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le le vendredi 27 novembre, 2009
Regard devant #1: Aller à l’université ou pas?

Mon plus vieux termine la polyvalente cette année. J’avais une discussion avec lui concernant la suite des choses dans sa vie, spécifiquement devrait-il aller à l’université?

 
Pour répondre à cette question il fallait en poser une autre : que cherches-tu à accomplir en poursuivant des études postsecondaires? Au moment où je contemplais cette étape dans ma vie, la raison était bien simple : pour obtenir l’éducation nécessaire pour décrocher un bon emploi qui subviendrait à un style de vie confortable. 25 ans passés, l’éducation postsecondaire était nécessaire pour avoir une bonne job. Est-ce encore le cas aujourd’hui?
 
Je regarde à la pénurie de main d’œuvre qui s’aggrave dans tous les domaines. Je regarde la population vieillissante et le gros volume de Baby Boomers qui prennent leur retraite. Je regarde les statistiques démographiques qui démontrent que d’ici six ans, pour chaque douze personnes qui prendront leur retraite, il y en a 3 qui entreront sur le marcher du travail… un ratio de 4 à 1
 
Lors d’une pénurie de main d’œuvre, les employeurs doivent être plus généreux quant aux conditions de travail et le salaire, sinon les candidats vont offrir leurs services ailleurs. On a vu ce phénomène en Alberta où les salaires chez Tim Horton et McDonald’s étaient beaucoup plus élevés qu’ailleurs au pays. La raison de la pénurie en Alberta était un boom économique; bientôt ici – et partout dans le monde industrialisé – ça va être à cause du départ des Baby Boomers. 
 
Autre fait important, dans une situation de pénurie, les employeurs vont baisser leurs pré-requis, comme l’éducation postsecondaire, et vont devoir investir davantage dans le développement de leurs employés. C’est la pression compétitive qui va les pousser à agir ainsi, et c’est les ouvriers qui vont en bénéficier. Essentiellement, mes enfants vont pouvoir se trouver plusieurs offres de travail intéressantes sans avoir à démontrer autre chose que des compétences minimales.
 
Dans ce contexte social, poursuivre des études postsecondaires prend une toute autre allure.  Mes jeunes n’auront pas à le faire pour obtenir des bonnes conditions de travail et subventionner un bon style de vie.  S’ils choisissent de le faire, mes enfants poursuivront des études dans le but de se concentrer et se développer dans un sujet qui les passionne, pour l'amour de ce sujet et non par obligation.
 
Puisque les institutions postsecondaires vont faire ce même constat, je postule qu’ils vont devoir, eux aussi, s’adapter à cette nouvelle réalité, voir se réinventer : Ils vont devoir changer dramatiquement leur modèle de financement pour rendre des études plus attrayantes à un public moins motivé à fréquenter ces institutions. Je vais même avancer un modèle qui peut sembler absurde aujourd’hui : la possibilité que des institutions postsecondaires vont cesser de faire du recrutement au niveau secondaire, mais vont plutôt s’affilier avec un réseau d’entreprises pour développer, à temps partiel, les employés de ces entreprises. Cette éducation serait un bénéfice offert aux employés, défrayé entièrement par les employeurs.  Peu importe le modèle, je préconise que d’ici 6 ans, il en sera moins coûteux et plus avantageux pour les étudiants de poursuivre leurs études.
 
Qu’ils choisissent de poursuivre leurs études ou intégrer le marcher du travail, nos enfants vont vivre une ère d’or pour les employés et les étudiants!
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