner avec moins d’employés. Pourquoi? Parce que d’ici sept ans il n’y aura tout simplement pas suffisamment d’employés pour maintenir le status quo.
C’est maintenant que les moyennes et les grandes entreprises doivent se préparer pour la pénurie de main d’œuvre à venir; les compagnies qui attendent cinq ans avant de simplifier leurs processus auront un sérieux rattrapage à effectuer en période de crise. Leurs chances de succès seront grandement diminuées à ce moment-là. Les petites entreprises sont dans un sens avantagées car elle sont par définition relativement simples déjà.
L’avertissement aux entreprises est simple: préparez à simplifier vos opérations ou préparez vous à fermer boutique. Vous ne pouvez pas vous permettre de vous asseoir sur vos lauriers, ni être confortable dans votre succès actuel; toute entreprise qui ne demeure pas vigilante en simplification et en amélioration continue est vouée à la faillite.
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